Dans son allocution d’ouverture, le président du VLIR, Bernard Vanheusden, a rappelé que les universités évoluent aujourd’hui dans un dans un environnement marqué par des pressions sociétales, politiques et géopolitiques croissantes. Elles demeurent néanmoins des acteurs essentiels du développement des connaissances, de l’innovation et du renforcement des sociétés démocratiques. La question centrale posée lors de cette rencontre était dès lors la suivante : comment permettre aux universités de continuer à assumer pleinement leur rôle – et de le renforcer – dans un cadre toujours plus complexe ?

Dans le prolongement de cette introduction, la présidente du CRef, Anne-Sophie Nyssen, s’adressant à l’invitée du forum – le Commandant An-Roos De Potter de l’École royale militaire –, a souligné l’importance croissante des interactions entre défense, recherche et innovation. Dans un contexte d’incertitude géopolitique accrue, le renforcement des collaborations entre institutions académiques et acteurs de la défense s’impose progressivement comme une réalité incontournable, tant pour soutenir les avancées technologiques que pour contribuer à la résilience stratégique de l’Europe, sans perdre de vue les exigences éthiques qui doivent encadrer ces évolutions.

Les échanges ont ensuite porté sur plusieurs enjeux concrets ayant un impact direct sur le fonctionnement et l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’attractivité des carrières académiques figurait au premier rang des préoccupations, avec une attention particulière accordée à l’impact de la récente réforme des pensions ainsi qu’au statut fiscal des chercheurs postdoctoraux en mobilité internationale. Les discussions ont aussi souligné l’importance fondamentale de la liberté académique et de l’autonomie institutionnelle, dans un contexte où ces principes font l’objet de pressions nouvelles.

Lors de la session dédiée à la recherche scientifique ont été abordés, entre autres sujets, le développement de domaines stratégiques tels que la défense et l’espace, les grandes infrastructures de recherche, ainsi que les modalités de coopération avec les partenaires fédéraux. La productivité des échanges a conduit les dix vice-recteurs et vice-rectrices à la recherche à convenir de se rencontrer plus régulièrement, deux fois par an plutôt qu’une.

Dans la session dédiée aux relations internationales, les discussions ont notamment porté sur la sécurité des connaissances, la participation aux programmes européens et le renforcement des partenariats avec le Sud global. Enfin, la session consacrée à l’enseignement s’est tournée vers l’avenir des formations, abordant des thèmes tels que l’apprentissage tout au long de la vie, les microcertifications ou encore l’impact de l’intelligence artificielle sur l’enseignement et l’évaluation. En marge du forum CRef-VLIR, les TTOs/KTOs de l’ensemble des universités se sont également réunis pour échanger, notamment, sur la mise en œuvre d’une politique de licences responsable et sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques de valorisation.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : les défis auxquels sont confrontées les universités ne peuvent être relevés de manière isolée. Ils appellent une approche coordonnée, fondée à la fois sur une coopération renforcée entre universités et sur un dialogue étroit avec les pouvoirs publics. Les universités ont ainsi souligné la nécessité d’une plus grande cohérence des politiques menées aux niveaux fédéral et fédéré, d’une concertation structurelle avec les gouvernements et les cabinets, ainsi que d’un cadre réglementaire propice à la coopération internationale et à la mobilité des talents.

En fin de compte, le forum CRef-VLIR souligne que la collaboration entre universités n’est plus une décision facultative, mais une condition essentielle pour attirer et retenir les talents, stimuler l’innovation et contribuer à la résilience sociétale et économique. Comme cela a été rappelé lors de l’ouverture, aucune institution ne peut relever seule ces défis.

Par ce forum, les universités belges adressent un message clair aux décideurs politiques : un système d’enseignement supérieur et de recherche solide suppose des orientations cohérentes, une sécurité juridique et des investissements à la hauteur des enjeux. Dans les mois à venir, le VLIR et le CRef entendent poursuivre ce dialogue avec les gouvernements et les parlements, afin de faire émerger des solutions durables et résolument tournées vers l’avenir.

Contacts
  • Anne-Sophie Nyssen, présidente du CRef et rectrice de l’ULiège
  • Sophie Dufays, responsable administrative du secrétariat du CRef, sophie.dufays@cref.be,  02 504 93 37
  • Bernard Vanheusden, voorzitter VLIR en rector UHasselt, 0473 48 83 34; Koen Santermans, 0473 26 53 10
  • Koen Verlaeckt, secretaris-generaal VLIR, koen.verlaeckt@vlir.be, 0477 27 11 95