Il s’inscrit en parallèle à l’enseignement de l’histoire de l’art contemporain. Dans ce cadre, j’ai obtenu un crédit de recherche FNRS – PDR qui a donné une assise plus large au projet. J’ai donc pu le penser de manière tripartite avec une exposition, un livre et une journée d’étude.
Je m’intéresse au nucléaire, car cette thématique cristallise l’essentiel des problématiques politiques, géopolitiques et humaines des 75 dernières années. D’une part, avec l’invention de la bombe atomique, en ce qui concerne le nucléaire militaire et, d’autre part, avec les usages exponentiels du nucléaire civil pour la production d’énergie. Selon le philosophe Günther Anders, nous sommes d’ailleurs passés à « l’âge atomique » avec le risque permanent de « globocide », c’est-à-dire la possibilité de détruire toute vie à la surface de la terre. Et nous sommes tout à fait conscients de cette réalité pour le nucléaire militaire. Mais l’être humain est aussi dans le déni des risques inhérents aux usages du nucléaire civil, comme l’a montré dernièrement la catastrophe de Fukushima. Il s’agit d’une vraie dissonance cognitive car nous connaissons les risques et la durée des retombées potentielles, mais nous ne réagissons pas. Pire, notre consommation énergétique explose, car le nucléaire civil est présenté comme la principale solution à la décarbonation. Une solution qui met de côté la question des risques et de la gestion des déchets nucléaires dont la durée de vie s’étend sur plusieurs siècles ou dizaines de millénaires. Ces questions, absolument essentielles, doivent être discutées par la société civile mais ne le sont pas. C’est aussi ce que je veux apporter avec ce projet de recherche : pouvoir débattre publiquement de la question du nucléaire, car nous sommes toutes et tous concernés et cela aura un impact sur notre avenir.