Le Département de pharmacie de l'Université de Namur est dédié à l'avancement des connaissances dans le domaine de la pharmacologie et de la recherche pharmaceutique. Il organise des programmes de formation couvrant les sciences pharmaceutiques, la biochimie, l'analyse pharmaceutique et la chimie médicinale. De plus, il contribue à la formation continue des pharmaciens en collaboration avec la Société scientifique des pharmaciens francophones, et accueille l'association d'anciens étudiants PHARMAFUN. Il s'engage enfin vers une formation axée sur l'ouverture internationale, la mise en place d'un système qualité et l'intégration de pédagogies innovantes.

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Les études en pharmacie à l'UNamur

Du bachelier en sciences pharmaceutiques au master 120 organisé en codiplômation avec l’UCLouvain, la formation combine bases scientifiques solides, pédagogies innovantes, travaux pratiques en laboratoires et immersion en pharmacie didactique. Le master propose des options et un stage officinal légal de 6 mois pour professionnaliser vos compétences. 

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Actualités

La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur

Institution
Sciences de la vie et de la santé
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
Biologie
Physique et astronomie

Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique. 

Photo des membres UNamur présents à la cérémonie de remise du chèque de contribution de l'UNamur au Télévie 2026

La recherche, c’est l’espoir

Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.  

Les chercheurs Télévie à l’UNamur et leurs promoteurs académiques
Les chercheurs Télévie à l’UNamur et leurs promoteurs académiques

Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie

La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients. 

 

Jade Nichols, Thierry Arnould, Giacomo Lopopolo, Anne-Catherine Heuskin, Keïla Openge-Navenge et Shalini Iyer, ancienne doctorante Télévie aujourd’hui chercheuse postdoctorante sur le projet ProtherWal de la Région wallonne en matière de protonthérapie.
Jade Nichols, Thierry Arnould, Giacomo Lopopolo, Anne-Catherine Heuskin, Keïla Openge-Navenge et Shalini Iyer, ancienne doctorante Télévie aujourd’hui chercheuse postdoctorante sur le projet ProtherWal de la Région wallonne en matière de protonthérapie.

Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC). 

De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses. 

Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.

Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre

Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.

 

Shalini Iyer, Eloïse Rapport, Inès Bouriez, Manon Van Den Abbeel, Carine Michiels, Anne-Catherine Heuskin et Emma Lambert.
Shalini Iyer, Eloïse Rapport, Inès Bouriez, Manon Van Den Abbeel, Carine Michiels, Anne-Catherine Heuskin et Emma Lambert.

Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression. 

La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire. 

Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie. 

Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité. 

Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas

Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées. 

C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients. 

Marc Hennequart et Emma Thompson
Marc Hennequart et Emma Thompson

La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer

Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.

Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros. 

« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam. 

Le match ImproNam au profit du Télévie 2026
Crédit photo : Marie Michel Photographe.

Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros. 

Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie. 

Bravo à toutes et à tous ! 

L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. 

L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. 

Les sponsors du Télévie

Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.

Logo du Télévie

Un jeu immersif pour renforcer la collaboration interprofessionnelle dans les soins de santé

Médecine
Pharmacie
Pédagogie

Ce jeudi 12 mars, les étudiants du master de spécialisation en médecine générale et du master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières de l’Henallux se sont réunis pour tester « Le voyage d’Eugène », un jeu immersif créé dans le cadre d’un projet PUNCh (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Cet outil de ludopédagogie a été conçu pour renforcer la communication et la collaboration entre futurs professionnels de la santé. Après une phase de jeu, un débriefing structuré a été proposé aux étudiants afin de transformer l’expérience en apprentissage collectif.

Etudiantes autour d'un jeu de plateau

Ce projet PUNCh mené par Hélène Givron, maître de conférences et coordinatrice pédagogique au Département de psychologie de l’Université de Namur, est destiné à répondre aux besoins pédagogiques en formation interprofessionnelle. Le souhait était de concevoir un outil ludique, modulable et réutilisable dans différents contextes, afin de répondre à un enjeu important du terrain. 

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la communication et la collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé. Une équipe multidisciplinaire s’est donc constituée, composée de représentantes et de représentants des différents secteurs : Catherine Magnette (Chargée d’enseignement, département de médecine), Romain Siriez (Coordinateur pédagogique, département de pharmacie) et Laura Demarthe (Assistante, département de psychologie), afin de réunir les étudiants du  Master de spécialisation en médecine générale et de master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières (Hénallux) autour de ces problématiques.

Une phase de jeu immersive pour expérimenter la collaboration en milieu hospitalier

L’atelier se basait sur le jeu de plateau « Le voyage d’Eugène », conçu par Christine Laurent (médecin hygiéniste et ludopédagogue) et inspiré du principe de l’escape game, conçu pour faire vivre aux étudiants une expérience immersive et collaborative. Les participants étaient répartis en équipes de trois à quatre joueurs, composées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ou deux pharmaciens, afin d’encourager l’interprofessionnalité. Chaque équipe devait progresser dans un scénario en résolvant une succession d’énigmes en 45 minutes, sous l’œil attentif de formateurs. Pour y parvenir, les étudiants devaient collaborer et s’appuyer sur la communication verbale afin d’échanger leurs idées, partager leurs informations et coordonner leurs actions

Jeu de plateau

Cet outil pédagogique mobilise différentes compétences essentielles au travail en équipe, comme l’écoute active, la capacité à formuler clairement ses idées, la coordination des tâches et la prise de décision collective. Chaque énigme constituait un défi nécessitant une réelle coopération entre les membres du groupe car aucune solution ne pouvait être trouvée individuellement. 

Un débriefing structuré pour transformer l’expérience en apprentissage

Après la phase de jeu, un temps de débriefing a été organisé avec l’ensemble des participants. Ce moment d’échange visait à discuter de l’expérience vécue durant l’atelier et à amener les étudiants à réfléchir aux notions de collaboration et de communication interprofessionnelle dans le contexte des soins de santé. Le jeu a servi de support pour montrer certaines situations de coopération, mais aussi pour révéler des difficultés de coordination ou de transmission d’informations. Le débriefing a ainsi permis d’engager un dialogue entre les étudiants issus des différentes filières autour des freins et des leviers d’une communication efficace. Les participants ont eu l’opportunité de partager leur ressenti, confronter leurs points de vue et discuter des stratégies favorisant une meilleure collaboration entre professionnels de santé. 

Les objectifs pédagogiques de l’atelier étaient bien définis :

  • Aborder les compétences nécessaires à la collaboration interprofessionnelle, telles que la communication et la prise de décision collective.
  • Identifier les leviers et les freins à la collaboration interprofessionnelle.
  • Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins grâce à une meilleure coordination entre professionnels.

En 1h45, il est sans doute utopique d’espérer atteindre une amélioration des compétences des étudiants. On espère toutefois qu’ils auront une meilleure représentation de la communication interprofessionnelle. On tente de semer des petites graines pour leur futures pratiques collaboratives. 

Hélène Givron Maître de conférences et coordinatrice pédagogique

Témoignages d'étudiants

« J’espère que cette expérience va induire un changement dans la pratique. Le jeu donne des moyens de s’imposer, surtout en tant que jeune médecin lorsque l’on doit s’intégrer dans des équipes avec des personnes qui ont plus d’expérience. Cela permet de s’affirmer et de développer sa confiance en soi. » -  Yorick, étudiant en médecine 

« On s’attendait à une activité avec un contenu exclusivement « médical » sur base des informations que l’on avait reçues. Cette expérience originale nous sort du cadre des mises en situation habituelles » - Margaux, étudiante en médecine 

« J’ai trouvé cet atelier adéquat, ça apporte un plus et c’est très intéressant. Nous n’avons jamais de simulations axées sur la collaboration. Ce serait intéressant d’intégrer cela dans le cursus » - étudiante en sciences infirmières

Un outil polyvalent

Le jeu « Le voyage d’Eugène » a été conçu par le Dr. Christine Laurent, médecin hygiéniste et ludopédagogue avec la collaboration d’Emeline Boreux, graphiste et illustratrice. « Le développement du jeu s’est étalé sur un an et demi, le temps de concevoir une structure suffisamment robuste pour accueillir des énigmes variées et des objectifs pédagogiques multiples. Sa polyvalence repose sur la possibilité de modifier l’énigme centrale, d’adapter les indices et d’orienter le débriefing vers différentes compétences selon les publics.  Cet outil peut en effet être transposé à d’autres disciplines, telles que la gestion de projet ou l’ingénierie par exemple », explique Christine Laurent, conceptrice du jeu.

Jeu Le Voyage d'Eugène

L’interactivité au cœur du cursus de médecine générale

Cette expérience s’inscrit dans le cadre d’une série de journées immersives proposées aux étudiants du Master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur. « Les étudiants sont principalement en stage durant leur master. Ils ont toutefois plusieurs journées plus académiques lors desquelles nous nous efforçons de développer des activités interactives », explique Catherine Magnette, Chargée d’enseignement et médecin généraliste. Les prochains ateliers porteront ainsi sur la collaboration interprofessionnelle en cas d’épidémie en maison de repos et sur la collaboration avec les médecins-conseil et médecins du travail.

Etudiants autour d'un jeu de plateau

Pilule contraceptive : anticiper le risque de thrombose pour une prescription plus sûre

Médecine
Pharmacie

Comment mieux protéger les femmes face aux risques de thrombose associés à la pilule contraceptive ? Des chercheurs du Département de pharmacie de l’UNamur viennent d’aboutir à un modèle de prédiction innovant permettant d’estimer plus précocement le risque thrombotique lié à la prise de contraceptifs oraux combinés. A terme, l’objectif est d’accompagner les professionnels de santé dans la prescription d’une pilule adaptée à chaque patiente. 

Médecin présentant deux types de pilules contraceptives à une patiente

La thrombose veineuse est l’une des complications les plus graves associées aux contraceptifs oraux combinés. Si ce risque est globalement faible à l’échelle de la population générale, il augmente significativement chez les femmes porteuses de mutations génétiques particulières, comme celle du facteur V de Leiden ou de la mutation G20210A de la prothrombine, qui concerne 5 à 7% de la population caucasienne.  

« La plupart des personnes porteuses de mutations génétiques favorisant les troubles de coagulation l’ignorent car elles ne sont pas dépistées systématiquement. Le risque réel de thrombose lors de la prescription d’une pilule contraceptive est donc sous-estimé pour ces patientes », explique Laure Morimont, chercheuse au sein de l’Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) et à la tête de cette recherche.  

Un outil combinant modélisation du risque et évaluation individuelle

Dans le cadre de sa recherche doctorale, Laure Morimont – sous la supervision du Professeur Jonathan Douxfils (Directeur de l’URPC et membre du Département de pharmacie) – a travaillé à la mise au point d’un test sanguin permettant d’évaluer le risque thrombotique associé à la prise d’une pilule contraceptive. Ce test, le nAPCsr (Normalized activated protein C sensitivity ratio), mesure le degré de résistance à la protéine C activée, un inhibiteur naturel de la coagulation. 

En croisant le nAPCsr d’un échantillon de patientes sous contraceptifs oraux ou non avec les données de risque réel de thrombose issues d’études de pharmacovigilance, l’équipe de Laure Morimont a pu développer et valider un modèle de prédiction solide démontrant une corrélation significative entre le risque thrombotique estimé par le nAPCsr pour une pilule donnée et l’incidence réelle de thromboses observées dans la population. 

Sur base de ce modèle et des seuils de référence établis, le nAPCsr peut ensuite être utilisé pour évaluer le profil de risque individuel d’une patiente. Le test génère un score allant de 0 à 10, permettant de situer la patiente par rapport à ces valeurs de référence et d’apprécier son éligibilité à une pilule contraceptive donnée. « Si les résultats au test restent dans les normes de référence, la patiente est considérée comme éligible à toute pilule contraceptive et le médecin peut prescrire celle souhaitée en toute sécurité. En revanche, si son score s’écarte de celles-ci, il peut réaliser un bilan plus poussé ou orienter la patiente vers une pilule considérée comme moins à risque. A terme, notre but est d’aider le corps médical dans son choix de prescription », souligne Laure Morimont. 

Disponible dès à présent dans plusieurs établissements hospitaliers wallons pour un coût approximatif de 70 euros, le test fait actuellement l’objet de discussions en vue d’un remboursement partiel ou total par les assurances maladies 

Reconnaissance scientifique et perspectives d’avenir

Fruits de 6 années de recherche, les travaux de l’équipe de l’URPC viennent d’être publiés dans Research and Practice in Thrombosis and Haemostasis (RPTH), une revue de l’International Society on Thrombosis and Haemostasis (ISTH), société savante internationale en thrombose et hémostase. 

Dans cette publication, nous avons poussé le développement du modèle de prédiction de manière plus robuste. A partir des données cliniques obtenues, nous démontrons qu’il est possible d’estimer le risque de thrombose lié à une pilule contraceptive bien avant que les données d’incidence réelles ne soient disponibles.  Il s’agit d’une étape importante qui ouvre la voie à une évaluation plus précoce de la sécurité des formules contraceptives.

Laure Morimont Chercheuse à l’Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)

Cette publication servira également de base aux démarches engagées auprès de l’Agence européenne des médicaments pour reconnaître ce test comme un biomarqueur officiel. 

En parallèle, Laure Morimont et son équipe poursuivent le travail de sensibilisation auprès des médecins généralistes et des gynécologues de Wallonie, dans le but de faire connaître le test auprès d’un panel plus large de patientes. Le nAPCsr est également en passe d’être utilisé hors de nos frontières, grâce à une collaboration initiée avec un établissement hospitalier en France. 

L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)

L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) de l'UNamur a pour mission principale de mener des études et des recherches visant à évaluer l'efficacité, la sécurité et l'impact clinique des médicaments, des traitements et des interventions médicales. Elle rassemble des chercheurs des différents départements de la Faculté de médecine. 

Deux chercheuses de l’UNamur récompensées au concours Ma thèse en 180 secondes

Biologie
Prix

Belle victoire pour Margaux Mignolet, chercheuse au sein de l'Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire (URPhyM) de la Faculté de médecine, qui remporte le 1er prix de la finale belge interuniversitaire du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180). Sa recherche ? Mieux comprendre les mécanismes des anticorps actifs dans les cas de COVID long. Le deuxième prix de ce concours national a, lui aussi, été remporté par une candidate namuroise. Il s’agit de Petra Manja, issue de l'Unité de Recherche en biologie des micro-organismes (URBM), Département de biologie de la Faculté des sciences et qui poursuit une thèse visant à comprendre les mécanismes de résistance de la bactérie E. coli. Toutes deux sont également chercheuses au sein de l'Institut NARILIS.

Les candidats unamur à MT180 2025

Le premier prix pour Margaux Mignolet et sa recherche sur le COVID long

« Le monde de Dory l'anticorps », tel est le titre vulgarisé de la thèse de Margaux Mignolet.  Cette chercheuse en neurosciences fait partie de l'Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire (URPhyM) de la Faculté de médecine.  Elle travaille sous la supervision du Professeur Charles Nicaise et est également membre de l'Institut NARILIS.  Elle  étudie les auto-anticorps pathogènes chez les patients présentant des séquelles neurologiques post-aiguës de le COVID-19. 

« Beaucoup de personnes souffrent toujours de symptômes persistants après le COVID (ex: troubles de la mémoire, fatigue, douleurs,...). Cette condition est appelée le COVID long. On n’en connait toujours pas le mécanisme. Une des hypothèses est que les patients ont des anticorps qui s'attaquent à leur système nerveux, induisant une maladie auto-immune. Le but de ma thèse est de déterminer si les patients possèdent ces anticorps. Cela permettra une meilleure prise en charge des patients », explique Margaux Mignolet.

Le mercredi 21 mai 2025, elle a brillamment réussi à vulgariser son sujet de recherche et à captiver l'audience en utilisant un langage clair et simple, à l’occasion de la finale nationale interuniversitaire du concours MT 180. L’objectif de ce concours est d’informer le grand public sur la richesse et l’intérêt des recherches scientifiques, tout en développant les compétences communicationnelles des doctorants. Chaque participant (doctorant ou docteur diplômé de l’année académique précédente) présente, en trois minutes, un exposé de vulgarisation en français, clair, concis et convaincant sur sa thèse. Le tout avec l’appui d’une seule diapositive !

Et Margaux Mignolet a réussi à convaincre le jury puisqu’elle a remporté le premier prix du concours ! 

Une belle reconnaissance pour cette passionnée du corps humain et de la médecine. « J'ai toujours été fascinée par le fonctionnement de notre corps et j'ai toujours voulu comprendre comment fonctionnent les maladies et comment les soigner. J'ai donc étudié les sciences biomédicales à Namur pour pouvoir travailler dans la recherche », confie-t-elle. « Je ne m’attendais pas à remporter ce prix !  Les quatorze autres participants ont présenté des sujets tous plus passionnants les uns que les autres, et les pitchs étaient vraiment bien écrits. Je suis très heureuse d’avoir remporté ce prix, avec Petra à mes côtés, et d’avoir pu vivre ce concours aux côtés de Thomas et Petra ».

Le deuxième prix pour Petra Manja et sa recherche en microbiologie

Lors de ce concours, les doctorantes de l’UNamur ont particulièrement été brillantes puisque le deuxième prix a été remporté par Petra Manja, chercheuse en microbiologie au sein de l'Unité de Recherche en Biologie des Micro-organismes (URBM) de la Faculté des sciences (Institut NARILIS). Elle fait partie du groupe de recherche du Profeseur Régis Hallez.  Sa thèse vise à comprendre les mécanismes de persistance de la bactérie E. coli uropathogène. 

« E. coli uropathogène est une des bactéries qui cause la cystite. Le traitement de la cystite est difficile, notamment en raison de sa persistance. Quand les bactéries sont traitées avec des antibiotiques, la majorité de la population meurt sauf une petite population qui rentre en dormance et évite ainsi le traitement. Des études ont montré qu'une molécule appelée alarmone, joue un rôle dans cette forme de persistance. La question de ma recherche est de savoir quel est plus précisément ce rôle. Pour le comprendre, je m'intéresse à la protéine qui produit l'alarmone est qui s'appelle SpoT. L'idée est de trouver un régulateur de SpoT qui sera activé quand les bactéries sont traitées avec des antibiotiques. Ce régulateur va à son tour activer SpoT ce qui entraine la production de l'alarmone et la dormance des bactéries », explique-t-elle. « J’ai beaucoup aimé cette expérience, j'ai appris à vulgariser mon travail pour le rendre  accessible au grand public. C'est aussi pour eux qu'on fait de la science », réagit-elle. 

Son exposé s'intitulait : "Dormir pour ne pas mourir".

Une belle performance pour Thomas Rouma et sa recherche sur les réponses immunes

Thomas Rouma, également chercheur en URBM (Faculté des sciences) et à l'Institut NARILIS et dont la thèse de doctorat est co-dirigée par les professeurs Eric Muraille et Xavier De Bolle, étudie la réponse immunitaire protectrice contre les infections pulmonaires causées par Acinetobacter baumannii chez la souris. 

Sa présentation s'intitulait : « Comment se débarrasser d'un pique-assiette ? ! »

Félicitations à Margaux, Petra et Thomas qui ont relevé le défi de présenter leur thèse en 180 secondes !

15 doctorants, 180 secondes pour convaincre

Chaque année, le concours MT180 se déroule dans un premier temps dans les cinq universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles : l’UCLouvain, l’ULB, l’ULiège, l’UMONS, l’UNamur. Chaque université désigne des candidats qui participeront à la finale inter-universitaire. Cette année, la finale inter-universitaire rassemblait 15 doctorants, dont les 3 candidats de l’UNamur : Margaux Mignolet, Petra Manja et Thomas Rouma.

La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur

Institution
Sciences de la vie et de la santé
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
Biologie
Physique et astronomie

Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique. 

Photo des membres UNamur présents à la cérémonie de remise du chèque de contribution de l'UNamur au Télévie 2026

La recherche, c’est l’espoir

Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.  

Les chercheurs Télévie à l’UNamur et leurs promoteurs académiques
Les chercheurs Télévie à l’UNamur et leurs promoteurs académiques

Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie

La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients. 

 

Jade Nichols, Thierry Arnould, Giacomo Lopopolo, Anne-Catherine Heuskin, Keïla Openge-Navenge et Shalini Iyer, ancienne doctorante Télévie aujourd’hui chercheuse postdoctorante sur le projet ProtherWal de la Région wallonne en matière de protonthérapie.
Jade Nichols, Thierry Arnould, Giacomo Lopopolo, Anne-Catherine Heuskin, Keïla Openge-Navenge et Shalini Iyer, ancienne doctorante Télévie aujourd’hui chercheuse postdoctorante sur le projet ProtherWal de la Région wallonne en matière de protonthérapie.

Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC). 

De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses. 

Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.

Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre

Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.

 

Shalini Iyer, Eloïse Rapport, Inès Bouriez, Manon Van Den Abbeel, Carine Michiels, Anne-Catherine Heuskin et Emma Lambert.
Shalini Iyer, Eloïse Rapport, Inès Bouriez, Manon Van Den Abbeel, Carine Michiels, Anne-Catherine Heuskin et Emma Lambert.

Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression. 

La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire. 

Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie. 

Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité. 

Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas

Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées. 

C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients. 

Marc Hennequart et Emma Thompson
Marc Hennequart et Emma Thompson

La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer

Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.

Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros. 

« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam. 

Le match ImproNam au profit du Télévie 2026
Crédit photo : Marie Michel Photographe.

Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros. 

Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie. 

Bravo à toutes et à tous ! 

L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. 

L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. 

Les sponsors du Télévie

Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.

Logo du Télévie

Un jeu immersif pour renforcer la collaboration interprofessionnelle dans les soins de santé

Médecine
Pharmacie
Pédagogie

Ce jeudi 12 mars, les étudiants du master de spécialisation en médecine générale et du master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières de l’Henallux se sont réunis pour tester « Le voyage d’Eugène », un jeu immersif créé dans le cadre d’un projet PUNCh (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Cet outil de ludopédagogie a été conçu pour renforcer la communication et la collaboration entre futurs professionnels de la santé. Après une phase de jeu, un débriefing structuré a été proposé aux étudiants afin de transformer l’expérience en apprentissage collectif.

Etudiantes autour d'un jeu de plateau

Ce projet PUNCh mené par Hélène Givron, maître de conférences et coordinatrice pédagogique au Département de psychologie de l’Université de Namur, est destiné à répondre aux besoins pédagogiques en formation interprofessionnelle. Le souhait était de concevoir un outil ludique, modulable et réutilisable dans différents contextes, afin de répondre à un enjeu important du terrain. 

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la communication et la collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé. Une équipe multidisciplinaire s’est donc constituée, composée de représentantes et de représentants des différents secteurs : Catherine Magnette (Chargée d’enseignement, département de médecine), Romain Siriez (Coordinateur pédagogique, département de pharmacie) et Laura Demarthe (Assistante, département de psychologie), afin de réunir les étudiants du  Master de spécialisation en médecine générale et de master en sciences pharmaceutiques de l’UNamur et en sciences infirmières (Hénallux) autour de ces problématiques.

Une phase de jeu immersive pour expérimenter la collaboration en milieu hospitalier

L’atelier se basait sur le jeu de plateau « Le voyage d’Eugène », conçu par Christine Laurent (médecin hygiéniste et ludopédagogue) et inspiré du principe de l’escape game, conçu pour faire vivre aux étudiants une expérience immersive et collaborative. Les participants étaient répartis en équipes de trois à quatre joueurs, composées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ou deux pharmaciens, afin d’encourager l’interprofessionnalité. Chaque équipe devait progresser dans un scénario en résolvant une succession d’énigmes en 45 minutes, sous l’œil attentif de formateurs. Pour y parvenir, les étudiants devaient collaborer et s’appuyer sur la communication verbale afin d’échanger leurs idées, partager leurs informations et coordonner leurs actions

Jeu de plateau

Cet outil pédagogique mobilise différentes compétences essentielles au travail en équipe, comme l’écoute active, la capacité à formuler clairement ses idées, la coordination des tâches et la prise de décision collective. Chaque énigme constituait un défi nécessitant une réelle coopération entre les membres du groupe car aucune solution ne pouvait être trouvée individuellement. 

Un débriefing structuré pour transformer l’expérience en apprentissage

Après la phase de jeu, un temps de débriefing a été organisé avec l’ensemble des participants. Ce moment d’échange visait à discuter de l’expérience vécue durant l’atelier et à amener les étudiants à réfléchir aux notions de collaboration et de communication interprofessionnelle dans le contexte des soins de santé. Le jeu a servi de support pour montrer certaines situations de coopération, mais aussi pour révéler des difficultés de coordination ou de transmission d’informations. Le débriefing a ainsi permis d’engager un dialogue entre les étudiants issus des différentes filières autour des freins et des leviers d’une communication efficace. Les participants ont eu l’opportunité de partager leur ressenti, confronter leurs points de vue et discuter des stratégies favorisant une meilleure collaboration entre professionnels de santé. 

Les objectifs pédagogiques de l’atelier étaient bien définis :

  • Aborder les compétences nécessaires à la collaboration interprofessionnelle, telles que la communication et la prise de décision collective.
  • Identifier les leviers et les freins à la collaboration interprofessionnelle.
  • Contribuer à l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins grâce à une meilleure coordination entre professionnels.

En 1h45, il est sans doute utopique d’espérer atteindre une amélioration des compétences des étudiants. On espère toutefois qu’ils auront une meilleure représentation de la communication interprofessionnelle. On tente de semer des petites graines pour leur futures pratiques collaboratives. 

Hélène Givron Maître de conférences et coordinatrice pédagogique

Témoignages d'étudiants

« J’espère que cette expérience va induire un changement dans la pratique. Le jeu donne des moyens de s’imposer, surtout en tant que jeune médecin lorsque l’on doit s’intégrer dans des équipes avec des personnes qui ont plus d’expérience. Cela permet de s’affirmer et de développer sa confiance en soi. » -  Yorick, étudiant en médecine 

« On s’attendait à une activité avec un contenu exclusivement « médical » sur base des informations que l’on avait reçues. Cette expérience originale nous sort du cadre des mises en situation habituelles » - Margaux, étudiante en médecine 

« J’ai trouvé cet atelier adéquat, ça apporte un plus et c’est très intéressant. Nous n’avons jamais de simulations axées sur la collaboration. Ce serait intéressant d’intégrer cela dans le cursus » - étudiante en sciences infirmières

Un outil polyvalent

Le jeu « Le voyage d’Eugène » a été conçu par le Dr. Christine Laurent, médecin hygiéniste et ludopédagogue avec la collaboration d’Emeline Boreux, graphiste et illustratrice. « Le développement du jeu s’est étalé sur un an et demi, le temps de concevoir une structure suffisamment robuste pour accueillir des énigmes variées et des objectifs pédagogiques multiples. Sa polyvalence repose sur la possibilité de modifier l’énigme centrale, d’adapter les indices et d’orienter le débriefing vers différentes compétences selon les publics.  Cet outil peut en effet être transposé à d’autres disciplines, telles que la gestion de projet ou l’ingénierie par exemple », explique Christine Laurent, conceptrice du jeu.

Jeu Le Voyage d'Eugène

L’interactivité au cœur du cursus de médecine générale

Cette expérience s’inscrit dans le cadre d’une série de journées immersives proposées aux étudiants du Master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur. « Les étudiants sont principalement en stage durant leur master. Ils ont toutefois plusieurs journées plus académiques lors desquelles nous nous efforçons de développer des activités interactives », explique Catherine Magnette, Chargée d’enseignement et médecin généraliste. Les prochains ateliers porteront ainsi sur la collaboration interprofessionnelle en cas d’épidémie en maison de repos et sur la collaboration avec les médecins-conseil et médecins du travail.

Etudiants autour d'un jeu de plateau

Pilule contraceptive : anticiper le risque de thrombose pour une prescription plus sûre

Médecine
Pharmacie

Comment mieux protéger les femmes face aux risques de thrombose associés à la pilule contraceptive ? Des chercheurs du Département de pharmacie de l’UNamur viennent d’aboutir à un modèle de prédiction innovant permettant d’estimer plus précocement le risque thrombotique lié à la prise de contraceptifs oraux combinés. A terme, l’objectif est d’accompagner les professionnels de santé dans la prescription d’une pilule adaptée à chaque patiente. 

Médecin présentant deux types de pilules contraceptives à une patiente

La thrombose veineuse est l’une des complications les plus graves associées aux contraceptifs oraux combinés. Si ce risque est globalement faible à l’échelle de la population générale, il augmente significativement chez les femmes porteuses de mutations génétiques particulières, comme celle du facteur V de Leiden ou de la mutation G20210A de la prothrombine, qui concerne 5 à 7% de la population caucasienne.  

« La plupart des personnes porteuses de mutations génétiques favorisant les troubles de coagulation l’ignorent car elles ne sont pas dépistées systématiquement. Le risque réel de thrombose lors de la prescription d’une pilule contraceptive est donc sous-estimé pour ces patientes », explique Laure Morimont, chercheuse au sein de l’Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) et à la tête de cette recherche.  

Un outil combinant modélisation du risque et évaluation individuelle

Dans le cadre de sa recherche doctorale, Laure Morimont – sous la supervision du Professeur Jonathan Douxfils (Directeur de l’URPC et membre du Département de pharmacie) – a travaillé à la mise au point d’un test sanguin permettant d’évaluer le risque thrombotique associé à la prise d’une pilule contraceptive. Ce test, le nAPCsr (Normalized activated protein C sensitivity ratio), mesure le degré de résistance à la protéine C activée, un inhibiteur naturel de la coagulation. 

En croisant le nAPCsr d’un échantillon de patientes sous contraceptifs oraux ou non avec les données de risque réel de thrombose issues d’études de pharmacovigilance, l’équipe de Laure Morimont a pu développer et valider un modèle de prédiction solide démontrant une corrélation significative entre le risque thrombotique estimé par le nAPCsr pour une pilule donnée et l’incidence réelle de thromboses observées dans la population. 

Sur base de ce modèle et des seuils de référence établis, le nAPCsr peut ensuite être utilisé pour évaluer le profil de risque individuel d’une patiente. Le test génère un score allant de 0 à 10, permettant de situer la patiente par rapport à ces valeurs de référence et d’apprécier son éligibilité à une pilule contraceptive donnée. « Si les résultats au test restent dans les normes de référence, la patiente est considérée comme éligible à toute pilule contraceptive et le médecin peut prescrire celle souhaitée en toute sécurité. En revanche, si son score s’écarte de celles-ci, il peut réaliser un bilan plus poussé ou orienter la patiente vers une pilule considérée comme moins à risque. A terme, notre but est d’aider le corps médical dans son choix de prescription », souligne Laure Morimont. 

Disponible dès à présent dans plusieurs établissements hospitaliers wallons pour un coût approximatif de 70 euros, le test fait actuellement l’objet de discussions en vue d’un remboursement partiel ou total par les assurances maladies 

Reconnaissance scientifique et perspectives d’avenir

Fruits de 6 années de recherche, les travaux de l’équipe de l’URPC viennent d’être publiés dans Research and Practice in Thrombosis and Haemostasis (RPTH), une revue de l’International Society on Thrombosis and Haemostasis (ISTH), société savante internationale en thrombose et hémostase. 

Dans cette publication, nous avons poussé le développement du modèle de prédiction de manière plus robuste. A partir des données cliniques obtenues, nous démontrons qu’il est possible d’estimer le risque de thrombose lié à une pilule contraceptive bien avant que les données d’incidence réelles ne soient disponibles.  Il s’agit d’une étape importante qui ouvre la voie à une évaluation plus précoce de la sécurité des formules contraceptives.

Laure Morimont Chercheuse à l’Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)

Cette publication servira également de base aux démarches engagées auprès de l’Agence européenne des médicaments pour reconnaître ce test comme un biomarqueur officiel. 

En parallèle, Laure Morimont et son équipe poursuivent le travail de sensibilisation auprès des médecins généralistes et des gynécologues de Wallonie, dans le but de faire connaître le test auprès d’un panel plus large de patientes. Le nAPCsr est également en passe d’être utilisé hors de nos frontières, grâce à une collaboration initiée avec un établissement hospitalier en France. 

L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)

L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) de l'UNamur a pour mission principale de mener des études et des recherches visant à évaluer l'efficacité, la sécurité et l'impact clinique des médicaments, des traitements et des interventions médicales. Elle rassemble des chercheurs des différents départements de la Faculté de médecine. 

Deux chercheuses de l’UNamur récompensées au concours Ma thèse en 180 secondes

Biologie
Prix

Belle victoire pour Margaux Mignolet, chercheuse au sein de l'Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire (URPhyM) de la Faculté de médecine, qui remporte le 1er prix de la finale belge interuniversitaire du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180). Sa recherche ? Mieux comprendre les mécanismes des anticorps actifs dans les cas de COVID long. Le deuxième prix de ce concours national a, lui aussi, été remporté par une candidate namuroise. Il s’agit de Petra Manja, issue de l'Unité de Recherche en biologie des micro-organismes (URBM), Département de biologie de la Faculté des sciences et qui poursuit une thèse visant à comprendre les mécanismes de résistance de la bactérie E. coli. Toutes deux sont également chercheuses au sein de l'Institut NARILIS.

Les candidats unamur à MT180 2025

Le premier prix pour Margaux Mignolet et sa recherche sur le COVID long

« Le monde de Dory l'anticorps », tel est le titre vulgarisé de la thèse de Margaux Mignolet.  Cette chercheuse en neurosciences fait partie de l'Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire (URPhyM) de la Faculté de médecine.  Elle travaille sous la supervision du Professeur Charles Nicaise et est également membre de l'Institut NARILIS.  Elle  étudie les auto-anticorps pathogènes chez les patients présentant des séquelles neurologiques post-aiguës de le COVID-19. 

« Beaucoup de personnes souffrent toujours de symptômes persistants après le COVID (ex: troubles de la mémoire, fatigue, douleurs,...). Cette condition est appelée le COVID long. On n’en connait toujours pas le mécanisme. Une des hypothèses est que les patients ont des anticorps qui s'attaquent à leur système nerveux, induisant une maladie auto-immune. Le but de ma thèse est de déterminer si les patients possèdent ces anticorps. Cela permettra une meilleure prise en charge des patients », explique Margaux Mignolet.

Le mercredi 21 mai 2025, elle a brillamment réussi à vulgariser son sujet de recherche et à captiver l'audience en utilisant un langage clair et simple, à l’occasion de la finale nationale interuniversitaire du concours MT 180. L’objectif de ce concours est d’informer le grand public sur la richesse et l’intérêt des recherches scientifiques, tout en développant les compétences communicationnelles des doctorants. Chaque participant (doctorant ou docteur diplômé de l’année académique précédente) présente, en trois minutes, un exposé de vulgarisation en français, clair, concis et convaincant sur sa thèse. Le tout avec l’appui d’une seule diapositive !

Et Margaux Mignolet a réussi à convaincre le jury puisqu’elle a remporté le premier prix du concours ! 

Une belle reconnaissance pour cette passionnée du corps humain et de la médecine. « J'ai toujours été fascinée par le fonctionnement de notre corps et j'ai toujours voulu comprendre comment fonctionnent les maladies et comment les soigner. J'ai donc étudié les sciences biomédicales à Namur pour pouvoir travailler dans la recherche », confie-t-elle. « Je ne m’attendais pas à remporter ce prix !  Les quatorze autres participants ont présenté des sujets tous plus passionnants les uns que les autres, et les pitchs étaient vraiment bien écrits. Je suis très heureuse d’avoir remporté ce prix, avec Petra à mes côtés, et d’avoir pu vivre ce concours aux côtés de Thomas et Petra ».

Le deuxième prix pour Petra Manja et sa recherche en microbiologie

Lors de ce concours, les doctorantes de l’UNamur ont particulièrement été brillantes puisque le deuxième prix a été remporté par Petra Manja, chercheuse en microbiologie au sein de l'Unité de Recherche en Biologie des Micro-organismes (URBM) de la Faculté des sciences (Institut NARILIS). Elle fait partie du groupe de recherche du Profeseur Régis Hallez.  Sa thèse vise à comprendre les mécanismes de persistance de la bactérie E. coli uropathogène. 

« E. coli uropathogène est une des bactéries qui cause la cystite. Le traitement de la cystite est difficile, notamment en raison de sa persistance. Quand les bactéries sont traitées avec des antibiotiques, la majorité de la population meurt sauf une petite population qui rentre en dormance et évite ainsi le traitement. Des études ont montré qu'une molécule appelée alarmone, joue un rôle dans cette forme de persistance. La question de ma recherche est de savoir quel est plus précisément ce rôle. Pour le comprendre, je m'intéresse à la protéine qui produit l'alarmone est qui s'appelle SpoT. L'idée est de trouver un régulateur de SpoT qui sera activé quand les bactéries sont traitées avec des antibiotiques. Ce régulateur va à son tour activer SpoT ce qui entraine la production de l'alarmone et la dormance des bactéries », explique-t-elle. « J’ai beaucoup aimé cette expérience, j'ai appris à vulgariser mon travail pour le rendre  accessible au grand public. C'est aussi pour eux qu'on fait de la science », réagit-elle. 

Son exposé s'intitulait : "Dormir pour ne pas mourir".

Une belle performance pour Thomas Rouma et sa recherche sur les réponses immunes

Thomas Rouma, également chercheur en URBM (Faculté des sciences) et à l'Institut NARILIS et dont la thèse de doctorat est co-dirigée par les professeurs Eric Muraille et Xavier De Bolle, étudie la réponse immunitaire protectrice contre les infections pulmonaires causées par Acinetobacter baumannii chez la souris. 

Sa présentation s'intitulait : « Comment se débarrasser d'un pique-assiette ? ! »

Félicitations à Margaux, Petra et Thomas qui ont relevé le défi de présenter leur thèse en 180 secondes !

15 doctorants, 180 secondes pour convaincre

Chaque année, le concours MT180 se déroule dans un premier temps dans les cinq universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles : l’UCLouvain, l’ULB, l’ULiège, l’UMONS, l’UNamur. Chaque université désigne des candidats qui participeront à la finale inter-universitaire. Cette année, la finale inter-universitaire rassemblait 15 doctorants, dont les 3 candidats de l’UNamur : Margaux Mignolet, Petra Manja et Thomas Rouma.

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Les défis

Afin de répondre aux défis actuels, le Département de pharmacie se lance dans une réforme dont les principaux axes sont :

  • le développement de l’ouverture à l’international
  • l'habilitation d'un master en sciences pharmaceutiques
  • la mise en place d’un système qualité
  • l'initiation d'une approche-programme
  • l'exploitation des pédagogies innovantes 

Si vous souhaitez plus d'informations sur cette réforme, nous vous invitons à lire notre plan d'action !