La Faculté de médecine est pourvue de plusieurs entités de recherche transversales qui s'appuient également sur la collaboration avec le CHU UCL Godinne au sein de l'Institut de recherche Namur Institute for Life Sciences (Narilis).
À la une
Actualités
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
C’est une importante reconnaissance pour deux membres de la Faculté de médecine de l’UNamur : la Professeure Charlotte Beaudart responsable du master en sciences biomédicales et le Professeur Jonathan Douxfils (Faculté de médecine, URPC – NARILIS) viennent de rejoindre le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique.
Cette nomination distingue de jeunes scientifiques belges dont les travaux contribuent de manière significative à l’avancement de la médecine et des sciences biomédicales.
Cette désignation représente avant tout une reconnaissance de notre engagement scientifique, académique et sociétal dans le domaine de la santé. Au travers de nos parcours respectifs, nous partageons une même volonté de contribuer, par la recherche, l’enseignement et le dialogue interdisciplinaire, à une meilleure compréhension des enjeux de santé publique et, plus largement, à l’amélioration de la santé de la population.
- Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils
« Cette désignation est également importante car elle nous permet de nous inscrire dans un espace de réflexion qui dépasse les cadres institutionnels habituels », ajoute Jontahn Douxifls.
Le Collège offre en effet une opportunité précieuse de collaborer avec des chercheuses et chercheurs issus d’autres universités, d’autres disciplines et d’autres générations scientifiques.
« Dans un contexte où les défis médicaux, scientifiques et sociétaux deviennent de plus en plus complexes, cette approche transversale et transgénérationnelle nous paraît essentielle pour faire émerger une intelligence collective, au service de l’Académie, de la communauté scientifique et de la société », poursuit-il.
Au sein de ce Collège, Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils apporteront leur expertise dans leurs domaines respectifs (pharmacologie clinique et toxicologie, ainsi que vieillissement), en contribuant à une dynamique de collégialité, de transmission et de mise en lien.
« Notre ambition est de participer au développement d’initiatives qui rapprochent recherche fondamentale, recherche clinique, santé publique et innovation, tout en soutenant une culture scientifique fondée sur la rigueur, l’ouverture, la coopération et le service du bien commun », concluent-ils.
Charlotte Beaudart
Lauréate de différentes prestigieuses distinctions, Charlotte Beaudart est professeure associée de recherche clinique à l'UNamur, membre de l’Institut NARILIS et conseillère principale auprès du Centre collaborateur de l'OMS pour l'épidémiologie de la santé musculo-squelettique et du vieillissement.
Elle vient de recevoir le Prix René de Cooman (mars 2026), une distinction attribuée tous les deux ans par la Société Belge de Gérontologie et Gériatrie (SBGG) qui récompense les contributions scientifiques majeures de jeunes chercheurs ou chercheuses belges dans le domaine médical et biomédical.
La Société européenne pour les aspects cliniques et économiques de l'ostéoporose, l'arthrose et des maladies musculo-squelettiques (ESCEO) et la Fondation internationale contre l'ostéoporose (IOF) viennent également de lui décerner le Prix Pierre Meunier 2026 ESCEO-IOF (https://www.osteoporosis.foundation/news/charlotte-beaudart-receives-prestigious-esceo-iof-pierre-meunier-young-scientist-award ) du jeune scientifique. Ce prestigieux prix annuel a été remis en avril 2026 lors du congrès WCO-IOF-ESCEO à Prague.
Les travaux de Charlotte Beaudart portent sur le vieillissement et, plus particulièrement, à la sarcopénie, une pathologie caractérisée par la perte de masse et de fonction musculaires chez les personnes âgées. À travers ses recherches, Charlotte Beaudart a contribué de manière significative à une meilleure compréhension de cette maladie, notamment via le développement de la cohorte SarcoPhAge (pour Sarcopenia and Physical Impairments with advancing Age), une cohorte belge incluant plus de 500 personnes de plus de 65 ans suivis prospectivement durant 10 ans, et la création du questionnaire SarQoL, aujourd’hui utilisé internationalement pour évaluer la qualité de vie des patients atteints de sarcopénie .
Jonathan Douxfils
Spécialisé en pharmacologie clinique et toxicologie, Jonathan Douxfils mène des recherches reconnues internationalement dans les domaines de l’hémostase, de la thrombose, du développement de nouveaux outils diagnostiques et de la pharmacovigilance. Il est Directeur de l'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC - https://www.unamur.be/fr/medecine/recherche/urpc ) de la Faculté de médecine de l’UNamur et membre de l’Institut de recherche NARILIS.
Depuis 2023, il dirige une unité de recherche en pharmacologie clinique et toxicologie, composée de sept académiques et d'une dizaine de doctorants. Le Professeur Douxfils collabore avec de nombreux chercheurs dans les secteurs industriel, hospitalier et universitaire pour développer des biomarqueurs précis et sensibles en hémostase, sérologie, oncologie, et plus récemment, en neurologie. Il a obtenu de nombreux financements pour ses recherches en thrombose, hémostase, maladies infectieuses, oncologie et thérapies géniques. Son approche multidisciplinaire et sa maîtrise des biomarqueurs sanguins lui permettent de travailler sur des projets interconnectés. Il a également exercé en tant qu'expert en pharmacovigilance à l'Agence européenne des médicaments en tant qu'évaluateur, co-préside le SSC Control of Anticoagulation à la Société internationale de thrombose et d'hémostase (ISTH), et est membre de l'équipe d'experts Haemostasis Diagnostics à l'ECAT ainsi que de la Société Belge de Thrombose et Hémostase (BSTH). Il coordonne les recommandations du Conseil international de normalisation en hématologie (ICSH) sur la mesure des anticoagulants directs oraux et est rédacteur associé dans plusieurs revues scientifiques.
En savoir plus sur le Collège des jeunes chercheuses et chercheurs
Sous l'impulsion de son Secrétaire perpétuel, Georges Casimir, l'Académie a souhaité la création d'un Collège des jeunes chercheurs avec lequel elle travaille de manière structurée et régulière. Il constitue une instance consultative et prospective de l’Académie.
Il a pour mission :
- d’attirer et d’impliquer les jeunes chercheurs dans la vie scientifique et académique de l’ARMB ;
- de favoriser la réflexion sur les enjeux actuels et futurs de la recherche (bio)médicale fondamentale, translationnelle et clinique ;
- de servir de creuset d’idées et de propositions pour le Bureau, les Sections et les Commissions de l’ARMB;
- d’organiser, en collaboration avec l’Académie, au moins une séance scientifique annuelle dédiée aux jeunes chercheurs.
Le Collège est composé de 36 membres effectifs, à raison de six membres par Section de l’ARM ; 4 membres effectifs complémentaires pourront être proposés par le Bureau pour atteindre 40. Les membres sont âgés de moins de 46 ans au 31 décembre de l’année de leur nomination et ont obtenu leur diplôme de master depuis au moins 11 années.
L’Institut de recherche NARILIS
NARILIS cherche à stimuler les interactions bidirectionnelles entre les chercheurs fondamentaux et les médecins, et à établir des passerelles entre le laboratoire et le chevet du patient. NARILIS vise donc à faciliter la transposition des résultats de la recherche fondamentale en applications cliniques. Sa mission est de promouvoir la recherche multidisciplinaire afin d'améliorer la santé humaine et animale et la qualité de vie.
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Une équipe de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Namur (UNamur) et du CHU UCL Namur (site de Godinne) vient de publier une étude dans le journal Acta Neuropathologica, qui perce quelques mystères sur la provenance des douleurs ressenties par les patients atteints de Covid-long. Leur découverte met en évidence que ces symptômes douloureux peuvent être médiés par une réponse auto-immune. Autrement dit : les patients produisent des anticorps qui attaquent leurs propres neurones, ceux responsables de la perception de la douleur et de la sensibilité profonde du corps, et situés le long de la colonne vertébrale. Ces résultats très prometteurs constituent une avancée scientifique majeure qui ouvre des pistes pour mieux reconnaître la maladie et, à terme, mettre au point un traitement ciblant la symptomatologie douloureuse du Covid-long.
Le Covid-long reste difficile à diagnostiquer et à prendre en charge, notamment en Belgique. Un rapport a récemment estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros le coût sociétal annuel qu’imposera cette épidémie cachée sur les pays membres de l’OCDE. En l’absence de biomarqueurs clairs, une partie des symptômes est encore parfois considérée à tort par de nombreux praticiens comme d’origine psychosomatique. Depuis 2022, l’équipe du Pr Charles Nicaise (Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire - Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS) - UNamur), avec notamment le travail de Margaux Mignolet chercheuse et doctorante FRIA (F.R.S.- FNRS), explore l’hypothèse d’une dérégulation immunitaire survenant lors de l’infection aiguë et conduisant à la production d’auto-anticorps dirigés contre des composants du système nerveux.
Dans cette perspective, une collaboration s’est nouée entre l’équipe de l’UNamur et celle du Pr Pierre Bulpa (Soins Intensifs - CHU UCL Namur – Site de Godinne). Des patientes et patients souffrant de Covid-long ont été recrutés sous la coordination du Pr Bulpa et de Catherine Deroux, neuropsychologue à la Clinique de la Mémoire.
Treize patients, dont les symptômes étaient évocateurs de neuro-Covid-long et objectivés par des tests portant sur leurs plaintes cognitives et douloureuses se sont vus inclus dans le cadre de cette étude.
Après prélèvement sanguin, les chercheurs ont isolé leurs immunoglobulines de type G (IgG) et étudié leurs effets dans un modèle de souris de transfert passif, au sein du laboratoire LNR du Pr Charles Nicaise. Les animaux ont été soumis à une batterie de tests comportementaux évaluant notamment les seuils de sensibilité à la douleur, ainsi que d’autres troubles d’ordre cognitif, anxieux ou dépressif.
Plusieurs découvertes majeures ont été observées
- Transfert d’IgG et douleur : après transfert des IgG de patientes/patients, les souris développent une hypersensibilité douloureuse, notamment une allodynie mécanique -c’est-à-dire qu’un stimulus tactile habituellement non douloureux devient douloureux, ainsi qu’une hyperalgésie thermique – c’est-à-dire qu’un stimulus chaud ou froid inconfortable devient très douloureux.
- Spécificité de l’effet : le transfert de ces IgG chez la souris de laboratoire n’induit pas de troubles cognitifs (ex: mémoire), anxieux ou dépressifs, suggérant des mécanismes distincts selon les symptômes.
- Preuve de causalité : lorsque les anticorps sont détruits avant injection, ou lorsque du sérum auquel on a retiré les IgG est injecté, l’effet douloureux disparaît.
- Cible des auto-anticorps : les IgG se fixent au niveau des ganglions spinaux, le long de la colonne vertébrale, structures qui contiennent des neurones sensitifs assurant le relais par exemple entre la peau et le cerveau. Les auto-anticorps reconnaissent des neurones périphériques impliqués dans la douleur (nociception) et la perception de la position du corps ou de la sensibilité profonde (proprioception).
A gauche : ganglion de souris (structure localisée le long de la moelle épinière). En vert les neurones sensoriels ; en rouge, les anticorps des patients covid long ; en jaune, la colocalisation entre neurones et anticorps. Ceci démontre que les anticorps des patients ciblent les neurones sensoriels.
A droite : ganglion humain ont été appliqués les anticorps des patients covid long afin de vérifier si on observe la liaison aux neurones sensoriels comme chez la souris. En bleu, les noyaux des cellules ; en rouge les anticorps des patients covid long, ce qui prouve que les anticorps des patients covid long se lient aux neurones sensoriels humains.
« Nous sommes le 2e groupe dans le monde, après l’UMC Utrecht à quelques semaines d’intervalle, à montrer que les symptômes douloureux chez les patients Covid-long sont médiés par une réaction auto-immune, basée sur la présence d’auto-anticorps de type immunoglobuline G », résume le Pr Charles Nicaise.
D’autres travaux menés indépendamment à Yale University ou au King’s College London sont en cours d’évaluation par les pairs et semblent aller dans le même sens.
Des perspectives thérapeutiques
Ces résultats contribuent à objectiver une partie du Covid-long en apportant des bases biologiques à la composante douloureuse. Ils ouvrent des pistes thérapeutiques visant à identifier puis éliminer les auto-anticorps pathogéniques circulants — par exemple via des approches de type plasmaphérèse (filtration du plasma) ou des thérapies ciblées à base d’anti-anticorps. L’étude suggère en revanche que les troubles cognitifs souvent rapportés relèveraient d’autres mécanismes, encore à élucider.
Un partenariat fort entre l’UNamur et le CHU UCL Namur
L’étude s’appuie sur un travail multidisciplinaire associant cliniciens, neurobiologistes et plateformes technologiques, dans la continuité des collaborations mises en place durant la pandémie. La proximité entre l’UNamur et plus particulièrement l’Institut Narilis, et le CHU UCL Namur facilite le passage rapide d’observations cliniques vers des expériences en laboratoire et participe à la compréhension de problèmes de santé publique tels que le Covid-long.
L'équipe de recherche
- Charles Nicaise, URPhyM, NARILIS, UNamur
- Margaux Mignolet, doctorante FRIA (F.R.S. - FNRS), URPhyM, NARILIS, UNamur
- Catherine Deroux, Clinique de la Mémoire, CHU UCL Namur (site de Godinne)
- Pr Pierre Bulpa, Soins Intensifs, CHU UCL Namur (site de Godinne)
Ainsi que tous les collaborateurs, médecins, virologistes, étudiants, techniciens de laboratoire, patients et volontaires que l'équipe remercie pour leur dévouement.
La pandémie de Covid-19 est une tragédie humaine qui a causé des millions de morts à travers le monde et mis en grande tension toute notre société. Mais elle a aussi été un formidable moment collectif pour de nombreux scientifiques de l'UNamur, dont les recherches se poursuivent pour tenter de mieux comprendre cette maladie et ses conséquences.
Lire notre article : Covid-19, cinq ans déjà : Retour sur le rôle majeur de l’UNamur face à la pandémie
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique.
La recherche, c’est l’espoir
Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.
Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie
La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés au Département de physique sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients.
Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC).
De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses.
Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.
Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre
Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.
Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression.
La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire.
Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie.
Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité.
Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas
Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées.
C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients.
La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer
Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.
Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros.
« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam.
Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros.
Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie.
Bravo à toutes et à tous !
L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. |
Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.
L’UNamur prend part à la visite d’État en Norvège et renforce ses collaborations académiques
L’UNamur prend part à la visite d’État en Norvège et renforce ses collaborations académiques
L’Université de Namur a participé à la récente visite d’État belge en Norvège avec l’objectif de renforcer les collaborations entre universités belges et norvégiennes autour de grands enjeux scientifiques et sociétaux. La délégation de l’UNamur était composée de la rectrice Annick Castiaux, du doyen de la Faculté de médecine Jean‑Michel Dogné et du professeur Benoît Muylkens (Département de médecine vétérinaire).
Durant cette mission, l’UNamur a mis en avant son expertise en vaccinologie, infectiologie et préparation aux pandémies, notamment lors de sessions dédiées à la gestion des crises sanitaires et aux leçons tirées de la pandémie de Covid‑19.
Cette semaine, j'ai eu la chance de participer à la visite d'État en Norvège. L'occasion d'échanger avec les universités norvégiennes sur les grands défis des universités européennes et de nous interroger sur les enjeux du financement de la recherche avec les différentes agences de financement de nos deux pays.
Elle a aussi pu contribuer à la discussion autour de deux enjeux : « D’une part, sur le rôle des sciences humaines et sociales et de leur importance dans un modèle universitaire "comprehensive" capable non seulement de proposer une compréhension holistique et des solutions opérationnelles aux problématiques actuelles, mais aussi de préparer l'avenir qui nécessitera de développer une vision créative de l'humanité », explique Annick Castiaux. « Et d’autre part, sur les impacts de l'IA dans la recherche : à la fois les opportunités incroyables que ces technologies permettent dans un nombre croissant de domaines et les enjeux de rester maîtres de leur utilisation, tant pour éviter de nous cantonner dans des chemins convenus ou biaisés que pour protéger la propriété intellectuelle de nos chercheurs et de nos régions dans un contexte géopolitique tendu. »
Cette mission avait pour objectifs d’accroître la visibilité internationale de l’UNamur, de valoriser ses expertises scientifiques, d’élargir son réseau de partenaires et de renforcer les collaborations existantes avec la Norvège. Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie internationale de l’Université de Namur et dans sa volonté de contribuer activement aux grands défis de santé, d’innovation et de durabilité à l’échelle européenne.
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
C’est une importante reconnaissance pour deux membres de la Faculté de médecine de l’UNamur : la Professeure Charlotte Beaudart responsable du master en sciences biomédicales et le Professeur Jonathan Douxfils (Faculté de médecine, URPC – NARILIS) viennent de rejoindre le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique.
Cette nomination distingue de jeunes scientifiques belges dont les travaux contribuent de manière significative à l’avancement de la médecine et des sciences biomédicales.
Cette désignation représente avant tout une reconnaissance de notre engagement scientifique, académique et sociétal dans le domaine de la santé. Au travers de nos parcours respectifs, nous partageons une même volonté de contribuer, par la recherche, l’enseignement et le dialogue interdisciplinaire, à une meilleure compréhension des enjeux de santé publique et, plus largement, à l’amélioration de la santé de la population.
- Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils
« Cette désignation est également importante car elle nous permet de nous inscrire dans un espace de réflexion qui dépasse les cadres institutionnels habituels », ajoute Jontahn Douxifls.
Le Collège offre en effet une opportunité précieuse de collaborer avec des chercheuses et chercheurs issus d’autres universités, d’autres disciplines et d’autres générations scientifiques.
« Dans un contexte où les défis médicaux, scientifiques et sociétaux deviennent de plus en plus complexes, cette approche transversale et transgénérationnelle nous paraît essentielle pour faire émerger une intelligence collective, au service de l’Académie, de la communauté scientifique et de la société », poursuit-il.
Au sein de ce Collège, Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils apporteront leur expertise dans leurs domaines respectifs (pharmacologie clinique et toxicologie, ainsi que vieillissement), en contribuant à une dynamique de collégialité, de transmission et de mise en lien.
« Notre ambition est de participer au développement d’initiatives qui rapprochent recherche fondamentale, recherche clinique, santé publique et innovation, tout en soutenant une culture scientifique fondée sur la rigueur, l’ouverture, la coopération et le service du bien commun », concluent-ils.
Charlotte Beaudart
Lauréate de différentes prestigieuses distinctions, Charlotte Beaudart est professeure associée de recherche clinique à l'UNamur, membre de l’Institut NARILIS et conseillère principale auprès du Centre collaborateur de l'OMS pour l'épidémiologie de la santé musculo-squelettique et du vieillissement.
Elle vient de recevoir le Prix René de Cooman (mars 2026), une distinction attribuée tous les deux ans par la Société Belge de Gérontologie et Gériatrie (SBGG) qui récompense les contributions scientifiques majeures de jeunes chercheurs ou chercheuses belges dans le domaine médical et biomédical.
La Société européenne pour les aspects cliniques et économiques de l'ostéoporose, l'arthrose et des maladies musculo-squelettiques (ESCEO) et la Fondation internationale contre l'ostéoporose (IOF) viennent également de lui décerner le Prix Pierre Meunier 2026 ESCEO-IOF (https://www.osteoporosis.foundation/news/charlotte-beaudart-receives-prestigious-esceo-iof-pierre-meunier-young-scientist-award ) du jeune scientifique. Ce prestigieux prix annuel a été remis en avril 2026 lors du congrès WCO-IOF-ESCEO à Prague.
Les travaux de Charlotte Beaudart portent sur le vieillissement et, plus particulièrement, à la sarcopénie, une pathologie caractérisée par la perte de masse et de fonction musculaires chez les personnes âgées. À travers ses recherches, Charlotte Beaudart a contribué de manière significative à une meilleure compréhension de cette maladie, notamment via le développement de la cohorte SarcoPhAge (pour Sarcopenia and Physical Impairments with advancing Age), une cohorte belge incluant plus de 500 personnes de plus de 65 ans suivis prospectivement durant 10 ans, et la création du questionnaire SarQoL, aujourd’hui utilisé internationalement pour évaluer la qualité de vie des patients atteints de sarcopénie .
Jonathan Douxfils
Spécialisé en pharmacologie clinique et toxicologie, Jonathan Douxfils mène des recherches reconnues internationalement dans les domaines de l’hémostase, de la thrombose, du développement de nouveaux outils diagnostiques et de la pharmacovigilance. Il est Directeur de l'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC - https://www.unamur.be/fr/medecine/recherche/urpc ) de la Faculté de médecine de l’UNamur et membre de l’Institut de recherche NARILIS.
Depuis 2023, il dirige une unité de recherche en pharmacologie clinique et toxicologie, composée de sept académiques et d'une dizaine de doctorants. Le Professeur Douxfils collabore avec de nombreux chercheurs dans les secteurs industriel, hospitalier et universitaire pour développer des biomarqueurs précis et sensibles en hémostase, sérologie, oncologie, et plus récemment, en neurologie. Il a obtenu de nombreux financements pour ses recherches en thrombose, hémostase, maladies infectieuses, oncologie et thérapies géniques. Son approche multidisciplinaire et sa maîtrise des biomarqueurs sanguins lui permettent de travailler sur des projets interconnectés. Il a également exercé en tant qu'expert en pharmacovigilance à l'Agence européenne des médicaments en tant qu'évaluateur, co-préside le SSC Control of Anticoagulation à la Société internationale de thrombose et d'hémostase (ISTH), et est membre de l'équipe d'experts Haemostasis Diagnostics à l'ECAT ainsi que de la Société Belge de Thrombose et Hémostase (BSTH). Il coordonne les recommandations du Conseil international de normalisation en hématologie (ICSH) sur la mesure des anticoagulants directs oraux et est rédacteur associé dans plusieurs revues scientifiques.
En savoir plus sur le Collège des jeunes chercheuses et chercheurs
Sous l'impulsion de son Secrétaire perpétuel, Georges Casimir, l'Académie a souhaité la création d'un Collège des jeunes chercheurs avec lequel elle travaille de manière structurée et régulière. Il constitue une instance consultative et prospective de l’Académie.
Il a pour mission :
- d’attirer et d’impliquer les jeunes chercheurs dans la vie scientifique et académique de l’ARMB ;
- de favoriser la réflexion sur les enjeux actuels et futurs de la recherche (bio)médicale fondamentale, translationnelle et clinique ;
- de servir de creuset d’idées et de propositions pour le Bureau, les Sections et les Commissions de l’ARMB;
- d’organiser, en collaboration avec l’Académie, au moins une séance scientifique annuelle dédiée aux jeunes chercheurs.
Le Collège est composé de 36 membres effectifs, à raison de six membres par Section de l’ARM ; 4 membres effectifs complémentaires pourront être proposés par le Bureau pour atteindre 40. Les membres sont âgés de moins de 46 ans au 31 décembre de l’année de leur nomination et ont obtenu leur diplôme de master depuis au moins 11 années.
L’Institut de recherche NARILIS
NARILIS cherche à stimuler les interactions bidirectionnelles entre les chercheurs fondamentaux et les médecins, et à établir des passerelles entre le laboratoire et le chevet du patient. NARILIS vise donc à faciliter la transposition des résultats de la recherche fondamentale en applications cliniques. Sa mission est de promouvoir la recherche multidisciplinaire afin d'améliorer la santé humaine et animale et la qualité de vie.
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Une équipe de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Namur (UNamur) et du CHU UCL Namur (site de Godinne) vient de publier une étude dans le journal Acta Neuropathologica, qui perce quelques mystères sur la provenance des douleurs ressenties par les patients atteints de Covid-long. Leur découverte met en évidence que ces symptômes douloureux peuvent être médiés par une réponse auto-immune. Autrement dit : les patients produisent des anticorps qui attaquent leurs propres neurones, ceux responsables de la perception de la douleur et de la sensibilité profonde du corps, et situés le long de la colonne vertébrale. Ces résultats très prometteurs constituent une avancée scientifique majeure qui ouvre des pistes pour mieux reconnaître la maladie et, à terme, mettre au point un traitement ciblant la symptomatologie douloureuse du Covid-long.
Le Covid-long reste difficile à diagnostiquer et à prendre en charge, notamment en Belgique. Un rapport a récemment estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros le coût sociétal annuel qu’imposera cette épidémie cachée sur les pays membres de l’OCDE. En l’absence de biomarqueurs clairs, une partie des symptômes est encore parfois considérée à tort par de nombreux praticiens comme d’origine psychosomatique. Depuis 2022, l’équipe du Pr Charles Nicaise (Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire - Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS) - UNamur), avec notamment le travail de Margaux Mignolet chercheuse et doctorante FRIA (F.R.S.- FNRS), explore l’hypothèse d’une dérégulation immunitaire survenant lors de l’infection aiguë et conduisant à la production d’auto-anticorps dirigés contre des composants du système nerveux.
Dans cette perspective, une collaboration s’est nouée entre l’équipe de l’UNamur et celle du Pr Pierre Bulpa (Soins Intensifs - CHU UCL Namur – Site de Godinne). Des patientes et patients souffrant de Covid-long ont été recrutés sous la coordination du Pr Bulpa et de Catherine Deroux, neuropsychologue à la Clinique de la Mémoire.
Treize patients, dont les symptômes étaient évocateurs de neuro-Covid-long et objectivés par des tests portant sur leurs plaintes cognitives et douloureuses se sont vus inclus dans le cadre de cette étude.
Après prélèvement sanguin, les chercheurs ont isolé leurs immunoglobulines de type G (IgG) et étudié leurs effets dans un modèle de souris de transfert passif, au sein du laboratoire LNR du Pr Charles Nicaise. Les animaux ont été soumis à une batterie de tests comportementaux évaluant notamment les seuils de sensibilité à la douleur, ainsi que d’autres troubles d’ordre cognitif, anxieux ou dépressif.
Plusieurs découvertes majeures ont été observées
- Transfert d’IgG et douleur : après transfert des IgG de patientes/patients, les souris développent une hypersensibilité douloureuse, notamment une allodynie mécanique -c’est-à-dire qu’un stimulus tactile habituellement non douloureux devient douloureux, ainsi qu’une hyperalgésie thermique – c’est-à-dire qu’un stimulus chaud ou froid inconfortable devient très douloureux.
- Spécificité de l’effet : le transfert de ces IgG chez la souris de laboratoire n’induit pas de troubles cognitifs (ex: mémoire), anxieux ou dépressifs, suggérant des mécanismes distincts selon les symptômes.
- Preuve de causalité : lorsque les anticorps sont détruits avant injection, ou lorsque du sérum auquel on a retiré les IgG est injecté, l’effet douloureux disparaît.
- Cible des auto-anticorps : les IgG se fixent au niveau des ganglions spinaux, le long de la colonne vertébrale, structures qui contiennent des neurones sensitifs assurant le relais par exemple entre la peau et le cerveau. Les auto-anticorps reconnaissent des neurones périphériques impliqués dans la douleur (nociception) et la perception de la position du corps ou de la sensibilité profonde (proprioception).
A gauche : ganglion de souris (structure localisée le long de la moelle épinière). En vert les neurones sensoriels ; en rouge, les anticorps des patients covid long ; en jaune, la colocalisation entre neurones et anticorps. Ceci démontre que les anticorps des patients ciblent les neurones sensoriels.
A droite : ganglion humain ont été appliqués les anticorps des patients covid long afin de vérifier si on observe la liaison aux neurones sensoriels comme chez la souris. En bleu, les noyaux des cellules ; en rouge les anticorps des patients covid long, ce qui prouve que les anticorps des patients covid long se lient aux neurones sensoriels humains.
« Nous sommes le 2e groupe dans le monde, après l’UMC Utrecht à quelques semaines d’intervalle, à montrer que les symptômes douloureux chez les patients Covid-long sont médiés par une réaction auto-immune, basée sur la présence d’auto-anticorps de type immunoglobuline G », résume le Pr Charles Nicaise.
D’autres travaux menés indépendamment à Yale University ou au King’s College London sont en cours d’évaluation par les pairs et semblent aller dans le même sens.
Des perspectives thérapeutiques
Ces résultats contribuent à objectiver une partie du Covid-long en apportant des bases biologiques à la composante douloureuse. Ils ouvrent des pistes thérapeutiques visant à identifier puis éliminer les auto-anticorps pathogéniques circulants — par exemple via des approches de type plasmaphérèse (filtration du plasma) ou des thérapies ciblées à base d’anti-anticorps. L’étude suggère en revanche que les troubles cognitifs souvent rapportés relèveraient d’autres mécanismes, encore à élucider.
Un partenariat fort entre l’UNamur et le CHU UCL Namur
L’étude s’appuie sur un travail multidisciplinaire associant cliniciens, neurobiologistes et plateformes technologiques, dans la continuité des collaborations mises en place durant la pandémie. La proximité entre l’UNamur et plus particulièrement l’Institut Narilis, et le CHU UCL Namur facilite le passage rapide d’observations cliniques vers des expériences en laboratoire et participe à la compréhension de problèmes de santé publique tels que le Covid-long.
L'équipe de recherche
- Charles Nicaise, URPhyM, NARILIS, UNamur
- Margaux Mignolet, doctorante FRIA (F.R.S. - FNRS), URPhyM, NARILIS, UNamur
- Catherine Deroux, Clinique de la Mémoire, CHU UCL Namur (site de Godinne)
- Pr Pierre Bulpa, Soins Intensifs, CHU UCL Namur (site de Godinne)
Ainsi que tous les collaborateurs, médecins, virologistes, étudiants, techniciens de laboratoire, patients et volontaires que l'équipe remercie pour leur dévouement.
La pandémie de Covid-19 est une tragédie humaine qui a causé des millions de morts à travers le monde et mis en grande tension toute notre société. Mais elle a aussi été un formidable moment collectif pour de nombreux scientifiques de l'UNamur, dont les recherches se poursuivent pour tenter de mieux comprendre cette maladie et ses conséquences.
Lire notre article : Covid-19, cinq ans déjà : Retour sur le rôle majeur de l’UNamur face à la pandémie
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique.
La recherche, c’est l’espoir
Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.
Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie
La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés au Département de physique sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients.
Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC).
De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses.
Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.
Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre
Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.
Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression.
La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire.
Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie.
Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité.
Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas
Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées.
C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients.
La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer
Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.
Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros.
« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam.
Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros.
Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie.
Bravo à toutes et à tous !
L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. |
Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.
L’UNamur prend part à la visite d’État en Norvège et renforce ses collaborations académiques
L’UNamur prend part à la visite d’État en Norvège et renforce ses collaborations académiques
L’Université de Namur a participé à la récente visite d’État belge en Norvège avec l’objectif de renforcer les collaborations entre universités belges et norvégiennes autour de grands enjeux scientifiques et sociétaux. La délégation de l’UNamur était composée de la rectrice Annick Castiaux, du doyen de la Faculté de médecine Jean‑Michel Dogné et du professeur Benoît Muylkens (Département de médecine vétérinaire).
Durant cette mission, l’UNamur a mis en avant son expertise en vaccinologie, infectiologie et préparation aux pandémies, notamment lors de sessions dédiées à la gestion des crises sanitaires et aux leçons tirées de la pandémie de Covid‑19.
Cette semaine, j'ai eu la chance de participer à la visite d'État en Norvège. L'occasion d'échanger avec les universités norvégiennes sur les grands défis des universités européennes et de nous interroger sur les enjeux du financement de la recherche avec les différentes agences de financement de nos deux pays.
Elle a aussi pu contribuer à la discussion autour de deux enjeux : « D’une part, sur le rôle des sciences humaines et sociales et de leur importance dans un modèle universitaire "comprehensive" capable non seulement de proposer une compréhension holistique et des solutions opérationnelles aux problématiques actuelles, mais aussi de préparer l'avenir qui nécessitera de développer une vision créative de l'humanité », explique Annick Castiaux. « Et d’autre part, sur les impacts de l'IA dans la recherche : à la fois les opportunités incroyables que ces technologies permettent dans un nombre croissant de domaines et les enjeux de rester maîtres de leur utilisation, tant pour éviter de nous cantonner dans des chemins convenus ou biaisés que pour protéger la propriété intellectuelle de nos chercheurs et de nos régions dans un contexte géopolitique tendu. »
Cette mission avait pour objectifs d’accroître la visibilité internationale de l’UNamur, de valoriser ses expertises scientifiques, d’élargir son réseau de partenaires et de renforcer les collaborations existantes avec la Norvège. Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie internationale de l’Université de Namur et dans sa volonté de contribuer activement aux grands défis de santé, d’innovation et de durabilité à l’échelle européenne.