Au sein de NaDI, les chercheurs apportent des soutions innovantes aux nouveaux défis sociétaux posés par la révolution digitale (eGov, eHealth, eServices, Big data, etc.). Issus de différentes disciplines, les chercheurs croisent leurs expertises en informatique, technologie, éthique, droit, management ou sociologie. Regroupant six centres de recherche, le Namur Digital Institute offre une expertise multidisciplinaire unique dans tous les domaines de l'informatique, de ses applications et de son impact social. 

Parmi ses principales compétences figurent les méthodes formelles, l'interface homme-machine, l'ingénierie des exigences, les techniques de modélisation pour concevoir des systèmes logiciels complexes, les tests, l'assurance qualité, les lignes de produits logiciels, les bases de données, le big data, l'apprentissage automatique et plus généralement l'intelligence artificielle, la sécurité, la vie privée, l'éthique, l'évaluation technologique et le raisonnement juridique.

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Formation continue : une carte à jouer pour l’université

Pédagogie

Le temps où l’on choisissait un métier une fois pour toutes et où l’expérience suffisait à gravir les échelons semble révolu. Désormais, se former tout au long de la vie est presque devenu une évidence. « Il y a clairement une évolution en ce sens, en particulier dans un contexte d’automatisation et d’intelligence artificielle qui rend d’autant plus importante l’acquisition de nouvelles compétences », commente Michel Ajzen, professeur au sein du Département Management à la Faculté Économie Management Communication SciencePo de l’UNamur et membre du Namur Digital Institute. « Et ce n’est pas une question de générations : qu’on ait 30, 40 ou 50 ans, ce besoin existe. » 

Formation continue

Si de nombreuses entreprises mettent en place des formations à destination de leurs salariés, il semble par ailleurs que la « responsabilité de l’employabilité » ait progressivement basculé dans le chef des travailleurs, appelés à prendre davantage en main leur carrière. « Par le passé, le patron était perçu comme responsable du développement du travailleur, voire de son épanouissement, même parfois au-delà du travail », souligne Michel Ajzen. « Mais au fil du temps, cette responsabilité de l’employabilité s’est diluée. » Une tendance renforcée par les nouveaux « scripts de carrière », fortement basés sur la mobilité. « Quand je demande aux étudiants combien d’employeurs ils pensent avoir dans leur vie, la réponse est six en moyenne », poursuit l’enseignant. « Cela veut dire qu’avant même d’entrer dans le monde professionnel, ils ont dans l’idée qu’ils passeront d’un employeur à l’autre, ce qui peut pousser à se sentir “responsable” de sa carrière et donc potentiellement à suivre des formations de sa propre initiative. » 

Tactiques de carrière

Se former d’accord, mais à quoi ? Et comment ? Comme l’analyse Michel Ajzen, ce choix relève en grande partie des « tactiques de carrière » adoptées par les travailleurs. « Selon les moments de la vie, ils pourront avoir des tactiques plutôt orientées vers l’emploi, avec l’objectif de s’assurer rapidement un travail alimentaire », explique-t-il.

 « À d’autres moments, ils auront une tactique davantage orientée vers l’employabilité, avec l’idée d’acquérir au fil du temps des connaissances qui leur permettront de passer des paliers, qu’il s’agisse de mobilité verticale — au sein d’une même entreprise — ou horizontale — vers une autre entreprise ou un autre poste. Enfin, il y a la tactique “sens” : faire une formation qui les mènera vers un travail qui leur donnera encore plus envie de se lever le matin… » 

Michel Ajzen
Michel Ajzen

Par ailleurs, les périodes de formation sont souvent perçues par les travailleurs comme une respiration : l’occasion de prendre du recul et de sortir « le nez du guidon », dans un quotidien professionnel souvent survolté. Un temps de « pause » aujourd’hui encadré par différents dispositifs. Ainsi, la loi du 3 octobre 2022 garantit aux employés du secteur privé un droit individuel à la formation, équivalent à 5 jours par an pour un temps plein. Cette formation peut être organisée par l’employeur ou laissée au libre choix des travailleurs (avec un droit de regard de l’employeur). « Certaines entreprises ne sont toutefois pas tenues de garantir ce droit à leurs travailleurs. C’est notamment le cas des entreprises qui comptent moins de dix membres du personnel », précise Charlotte Lambert, maître de conférences et spécialiste en droit social. « En droit social, il existe par ailleurs des conventions collectives de travail qui complètent la loi par secteur et peuvent prévoir davantage de jours de formation. » 

CEP et crédit-temps

Lorsqu’un travailleur souhaite suivre une formation plus conséquente — par exemple un certificat universitaire dont la durée excède le plus souvent cinq jours par an —, il peut par ailleurs recourir à d’autres dispositifs lui permettant de sécuriser tout ou partie de sa rémunération. « Le congé éducation payé ou CEP, qui est une compétence régionale, permet de suivre une formation reconnue d’au moins 32 heures, en ce compris une formation initiale », explique Charlotte Lambert. « Le travailleur conserve sa rémunération, tandis que l’employeur est indemnisé par l’ONEM. » 

L’autre option est le crédit-temps « avec motif formation » : ce dispositif régional qui existe uniquement dans le secteur privé permet de réduire ou suspendre temporairement son temps de travail sans porter atteinte à l’existence de son contrat. Dans ce cas, le travailleur reçoit directement une indemnisation de l’ONEM, sous réserve de certaines conditions d’âge et d’ancienneté. Le crédit-temps est par ailleurs limité à une durée de 36 mois. « Ces différents dispositifs ne sont pas nécessairement bien connus du public », commente Charlotte Lambert, « ce qui explique aussi que beaucoup de personnes se découragent de suivre une formation, notamment par peur de perdre leur emploi ou de devoir réduire leur temps de travail et, par conséquent, leur rémunération ». Par ailleurs, ils ne sont accessibles qu’aux travailleurs avec un statut relativement stable (CDI, CDD long…). « Des mécanismes spécifiques mais similaires existent dans le secteur public. Pour les indépendants, par contre, le recours à des congés payés ou des crédits-temps n’est pas possible. Ils doivent donc prendre eux-mêmes en charge le coût indirect de leur formation », précise encore la spécialiste en droit social. 

Les super-héros de l’horaire décalé

Face au besoin de formation des travailleurs, les universités ont bien sûr un rôle à jouer. Le décret Paysage du 7 novembre 2013 stipule ainsi qu’elles sont habilitées à organiser des formations continues validées par l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur). « Au sens décrétal, la formation continue ne concerne pas les diplômes de bachelier ou de master, mais plutôt les certificats », précise Charlotte Lambert. Ainsi, pour éviter toute méprise, les étudiants doivent savoir qu’obtenir un certificat universitaire n’équivaut pas à décrocher un grade académique et ne donne donc pas droit aux mêmes prérogatives sur le marché du travail. 

En revanche, il existe bel et bien la possibilité pour les travailleurs d’obtenir un diplôme de bachelier ou de master en horaire décalé, comme c’est le cas à la Faculté de droit de l’UNamur. « La particularité du bachelier — puis idéalement du master — universitaire, c’est qu’il s’agit d’une véritable remise à zéro », appuie Mathieu Rolain, coordinateur pédagogique de ce programme et chercheur au Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l’Institut Transitions). « Souvent, c’est une reconversion professionnelle complète et parfois même la réalisation d’un rêve : certains ont 50 ans et vont commencer le barreau… ». En bloc 1 de la Faculté de droit en horaire décalé, on compte chaque année quelque 50 à 60 inscrits : 10 à 15 d’entre eux seront diplômés en bloc 3. « Ce sont des étudiants extrêmement solidaires, qui s’échangent leurs notes et se soutiennent quand l’un d’entre eux est en train de flancher », observe le coordinateur. 

Formation

Dans la même optique, l’UNamur a à cœur d’adapter au mieux ses dispositifs à ce public. « Beaucoup ont des responsabilités familiales et vivent parfois très loin de Namur », poursuit Mathieu Rolain. « Tous nos cours sont donc enregistrés et mis en ligne. Nous leur donnons aussi accès aux parkings du personnel, nous leur communiquons très en avance les dates d’examens… On essaie de leur montrer qu’on les soutient, qu’on les comprend. » Car pour ces adultes à la vie professionnelle et personnelle bien remplie, (re) commencer des études universitaires « en cours du soir » exige une discipline et une détermination hors du commun, de même que le soutien inconditionnel de l’entourage. « J’ai vraiment beaucoup d’admiration pour eux », s’enthousiasme Mathieu Rolain. « Pour moi, ce sont des super-héros. On a eu des médecins spécialistes qui venaient après leur journée, des parents solos… Ce sont des profils très atypiques, avec des parcours brillants. C’est aussi un public très exigeant, qui vous attend au tournant, ce qui pour nous, enseignants, est très stimulant. » Car en ouvrant ses portes à un public expérimenté, le monde universitaire continue lui aussi de se former. 

L’UNamur, pionnière dans la formation continuée des enseignants

Depuis les années 80, l’Université de Namur se distingue par son expertise dans la formation continuée des enseignants, à la fois dans ses aspects didactiques et psychopédagogiques. 

« C’est la Faculté de philosophie et lettres qui avait au départ entamé ce travail pour proposer ce qu’on appelait à l’époque des “recyclages” aux professeurs de français », commente Sandrine Biémar, coordinatrice du centre de formation continuée des enseignants de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation (FaSEF), enseignante et membre de l'Institut de Recherche en Didactiques et Éducation (IRDENa). « Ensuite, des formations plus générales sur les aspects psychopédagogiques ont suivi : elles ont été prises en charge initialement par le Département éducation et technologies, aujourd’hui devenu la FaSEF. De même, dans les années 90, la Faculté des sciences et la Faculté des sciences économiques ont développé leur propre centre de formation continuée des enseignants. » Ces quatre centres de formation continuée des enseignants sont désormais réunis dans la « Salle des Pros ». 

Si le décret du 17/06/2021 (Livre 6 du Code de l’enseignement) formalise les droits et devoirs des membres du personnel de l’enseignement en termes de formation continue, celle-ci est loin d’être une nouveauté pour la profession. 

« Le métier est tellement complexe, soumis à tellement de changements, notamment au niveau des programmes et des méthodes pédagogiques, qu’il est important pour l’enseignant d’inscrire son parcours dans une continuité », insiste Sandrine Biémar. « C’est pourquoi, dès la formation initiale, nous informons les étudiants de ces possibilités de formation continuée. » 

Avec pour objectif de former des « praticiens réflexifs », capables de remettre en question leurs propres pratiques pour les réguler et les faire évoluer au fil du temps.

 « Nous essayons de rapprocher le monde de la recherche du monde de la pratique : que nous puissions informer les enseignants des nouvelles études, mais qu’ils puissent aussi nous informer de ce qui se passe sur le terrain, poursuit la coordinatrice. La Salle des Pros constitue cet espace d’ouverture vers le monde. »

La Salle des Pros

La dynamique de la formation continue des enseignants à l'Université de Namur, carrefour entre recherche et terrain !

La Salle des Pros est avant tout un lieu à l’écoute des questions que les enseignants se posent dans le cadre de leur pratique.  A l'intersection entre les milieux de la pratique et de la recherche, elle traite des problématiques qui émergent du terrain par le biais de réflexions, d'échanges et de constructions communes.

Logo Salle des pros

Différenciation et langue de scolarisation

Outre les formations obligatoires et gratuites qu’elle dispense en tant qu’ « opérateur de formation » pour les enseignants, l’UNamur propose aussi plusieurs certificats autour de thématiques spécifiques. « Les enseignants viennent suivre volontairement ces certificats, en plus de leur formation obligatoire et en-dehors de leurs heures de cours, et prennent les frais à leur charge », précise Sandrine Biémar. Parmi les thématiques qui suscitent un intérêt croissant dans le monde enseignant, citons les pratiques de différenciation pédagogique. « Au quotidien, les enseignants sont face à des groupes d’élèves où chacun a des besoins différents, apprend à des rythmes différents », détaille la coordinatrice. « Or il existe toute une série de méthodologies qui permettent de tenir compte de ces différences, ce qui constitue un enjeu aujourd’hui très important, surtout avec la mise en place du tronc commun. » Les formations autour de la langue de scolarisation, centrales pour lutter contre les inégalités, se sont aussi largement développées. « Nous sensibilisons les enseignants au fait qu’ils utilisent un langage propre à l’école — "asseyez-vous", "prenez votre cahier", "analysez", "coloriez" — et que ce langage doit être explicité. Il faut dire aux élèves dans quel but on leur fait faire telle ou telle chose. » Enfin, l’IA constitue sans surprise l’une des nouvelles thématiques dans la formation continue des enseignants, mais aussi d’autres publics (managers, décideurs, etc.). Une nouvelle micro-formation universitaire en intelligence artificielle est ainsi proposée depuis début 2026.

Les atouts d'une formation à horaire décalé / adapté
  • Diplôme identique : Le diplôme décerné est le même qu'en horaire de jour.
  • Expérience valorisée : Une valorisation des acquis antérieurs est assurée.
  • Horaires : Un calendrier et des horaires adaptés à un public adulte.
  • Accès : Un campus facilement accessible, tant en train qu'en voiture.
  • Organisation : Une dizaine d’heures de cours par semaine.

Nos programmes à horaire décalé /adapté

Bacheliers

  • Droit
  • Économie et gestion
  • Informatique

Masters

  • Économie et gestion
  • Enseignement (section 4 et 5)
  • Informatique

Masters de spécialisation

Cet article est tiré de la rubrique "Enjeux" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Pourquoi les randonnées en montagne nous ressourcent : une recherche menée par l'UNamur et l'Université de Bourgogne livre des réponses

Marketing

Fruit d'une collaboration avec Isabelle Frochot de l'Université Bourgogne Europe, une étude à laquelle a participé Alain Decrop, professeur de marketing au sein de la Faculté EMCP, montre que la montagne favorise une véritable reconnexion à soi, aux autres et à son environnement. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la prestigieuse revue Recherche et Applications en Marketing (RAM).

Chalets "isolés" au bord du lac de Roselend dans les Alpes en Savoie.
Chalets "isolés" au bord du lac de Roselend dans les Alpes en Savoie.

Mais qu'est-ce qui pousse autant de personnes à partir plusieurs jours en montagne ? C'est la question à laquelle les chercheurs ont voulu répondre. “L'engouement pour la randonnée itinérante en montagne ne cesse de grandir et a de quoi intriguer”, entame Alain Decrop. “Aujourd'hui, certaines destinations sont même confrontées à des phénomènes de surtourisme. Il nous semblait intéressant de comprendre ce que les personnes viennent réellement chercher dans ce type d'expérience”. Les chercheurs ont mené une étude de terrain dans une douzaine de refuges des Alpes françaises. Ce choix n'est pas anodin : les refuges constituent un lieu privilégié pour rencontrer les randonneurs et recueillir leur témoignage après plusieurs heures de marche. Pendant près d'un an, l'équipe a réalisé des entretiens en profondeur et des observations ethnographiques afin de comprendre ce qui se joue réellement durant ces séjours. 

Si Alain Decrop n'a pas participé à la collecte des données sur le terrain, son rôle a été déterminant dans l'analyse des résultats. “Les données ont été recueillies par nos collègues en Savoie, qui étaient au plus près du terrain. Mon rôle a consisté à apporter un regard extérieur pour analyser et interpréter ces données, en les reliant aux concepts théoriques”, explique-t-il. “Lorsqu'on est moins impliqué dans la collecte, on peut parfois repérer des éléments que les personnes immergées dans le terrain ne voient plus aussi facilement.” Cette complémentarité entre chercheurs a permis de mieux comprendre ce qui se joue lors d'un séjour en refuge. 

Déconnecter pour mieux reconnecter

L'étude montre que la randonnée itinérante en montagne crée des conditions propices au lâcher-prise. La marche, l'environnement naturel et la simplicité de la vie en refuge favorisent ce que les chercheurs appellent une “disponibilité résonante”, un état qui permet de rompre avec les sollicitations du quotidien. 

Cette disponibilité retrouvée permet de prendre du recul sur sa vie, de vivre davantage le moment présent et de porter un regard différent sur son environnement. “Cette déconnexion leur permet ensuite de se reconnecter à elles-mêmes, aux autres et à leur environnement”, résume Alain Decrop. “Elles retrouvent une disponibilité mentale qui leur offre un véritable espace de réflexion et d'apaisement.” 

Cette recherche, menée pendant près d'un an, a débouché sur une publication dans Recherche et Applications en Marketing (RAM), l'une des revues scientifiques les plus reconnues dans le domaine. “Le processus est particulièrement sélectif : seuls un article sur cinq ou six est accepté”, se félicite Alain Decrop. “C'est une revue très bien classée, ce qui témoigne de la qualité scientifique de notre travail.” Félicitations à Alain Decrop et à l'ensemble de ses collaborateurs pour cette belle reconnaissance scientifique. 

À propos d'Alain Decrop

Alain Decrop est professeur ordinaire de marketing à l'Université de Namur, en Belgique. Membre fondateur et ancien directeur du NADI-CeRCLe (Namur Digital Institute - Center for Research on Consumption and Leisure) et du CCMS (Center for research on Consumers and Marketing Strategy), il a également été président de l'Association française du marketing (AFM). Il est titulaire d'une maîtrise en histoire moderne et en économie, et d'un doctorat en administration des affaires. 

Alain Decrop a enseigné un certain nombre de cours liés à la gestion du marketing, au comportement des consommateurs, aux communications marketing numériques, aux méthodes de recherche, à la gestion des services et aux modèles d'entreprise collaboratifs.

Alain Decrop

2 000 langues utilisent les mêmes schémas d’économie lexicale – une étude publiée dans Nature Human Behaviour

Publication
Langues
Intelligence Artificielle

Jamie Wright, un chercheur du Namur Digital Institute de l’UNamur, a participé à une étude menée par l’Université Pompeu Fabra (UPF) de Barcelone, et publiée dans la prestigieuse revue Nature Human BehaviourCette étude montre que les langues du monde entier tendent à privilégier l'économie lexicale, en réutilisant des mots pour désigner différents concepts lorsque cela n'entraîne pas de confusion dans la communication.

Post-its with hello in different languages, logos from Natrue Human Behaviour, UPF Barcelona and Namur Digital Institute in the framework of a publication

L’étude était dirigée par le professeur Thomas Brochhagen, chercheur au sein du groupe de Linguistique Computationnelle et de Théorie Linguistique (COLT) du Département de traduction et de sciences du langage de l'UPF de Barcelone. Parmi les coauteurs figurent Xixian Liao (Barcelona Supercomputing Center - Centro Nacional de Supercomputación, BSC-CNS), Jamie D. Wright (Namur Digital Institute de l’Université de Namur et Vrije Universiteit Brussel) et Carmen Saldana (affiliée à l’UPF et à l’Université de Barcelone).

« Ma principale contribution à l’étude publiée dans « Nature Human Behaviour » a porté sur l’analyse des données et la modélisation informatique. Cette étude est une enquête interlinguistique à grande échelle visant à comprendre comment les contraintes communicatives façonnent l’évolution des langues. En analysant des données issues de près de 2 000 langues, nous avons examiné comment celles-ci concilient deux contraintes contradictoires : le gain d’efficacité obtenu en réutilisant des formes lexicales identiques ou similaires, et la nécessité d’éviter toute ambiguïté lorsque des concepts risquent d’être confondus dans la communication », nous explique Jamie Wright.

Les travaux de Jamie Wright avec la professeure Katrien Beuls au Namur Digital Institute s’inscrivent dans le cadre du programme HERMES. Cette recherche examine également les pressions communicatives qui façonnent l’évolution des langues, mais sous un angle complémentaire. 

Les chercheurs namurois viennent de publier un autre article dans le « Journal of language Evolution » 

« Alors que l’article publié dans *Nature Human Behaviour* identifie des tendances générales à partir d’un large échantillon de langues existantes, celui paru dans le « Journal of Language Evolution » utilise un modèle basé sur des agents pour étudier l’évolution des langues au niveau des agents artificiels en interaction. Dans ces simulations, les agents développent et utilisent des langues communes à travers des échanges communicatifs répétés. Cela nous permet d’étudier comment des conventions linguistiques à l’échelle d’une population émergent d’interactions locales et pourquoi ces conventions peuvent rendre les langues plus robustes, plus faciles à apprendre et plus efficaces sur le plan cognitif. »

Ces deux études abordent donc des questions étroitement liées, à des niveaux différents et selon des approches méthodologiques distinctes. L’étude « Nature Human Behaviour » met en évidence les conséquences interlinguistiques à grande échelle des pressions communicatives, tandis que l’étude « Journal of Language Evolution » basée sur des agents permet d’expliquer comment de tels schémas peuvent émerger de manière dynamique à travers les interactions entre les locuteurs.

Jamie D. Wright - Courte biographie

Jamie D. Wright est doctorant à la Faculté d’informatique de l’Université de Namur et membre de l’Institut de recherche Namur Digital Institute (NaDI), où il travaille avec le professeur Katrien Beuls dans le cadre du programme HERMES, financé par l’Europe, le FNRS et le FWO. Il est également affilié au Laboratoire d’intelligence artificielle de la Vrije Universiteit Brussel. 

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Il a obtenu son master en linguistique théorique et appliquée à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, où il a également travaillé comme assistant de recherche au sein du groupe de recherche COLT. Ses recherches s’appuient sur la modélisation computationnelle et des expériences basées sur des agents pour étudier l’émergence et l’évolution du langage. Ses travaux actuels portent sur la manière dont les contraintes articulatoires et acoustiques liées à la production et à la perception de la parole façonnent les conventions linguistiques et les systèmes de communication.

Félicitations aux chercheurs pour ces publications prestigieuses !

Article cité

Brochhagen, T., Liao, X., Wright, J.D. et al. The interaction of meaning similarity and confusability explains regularity in form–meaning mappings at and below the word level. Nat Hum Behav (2026). https://doi.org/10.1038/s41562-026-02488-3 

Sara Belghiti distinguée par l’AMS Review – The Sheth Foundation DoCCa 2026, une reconnaissance internationale de l’excellence en recherche doctorale !

Prix
Gestion

Sara Belghiti, doctorante à l’Université de Namur (Institut NaDI-CeRCLe) et assistante d’enseignement et de recherche à l’IÉSEG School of Management (France), vient d’être distinguée par l’AMS Review – Sheth Foundation Doctoral Competition for Conceptual Articles (DoCCA) 2026, l’un des concours doctoraux les plus prestigieux au monde en marketing et management théoriques et conceptuels. 

Cette distinction récompense l’excellence scientifique et l’originalité conceptuelle de travaux de recherche

Son projet de recherche, intitulé « Care or Control? Conceptualizing Smart Service System Paternalism Beyond the Technological Prism », a été sélectionné parmi les meilleures propositions doctorales internationales en marketing et management, à l’issue d’un concours prestigieux de grande envergure. 

Cette distinction récompense l’excellence scientifique et l’originalité conceptuelle de travaux de recherche menés sous la supervision de la Professeure Wafa Hammedi (Université de Namur) et du Professeur Thomas Leclercq (IÉSEG School of Management). 

Une recherche à l’avant-garde des enjeux technologiques et sociétaux

Spécialisée en marketing des services, Sara Belghiti s’intéresse aux systèmes de services intelligents (smart service systems), aux technologies intelligentes, et aux transformations qu’ils engendrent dans les relations entre individus, organisations, et institutions. 

Ses travaux explorent notamment les dimensions relationnelles, éthiques et sociétales des technologies intelligentes. Son article sur les « relations de services intelligents » (smart service relationships) a récemment été publié dans le Journal of Service Management, une revue scientifique internationale de référence dans le domaine. 

Diplômée de l’ESCP Business School, Sara Belghiti a également présenté ses recherches lors de conférences académiques internationales majeures telles que l’American Marketing Association (AMA), SERVSIG, QUIS et Frontiers. 

Le concours doctoral DoCCA : un tremplin vers l’excellence scientifique

Organisé conjointement par l’AMS Review et la Sheth Foundation, le concours DoCCA vise à identifier les travaux conceptuels les plus prometteurs réalisés par des doctorants du monde entier en marketing et management. 

Au-delà de la reconnaissance académique, le concours offre un prix financé par la Sheth Foundation et invite les lauréats à présenter leurs travaux lors de la conférence annuelle de l’Academy of Marketing Science (AMS), offrant ainsi une visibilité internationale exceptionnelle auprès de la communauté scientifique mondiale. 

Les meilleurs candidats reçoivent un accompagnement personnalisé assuré par des experts du domaine de haut rang, ainsi que par des mentors de la revue AMS Review afin de favoriser la publication de leurs travaux. 

Par cette distinction, Sara Belghiti contribue au rayonnement international de l’Université de Namur dans le domaine du marketing et de la recherche en gestion. 

La recherche au NaDI-CeRCLe

Formation continue : une carte à jouer pour l’université

Pédagogie

Le temps où l’on choisissait un métier une fois pour toutes et où l’expérience suffisait à gravir les échelons semble révolu. Désormais, se former tout au long de la vie est presque devenu une évidence. « Il y a clairement une évolution en ce sens, en particulier dans un contexte d’automatisation et d’intelligence artificielle qui rend d’autant plus importante l’acquisition de nouvelles compétences », commente Michel Ajzen, professeur au sein du Département Management à la Faculté Économie Management Communication SciencePo de l’UNamur et membre du Namur Digital Institute. « Et ce n’est pas une question de générations : qu’on ait 30, 40 ou 50 ans, ce besoin existe. » 

Formation continue

Si de nombreuses entreprises mettent en place des formations à destination de leurs salariés, il semble par ailleurs que la « responsabilité de l’employabilité » ait progressivement basculé dans le chef des travailleurs, appelés à prendre davantage en main leur carrière. « Par le passé, le patron était perçu comme responsable du développement du travailleur, voire de son épanouissement, même parfois au-delà du travail », souligne Michel Ajzen. « Mais au fil du temps, cette responsabilité de l’employabilité s’est diluée. » Une tendance renforcée par les nouveaux « scripts de carrière », fortement basés sur la mobilité. « Quand je demande aux étudiants combien d’employeurs ils pensent avoir dans leur vie, la réponse est six en moyenne », poursuit l’enseignant. « Cela veut dire qu’avant même d’entrer dans le monde professionnel, ils ont dans l’idée qu’ils passeront d’un employeur à l’autre, ce qui peut pousser à se sentir “responsable” de sa carrière et donc potentiellement à suivre des formations de sa propre initiative. » 

Tactiques de carrière

Se former d’accord, mais à quoi ? Et comment ? Comme l’analyse Michel Ajzen, ce choix relève en grande partie des « tactiques de carrière » adoptées par les travailleurs. « Selon les moments de la vie, ils pourront avoir des tactiques plutôt orientées vers l’emploi, avec l’objectif de s’assurer rapidement un travail alimentaire », explique-t-il.

 « À d’autres moments, ils auront une tactique davantage orientée vers l’employabilité, avec l’idée d’acquérir au fil du temps des connaissances qui leur permettront de passer des paliers, qu’il s’agisse de mobilité verticale — au sein d’une même entreprise — ou horizontale — vers une autre entreprise ou un autre poste. Enfin, il y a la tactique “sens” : faire une formation qui les mènera vers un travail qui leur donnera encore plus envie de se lever le matin… » 

Michel Ajzen
Michel Ajzen

Par ailleurs, les périodes de formation sont souvent perçues par les travailleurs comme une respiration : l’occasion de prendre du recul et de sortir « le nez du guidon », dans un quotidien professionnel souvent survolté. Un temps de « pause » aujourd’hui encadré par différents dispositifs. Ainsi, la loi du 3 octobre 2022 garantit aux employés du secteur privé un droit individuel à la formation, équivalent à 5 jours par an pour un temps plein. Cette formation peut être organisée par l’employeur ou laissée au libre choix des travailleurs (avec un droit de regard de l’employeur). « Certaines entreprises ne sont toutefois pas tenues de garantir ce droit à leurs travailleurs. C’est notamment le cas des entreprises qui comptent moins de dix membres du personnel », précise Charlotte Lambert, maître de conférences et spécialiste en droit social. « En droit social, il existe par ailleurs des conventions collectives de travail qui complètent la loi par secteur et peuvent prévoir davantage de jours de formation. » 

CEP et crédit-temps

Lorsqu’un travailleur souhaite suivre une formation plus conséquente — par exemple un certificat universitaire dont la durée excède le plus souvent cinq jours par an —, il peut par ailleurs recourir à d’autres dispositifs lui permettant de sécuriser tout ou partie de sa rémunération. « Le congé éducation payé ou CEP, qui est une compétence régionale, permet de suivre une formation reconnue d’au moins 32 heures, en ce compris une formation initiale », explique Charlotte Lambert. « Le travailleur conserve sa rémunération, tandis que l’employeur est indemnisé par l’ONEM. » 

L’autre option est le crédit-temps « avec motif formation » : ce dispositif régional qui existe uniquement dans le secteur privé permet de réduire ou suspendre temporairement son temps de travail sans porter atteinte à l’existence de son contrat. Dans ce cas, le travailleur reçoit directement une indemnisation de l’ONEM, sous réserve de certaines conditions d’âge et d’ancienneté. Le crédit-temps est par ailleurs limité à une durée de 36 mois. « Ces différents dispositifs ne sont pas nécessairement bien connus du public », commente Charlotte Lambert, « ce qui explique aussi que beaucoup de personnes se découragent de suivre une formation, notamment par peur de perdre leur emploi ou de devoir réduire leur temps de travail et, par conséquent, leur rémunération ». Par ailleurs, ils ne sont accessibles qu’aux travailleurs avec un statut relativement stable (CDI, CDD long…). « Des mécanismes spécifiques mais similaires existent dans le secteur public. Pour les indépendants, par contre, le recours à des congés payés ou des crédits-temps n’est pas possible. Ils doivent donc prendre eux-mêmes en charge le coût indirect de leur formation », précise encore la spécialiste en droit social. 

Les super-héros de l’horaire décalé

Face au besoin de formation des travailleurs, les universités ont bien sûr un rôle à jouer. Le décret Paysage du 7 novembre 2013 stipule ainsi qu’elles sont habilitées à organiser des formations continues validées par l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur). « Au sens décrétal, la formation continue ne concerne pas les diplômes de bachelier ou de master, mais plutôt les certificats », précise Charlotte Lambert. Ainsi, pour éviter toute méprise, les étudiants doivent savoir qu’obtenir un certificat universitaire n’équivaut pas à décrocher un grade académique et ne donne donc pas droit aux mêmes prérogatives sur le marché du travail. 

En revanche, il existe bel et bien la possibilité pour les travailleurs d’obtenir un diplôme de bachelier ou de master en horaire décalé, comme c’est le cas à la Faculté de droit de l’UNamur. « La particularité du bachelier — puis idéalement du master — universitaire, c’est qu’il s’agit d’une véritable remise à zéro », appuie Mathieu Rolain, coordinateur pédagogique de ce programme et chercheur au Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l’Institut Transitions). « Souvent, c’est une reconversion professionnelle complète et parfois même la réalisation d’un rêve : certains ont 50 ans et vont commencer le barreau… ». En bloc 1 de la Faculté de droit en horaire décalé, on compte chaque année quelque 50 à 60 inscrits : 10 à 15 d’entre eux seront diplômés en bloc 3. « Ce sont des étudiants extrêmement solidaires, qui s’échangent leurs notes et se soutiennent quand l’un d’entre eux est en train de flancher », observe le coordinateur. 

Formation

Dans la même optique, l’UNamur a à cœur d’adapter au mieux ses dispositifs à ce public. « Beaucoup ont des responsabilités familiales et vivent parfois très loin de Namur », poursuit Mathieu Rolain. « Tous nos cours sont donc enregistrés et mis en ligne. Nous leur donnons aussi accès aux parkings du personnel, nous leur communiquons très en avance les dates d’examens… On essaie de leur montrer qu’on les soutient, qu’on les comprend. » Car pour ces adultes à la vie professionnelle et personnelle bien remplie, (re) commencer des études universitaires « en cours du soir » exige une discipline et une détermination hors du commun, de même que le soutien inconditionnel de l’entourage. « J’ai vraiment beaucoup d’admiration pour eux », s’enthousiasme Mathieu Rolain. « Pour moi, ce sont des super-héros. On a eu des médecins spécialistes qui venaient après leur journée, des parents solos… Ce sont des profils très atypiques, avec des parcours brillants. C’est aussi un public très exigeant, qui vous attend au tournant, ce qui pour nous, enseignants, est très stimulant. » Car en ouvrant ses portes à un public expérimenté, le monde universitaire continue lui aussi de se former. 

L’UNamur, pionnière dans la formation continuée des enseignants

Depuis les années 80, l’Université de Namur se distingue par son expertise dans la formation continuée des enseignants, à la fois dans ses aspects didactiques et psychopédagogiques. 

« C’est la Faculté de philosophie et lettres qui avait au départ entamé ce travail pour proposer ce qu’on appelait à l’époque des “recyclages” aux professeurs de français », commente Sandrine Biémar, coordinatrice du centre de formation continuée des enseignants de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation (FaSEF), enseignante et membre de l'Institut de Recherche en Didactiques et Éducation (IRDENa). « Ensuite, des formations plus générales sur les aspects psychopédagogiques ont suivi : elles ont été prises en charge initialement par le Département éducation et technologies, aujourd’hui devenu la FaSEF. De même, dans les années 90, la Faculté des sciences et la Faculté des sciences économiques ont développé leur propre centre de formation continuée des enseignants. » Ces quatre centres de formation continuée des enseignants sont désormais réunis dans la « Salle des Pros ». 

Si le décret du 17/06/2021 (Livre 6 du Code de l’enseignement) formalise les droits et devoirs des membres du personnel de l’enseignement en termes de formation continue, celle-ci est loin d’être une nouveauté pour la profession. 

« Le métier est tellement complexe, soumis à tellement de changements, notamment au niveau des programmes et des méthodes pédagogiques, qu’il est important pour l’enseignant d’inscrire son parcours dans une continuité », insiste Sandrine Biémar. « C’est pourquoi, dès la formation initiale, nous informons les étudiants de ces possibilités de formation continuée. » 

Avec pour objectif de former des « praticiens réflexifs », capables de remettre en question leurs propres pratiques pour les réguler et les faire évoluer au fil du temps.

 « Nous essayons de rapprocher le monde de la recherche du monde de la pratique : que nous puissions informer les enseignants des nouvelles études, mais qu’ils puissent aussi nous informer de ce qui se passe sur le terrain, poursuit la coordinatrice. La Salle des Pros constitue cet espace d’ouverture vers le monde. »

La Salle des Pros

La dynamique de la formation continue des enseignants à l'Université de Namur, carrefour entre recherche et terrain !

La Salle des Pros est avant tout un lieu à l’écoute des questions que les enseignants se posent dans le cadre de leur pratique.  A l'intersection entre les milieux de la pratique et de la recherche, elle traite des problématiques qui émergent du terrain par le biais de réflexions, d'échanges et de constructions communes.

Logo Salle des pros

Différenciation et langue de scolarisation

Outre les formations obligatoires et gratuites qu’elle dispense en tant qu’ « opérateur de formation » pour les enseignants, l’UNamur propose aussi plusieurs certificats autour de thématiques spécifiques. « Les enseignants viennent suivre volontairement ces certificats, en plus de leur formation obligatoire et en-dehors de leurs heures de cours, et prennent les frais à leur charge », précise Sandrine Biémar. Parmi les thématiques qui suscitent un intérêt croissant dans le monde enseignant, citons les pratiques de différenciation pédagogique. « Au quotidien, les enseignants sont face à des groupes d’élèves où chacun a des besoins différents, apprend à des rythmes différents », détaille la coordinatrice. « Or il existe toute une série de méthodologies qui permettent de tenir compte de ces différences, ce qui constitue un enjeu aujourd’hui très important, surtout avec la mise en place du tronc commun. » Les formations autour de la langue de scolarisation, centrales pour lutter contre les inégalités, se sont aussi largement développées. « Nous sensibilisons les enseignants au fait qu’ils utilisent un langage propre à l’école — "asseyez-vous", "prenez votre cahier", "analysez", "coloriez" — et que ce langage doit être explicité. Il faut dire aux élèves dans quel but on leur fait faire telle ou telle chose. » Enfin, l’IA constitue sans surprise l’une des nouvelles thématiques dans la formation continue des enseignants, mais aussi d’autres publics (managers, décideurs, etc.). Une nouvelle micro-formation universitaire en intelligence artificielle est ainsi proposée depuis début 2026.

Les atouts d'une formation à horaire décalé / adapté
  • Diplôme identique : Le diplôme décerné est le même qu'en horaire de jour.
  • Expérience valorisée : Une valorisation des acquis antérieurs est assurée.
  • Horaires : Un calendrier et des horaires adaptés à un public adulte.
  • Accès : Un campus facilement accessible, tant en train qu'en voiture.
  • Organisation : Une dizaine d’heures de cours par semaine.

Nos programmes à horaire décalé /adapté

Bacheliers

  • Droit
  • Économie et gestion
  • Informatique

Masters

  • Économie et gestion
  • Enseignement (section 4 et 5)
  • Informatique

Masters de spécialisation

Cet article est tiré de la rubrique "Enjeux" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Pourquoi les randonnées en montagne nous ressourcent : une recherche menée par l'UNamur et l'Université de Bourgogne livre des réponses

Marketing

Fruit d'une collaboration avec Isabelle Frochot de l'Université Bourgogne Europe, une étude à laquelle a participé Alain Decrop, professeur de marketing au sein de la Faculté EMCP, montre que la montagne favorise une véritable reconnexion à soi, aux autres et à son environnement. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la prestigieuse revue Recherche et Applications en Marketing (RAM).

Chalets "isolés" au bord du lac de Roselend dans les Alpes en Savoie.
Chalets "isolés" au bord du lac de Roselend dans les Alpes en Savoie.

Mais qu'est-ce qui pousse autant de personnes à partir plusieurs jours en montagne ? C'est la question à laquelle les chercheurs ont voulu répondre. “L'engouement pour la randonnée itinérante en montagne ne cesse de grandir et a de quoi intriguer”, entame Alain Decrop. “Aujourd'hui, certaines destinations sont même confrontées à des phénomènes de surtourisme. Il nous semblait intéressant de comprendre ce que les personnes viennent réellement chercher dans ce type d'expérience”. Les chercheurs ont mené une étude de terrain dans une douzaine de refuges des Alpes françaises. Ce choix n'est pas anodin : les refuges constituent un lieu privilégié pour rencontrer les randonneurs et recueillir leur témoignage après plusieurs heures de marche. Pendant près d'un an, l'équipe a réalisé des entretiens en profondeur et des observations ethnographiques afin de comprendre ce qui se joue réellement durant ces séjours. 

Si Alain Decrop n'a pas participé à la collecte des données sur le terrain, son rôle a été déterminant dans l'analyse des résultats. “Les données ont été recueillies par nos collègues en Savoie, qui étaient au plus près du terrain. Mon rôle a consisté à apporter un regard extérieur pour analyser et interpréter ces données, en les reliant aux concepts théoriques”, explique-t-il. “Lorsqu'on est moins impliqué dans la collecte, on peut parfois repérer des éléments que les personnes immergées dans le terrain ne voient plus aussi facilement.” Cette complémentarité entre chercheurs a permis de mieux comprendre ce qui se joue lors d'un séjour en refuge. 

Déconnecter pour mieux reconnecter

L'étude montre que la randonnée itinérante en montagne crée des conditions propices au lâcher-prise. La marche, l'environnement naturel et la simplicité de la vie en refuge favorisent ce que les chercheurs appellent une “disponibilité résonante”, un état qui permet de rompre avec les sollicitations du quotidien. 

Cette disponibilité retrouvée permet de prendre du recul sur sa vie, de vivre davantage le moment présent et de porter un regard différent sur son environnement. “Cette déconnexion leur permet ensuite de se reconnecter à elles-mêmes, aux autres et à leur environnement”, résume Alain Decrop. “Elles retrouvent une disponibilité mentale qui leur offre un véritable espace de réflexion et d'apaisement.” 

Cette recherche, menée pendant près d'un an, a débouché sur une publication dans Recherche et Applications en Marketing (RAM), l'une des revues scientifiques les plus reconnues dans le domaine. “Le processus est particulièrement sélectif : seuls un article sur cinq ou six est accepté”, se félicite Alain Decrop. “C'est une revue très bien classée, ce qui témoigne de la qualité scientifique de notre travail.” Félicitations à Alain Decrop et à l'ensemble de ses collaborateurs pour cette belle reconnaissance scientifique. 

À propos d'Alain Decrop

Alain Decrop est professeur ordinaire de marketing à l'Université de Namur, en Belgique. Membre fondateur et ancien directeur du NADI-CeRCLe (Namur Digital Institute - Center for Research on Consumption and Leisure) et du CCMS (Center for research on Consumers and Marketing Strategy), il a également été président de l'Association française du marketing (AFM). Il est titulaire d'une maîtrise en histoire moderne et en économie, et d'un doctorat en administration des affaires. 

Alain Decrop a enseigné un certain nombre de cours liés à la gestion du marketing, au comportement des consommateurs, aux communications marketing numériques, aux méthodes de recherche, à la gestion des services et aux modèles d'entreprise collaboratifs.

Alain Decrop

2 000 langues utilisent les mêmes schémas d’économie lexicale – une étude publiée dans Nature Human Behaviour

Publication
Langues
Intelligence Artificielle

Jamie Wright, un chercheur du Namur Digital Institute de l’UNamur, a participé à une étude menée par l’Université Pompeu Fabra (UPF) de Barcelone, et publiée dans la prestigieuse revue Nature Human BehaviourCette étude montre que les langues du monde entier tendent à privilégier l'économie lexicale, en réutilisant des mots pour désigner différents concepts lorsque cela n'entraîne pas de confusion dans la communication.

Post-its with hello in different languages, logos from Natrue Human Behaviour, UPF Barcelona and Namur Digital Institute in the framework of a publication

L’étude était dirigée par le professeur Thomas Brochhagen, chercheur au sein du groupe de Linguistique Computationnelle et de Théorie Linguistique (COLT) du Département de traduction et de sciences du langage de l'UPF de Barcelone. Parmi les coauteurs figurent Xixian Liao (Barcelona Supercomputing Center - Centro Nacional de Supercomputación, BSC-CNS), Jamie D. Wright (Namur Digital Institute de l’Université de Namur et Vrije Universiteit Brussel) et Carmen Saldana (affiliée à l’UPF et à l’Université de Barcelone).

« Ma principale contribution à l’étude publiée dans « Nature Human Behaviour » a porté sur l’analyse des données et la modélisation informatique. Cette étude est une enquête interlinguistique à grande échelle visant à comprendre comment les contraintes communicatives façonnent l’évolution des langues. En analysant des données issues de près de 2 000 langues, nous avons examiné comment celles-ci concilient deux contraintes contradictoires : le gain d’efficacité obtenu en réutilisant des formes lexicales identiques ou similaires, et la nécessité d’éviter toute ambiguïté lorsque des concepts risquent d’être confondus dans la communication », nous explique Jamie Wright.

Les travaux de Jamie Wright avec la professeure Katrien Beuls au Namur Digital Institute s’inscrivent dans le cadre du programme HERMES. Cette recherche examine également les pressions communicatives qui façonnent l’évolution des langues, mais sous un angle complémentaire. 

Les chercheurs namurois viennent de publier un autre article dans le « Journal of language Evolution » 

« Alors que l’article publié dans *Nature Human Behaviour* identifie des tendances générales à partir d’un large échantillon de langues existantes, celui paru dans le « Journal of Language Evolution » utilise un modèle basé sur des agents pour étudier l’évolution des langues au niveau des agents artificiels en interaction. Dans ces simulations, les agents développent et utilisent des langues communes à travers des échanges communicatifs répétés. Cela nous permet d’étudier comment des conventions linguistiques à l’échelle d’une population émergent d’interactions locales et pourquoi ces conventions peuvent rendre les langues plus robustes, plus faciles à apprendre et plus efficaces sur le plan cognitif. »

Ces deux études abordent donc des questions étroitement liées, à des niveaux différents et selon des approches méthodologiques distinctes. L’étude « Nature Human Behaviour » met en évidence les conséquences interlinguistiques à grande échelle des pressions communicatives, tandis que l’étude « Journal of Language Evolution » basée sur des agents permet d’expliquer comment de tels schémas peuvent émerger de manière dynamique à travers les interactions entre les locuteurs.

Jamie D. Wright - Courte biographie

Jamie D. Wright est doctorant à la Faculté d’informatique de l’Université de Namur et membre de l’Institut de recherche Namur Digital Institute (NaDI), où il travaille avec le professeur Katrien Beuls dans le cadre du programme HERMES, financé par l’Europe, le FNRS et le FWO. Il est également affilié au Laboratoire d’intelligence artificielle de la Vrije Universiteit Brussel. 

Logo Institut NADI

Il a obtenu son master en linguistique théorique et appliquée à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, où il a également travaillé comme assistant de recherche au sein du groupe de recherche COLT. Ses recherches s’appuient sur la modélisation computationnelle et des expériences basées sur des agents pour étudier l’émergence et l’évolution du langage. Ses travaux actuels portent sur la manière dont les contraintes articulatoires et acoustiques liées à la production et à la perception de la parole façonnent les conventions linguistiques et les systèmes de communication.

Félicitations aux chercheurs pour ces publications prestigieuses !

Article cité

Brochhagen, T., Liao, X., Wright, J.D. et al. The interaction of meaning similarity and confusability explains regularity in form–meaning mappings at and below the word level. Nat Hum Behav (2026). https://doi.org/10.1038/s41562-026-02488-3 

Sara Belghiti distinguée par l’AMS Review – The Sheth Foundation DoCCa 2026, une reconnaissance internationale de l’excellence en recherche doctorale !

Prix
Gestion

Sara Belghiti, doctorante à l’Université de Namur (Institut NaDI-CeRCLe) et assistante d’enseignement et de recherche à l’IÉSEG School of Management (France), vient d’être distinguée par l’AMS Review – Sheth Foundation Doctoral Competition for Conceptual Articles (DoCCA) 2026, l’un des concours doctoraux les plus prestigieux au monde en marketing et management théoriques et conceptuels. 

Cette distinction récompense l’excellence scientifique et l’originalité conceptuelle de travaux de recherche

Son projet de recherche, intitulé « Care or Control? Conceptualizing Smart Service System Paternalism Beyond the Technological Prism », a été sélectionné parmi les meilleures propositions doctorales internationales en marketing et management, à l’issue d’un concours prestigieux de grande envergure. 

Cette distinction récompense l’excellence scientifique et l’originalité conceptuelle de travaux de recherche menés sous la supervision de la Professeure Wafa Hammedi (Université de Namur) et du Professeur Thomas Leclercq (IÉSEG School of Management). 

Une recherche à l’avant-garde des enjeux technologiques et sociétaux

Spécialisée en marketing des services, Sara Belghiti s’intéresse aux systèmes de services intelligents (smart service systems), aux technologies intelligentes, et aux transformations qu’ils engendrent dans les relations entre individus, organisations, et institutions. 

Ses travaux explorent notamment les dimensions relationnelles, éthiques et sociétales des technologies intelligentes. Son article sur les « relations de services intelligents » (smart service relationships) a récemment été publié dans le Journal of Service Management, une revue scientifique internationale de référence dans le domaine. 

Diplômée de l’ESCP Business School, Sara Belghiti a également présenté ses recherches lors de conférences académiques internationales majeures telles que l’American Marketing Association (AMA), SERVSIG, QUIS et Frontiers. 

Le concours doctoral DoCCA : un tremplin vers l’excellence scientifique

Organisé conjointement par l’AMS Review et la Sheth Foundation, le concours DoCCA vise à identifier les travaux conceptuels les plus prometteurs réalisés par des doctorants du monde entier en marketing et management. 

Au-delà de la reconnaissance académique, le concours offre un prix financé par la Sheth Foundation et invite les lauréats à présenter leurs travaux lors de la conférence annuelle de l’Academy of Marketing Science (AMS), offrant ainsi une visibilité internationale exceptionnelle auprès de la communauté scientifique mondiale. 

Les meilleurs candidats reçoivent un accompagnement personnalisé assuré par des experts du domaine de haut rang, ainsi que par des mentors de la revue AMS Review afin de favoriser la publication de leurs travaux. 

Par cette distinction, Sara Belghiti contribue au rayonnement international de l’Université de Namur dans le domaine du marketing et de la recherche en gestion. 

La recherche au NaDI-CeRCLe

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Événements

01
2026

Et si l’IA était votre confident ? (ESIA#1)

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Institut NaDI

Et si l’IA était votre confident ? (ESIA#1)

Intelligence artificielle
1
2026 18:30 - 20:30
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur

Et si vos confidences aux chatbots n’étaient pas si privées qu’elles en ont l’air ? Cette première séance du cycle "Et si l'IA ?" vous plonge dans les coulisses des chatbots pour comprendre ce qu’ils font vraiment de vos données et jusqu’où va leur “discrétion”.

Et si vous confiiez à une intelligence artificielle vos doutes, vos émotions ou des informations sensibles ? Cette première séance du cycle "Et si l'IA ?" explore les usages de l’IA dans des contextes personnels et parfois intimes, où des outils comme les chatbots deviennent des interlocuteurs privilégiés. À partir de cas concrets — notamment l’utilisation de ChatGPT comme soutien psychologique ou pour traiter des données confidentielles — les intervenants analyseront les coulisses techniques de ces systèmes ainsi que les enjeux juridiques liés à la protection de la vie privée.

Le public sera invité à découvrir, étape par étape, ce qui se cache derrière une réponse générée par IA : quels acteurs interviennent, comment les données circulent et quels risques cela implique. À travers une activité interactive ludique, chacun pourra mieux comprendre les implications de ses interactions avec ces outils et réfléchir aux limites à poser.

22
2026

Et si l’IA faisait des erreurs ? (ESIA#2)

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Institut NaDI

Et si l’IA faisait des erreurs ? (ESIA#2)

Intelligence artificielle
22
2026 18:30 - 20:30
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur

Et si une IA vous répondait avec aplomb… tout en se trompant totalement ? Durant cette deuxième séance du cycle "Et si l'IA ?", testez votre capacité à démasquer ses erreurs et découvrez pourquoi même des outils avancés peuvent halluciner.

Les intelligences artificielles sont-elles fiables ? Peuvent-elles inventer des informations sans que l’on s’en rende compte ? Cette deuxième séance du cycle "Et si l'IA ?" met en lumière le phénomène des « hallucinations » de l’IA, ces erreurs parfois crédibles qui peuvent avoir des conséquences importantes, notamment dans des contextes professionnels.

En s’appuyant sur des exemples réels, comme des rapports contenant de fausses références, les intervenants expliqueront pourquoi ces erreurs surviennent, quelles en sont les causes techniques et comment les détecter. Une activité interactive invitera le public à distinguer le vrai du faux dans des réponses générées par IA, tout en découvrant les limites des solutions comme le prompt engineering.

L’objectif : développer un regard critique face aux réponses de l’IA et mieux appréhender ses limites.

19
2026

Et si l’IA était aussi subjective que vous ? (ESIA#3)

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Institut NaDI

Et si l’IA était aussi subjective que vous ? (ESIA#3)

Intelligence artificielle
19
2026 18:30 - 20:30
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur

t si l’IA héritait de nos biais et de nos angles morts ? Durant cette troisième séance du cycle "Et si l'IA ?", comparez, questionnez et expérimentez pour révéler la part de subjectivité cachée derrière des réponses en apparence neutres.

L’IA est souvent perçue comme neutre et objective. Mais est-ce vraiment le cas ? Cette troisième séance du cycle "Et si l'IA ?" questionne les biais et discriminations qui peuvent être intégrés dans les systèmes d’intelligence artificielle, en écho à des exemples marquants comme des algorithmes de recrutement ou de justice biaisés.

À travers des démonstrations et des expériences interactives, la séance vise à déconstruire le mythe de la neutralité technologique et à réfléchir aux moyens de concevoir des systèmes plus équitables et inclusifs.

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