L'informatique au service du bien-être collectif et du développement personnel.
La Faculté d'informatique a pour vision celle d'un monde dans lequel l'usage intensif et croissant de l'informatique est orienté vers le bien-être collectif et le développement personnel. Sa mission est de contribuer à cette orientation au travers de la formation, la recherche scientifique et le service à la société.
Les études
Choisir d'étudier l'informatique c'est vous garantir un accès immédiat à un métier passionnant aux multiples facettes. Au travers d'une d'offre d'enseignement complète – bachelier, masters, master de spécialisation et doctorat – la Faculté d'informatique vous offre une formation de qualité basée sur la rigueur scientifique et l'esprit critique, tout en insistant sur l'interdisciplinarité et la responsabilité sociétale.
La recherche
La Faculté d'informatique a pour mission d'assurer une recherche scientifique de pointe, ouverte à la création et à l'intégration des connaissances qui nourrit l'enseignement, l'innovation technologique et le débat de société.
Service à la société
La Faculté d'informatique contribue au développement de notre environnement social, économique, technologique et politique par la diffusion des connaissances et le conseil tant au niveau régional, national et international. Par la synergie entre chercheurs et industriels, par la mise à disposition de savoir et de savoir-faire, elle participe à de nombreuses missions de service à la société.
International
L’ouverture de la Faculté d’informatique à l’international est fondamentale pour le développement de ses activités d’enseignement et de recherche.
Organisation
La Faculté d'informatique s'est organisée afin de pouvoir gérer ses missions de manière optimale. Elle compte une centaine de membres au service de l'enseignement, de la recherche et du service à la société.
Le mot du Doyen
L'informatique est une clé de compréhension, de progrès et de responsabilité face aux défis et aux enjeux de notre société.
Animation
Une série d’événements et d’acteurs gravitent autour de la Faculté d’informatique.
À la une
Actualités
Une démarche pédagogique innovante au service de la qualité logicielle
Une démarche pédagogique innovante au service de la qualité logicielle
Une initiative pédagogique originale a été menée à l’Université de Namur durant l’année académique 2024‑2025 dans le cadre du cours Test et Qualité logicielle du master en informatique, orientation software engineering. Cette démarche a conduit à la publication du SNAIL Report 2025, un véritable baromètre des pratiques de développement logiciel en Fédération Wallonie‑Bruxelles.
Il y a un peu plus d’un an, un lundi matin comme les autres, le Prof. Benoît Vanderose est arrivé dans mon bureau avec un café et une phrase qui allait lancer une aventure peu banale : « J’ai une super idée pour notre cours de Test et Qualité ! »
Cette idée, née autour d’un café, s’est transformée au fil des semaines en un projet pédagogique ambitieux : réaliser, avec les étudiant·e·s du master en software engineering, un véritable état des lieux des pratiques de test et de qualité logicielle en Fédération Wallonie-Bruxelles. Aujourd’hui, cette démarche aboutit à la publication du SNAIL Report 2025.
SNAIL, c’est quoi ?
Le « SNAIL - Software Normalization Assessment and Improvement Lab - Laboratoire d'évaluation et d'amélioration de la normalisation logicielle », c’est une équipe de chercheurs issus de la Faculté d'informatique et du Namur Digital Institute (NaDI) de l'Université de Namur. L’équipe vise à faire progresser l'état de l'art et les pratiques en génie logiciel afin d'améliorer la fiabilité des logiciels, en abordant l'évaluation de la qualité et les tests dans leurs contextes tant humains que techniques. Leur expertise en matière de recherche est combinée à une collaboration continue avec l'industrie afin de cerner les besoins réels et d'apporter des solutions concrètes à des problèmes concrets.
Une pédagogie ancrée dans les réalités professionnelles
L’objectif du projet poursuivi par l’équipe enseignante était double : permettre aux étudiant·e·s de se confronter concrètement aux enjeux actuels de la qualité logicielle et produire un état des lieux utile aux acteurs académiques et professionnels du secteur. Plutôt que de se limiter à l’analyse de pratiques existantes, les étudiant·e·s ont été pleinement impliqué·e·s dans un projet de recherche appliquée, allant de la conception d’un outil de mesure à l’analyse et la valorisation des résultats. Cette approche a favorisé un apprentissage actif, centré sur la collaboration, l’esprit critique et la compréhension des pratiques réelles du terrain.
Une construction collective et méthodique
Le projet a débuté par une analyse approfondie de la littérature scientifique et des rapports internationaux de référence sur le développement logiciel. Cette phase a permis d’identifier les thématiques structurantes à investiguer : organisation des équipes, méthodologies, pratiques de test, automatisation, documentation, intelligence artificielle, sécurité, technologies et expérience développeur.
Sur cette base, un questionnaire de 78 questions a été co-construit de manière itérative lors de séances collaboratives réunissant étudiant·e·s et enseignants. Une attention particulière a été portée à la clarté des questions, à leur pertinence et à leur alignement sur les pratiques observées au sein de diverses organisations venues présenter leur approche dans le cadre du cours.
Une enquête auprès des acteurs du développement logiciel
L’enquête a été diffusée entre avril et juillet 2025 auprès de professionnel·le·s du développement logiciel en Fédération Wallonie‑Bruxelles, via des réseaux académiques et industriels. Au total, 52 répondants, issus d’organisations de tailles et de secteurs variés (PME, ETI, grandes entreprises et secteur public), ont participé à l’étude. Le cours étant terminé, les données collectées ont fait l’objet d’un traitement rigoureux par les chercheurs du laboratoire SNAIL, combinant analyses quantitatives et qualitatives, avant d’être synthétisées et mises en perspective dans le rapport final.
Le SNAIL Report 2025 : principaux enseignements
Le SNAIL Report 2025 offre un panorama structuré des pratiques de développement logiciel en Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi les tendances mises en évidence figurent notamment :
- une large adoption des approches Agiles ;
- une place centrale des outils collaboratifs et de la revue de code ;
- une généralisation des pratiques de test et de l’automatisation via des pipelines CI/CD ;
- une intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les activités de développement ;
- ainsi que des défis persistants en matière de formalisation des pratiques, de documentation, de sécurité et de formation.
Le rapport met également en lumière l’importance des dimensions humaines et organisationnelles dans la qualité logicielle, en particulier la collaboration, la responsabilité et l’autonomie des équipes.
Une valeur ajoutée pour la formation et la recherche
Au-delà des résultats présentés, cette initiative illustre l’intérêt d’une approche pédagogique fondée sur la co-construction des connaissances, sur le lien étroit entre enseignement et recherche, et sur l’ouverture vers le monde professionnel.
Pour les étudiant·e·s, le projet a constitué une expérience formatrice, leur permettant de développer des compétences techniques, méthodologiques et analytiques, tout en prenant conscience des enjeux actuels du développement logiciel. Pour l’Université de Namur, il s’agit d’un exemple concret de valorisation d’innovations pédagogiques au service des missions d’enseignement et de recherche.
Florentin Rochet - Sécurité informatique : lire entre les lignes du code
Florentin Rochet - Sécurité informatique : lire entre les lignes du code
Professeur en sécurité informatique à l’Université de Namur, Florentin Rochet a fait de la cryptographie appliquée et des communications sécurisées son domaine d’expertise. Entre progression galopante de l’intelligence artificielle et solutions open source, il partage son analyse de la situation actuelle et livre ses perspectives pour l’avenir.
Comment pourrait-on définir la cybersécurité ?
La cybersécurité, ou sécurité informatique, cherche à étudier les limites de l’informatique. Concrètement, lorsque l’on crée des systèmes informatiques ou des logiciels, on se rend compte à l’utilisation qu’ils présentent certaines limites qui peuvent être exploitées. On va donc chercher à en comprendre les causes fondamentales afin de rendre les prochaines générations de systèmes plus robustes et sécurisés. Le contexte très compétitif du marché actuel entre en conflit avec cette logique, car les grandes entreprises veulent développer leurs logiciels le plus vite possible et se démarquer de leurs concurrents, avec de très grands risques en matière de sécurité.
Selon vous, quelle est la principale menace qui pèse sur la sécurité informatique aujourd’hui ?
Le risque majeur est l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle (IA) par les développeurs pour produire du code. Ce code produit par IA peut sembler à première vue de très bonne facture, mais ce n’est pas du tout le cas. On trouve énormément de vulnérabilités dans ce type de codes, qui sont très loin du niveau que peut atteindre un programmeur expérimenté. À titre de comparaison, la crise des subprimes qui a touché les États-Unis en 2007-2008 reposait sur la vente massive de prêts hypothécaires à risque et leur transformation en montages financiers complexes. Ce mécanisme a entraîné une défiance généralisée envers le système bancaire jusqu’à provoquer la crise financière mondiale que l’on a connue. C’est un peu le même principe qui se produit avec l’IA : l’abondance de codes générés par IA pourrait envahir les logiciels créés par les entreprises, avec le risque d’une incertitude croissante sur leur fiabilité. Les conséquences de cette situation sont difficiles à prédire, mais il y aura certainement un besoin marqué d’experts dans le futur pour auditer les logiciels. Or, ces personnes se font plutôt rares. Les jeunes informaticiens, et c’est compréhensible, baignent eux-mêmes dans l’IA. Malheureusement, des recherches récemment publiées tendent à montrer un impact négatif sur l’apprentissage. On peut faire l’hypothèse qu’elle impactera également les prochaines générations d’experts en réduisant leur nombre. Le monde académique et la formation ont donc un grand rôle à jouer pour être à la hauteur de la situation qui s’annonce.
Quels autres risques identifiez-vous ?
L’émergence d’un narratif galvaudé autour du terme de « cybersécurité » peut aussi s’avérer dangereux. Sous couvert d’améliorer la sécurité de la population, les courants politiques actuels – notamment aux États-Unis, mais aussi en Europe – brandissent la cybersécurité comme étendard pour, en fait, faire de la surveillance de masse des citoyens. Cela s’inscrit dans le contexte d’érosion de la démocratie et des libertés fondamentales. La véritable sécurité informatique est celle qui protège l’ensemble des membres de la société sans discriminer : État, police, journalistes, entreprises, citoyens, défense, etc.
La forte dépendance de l’informatique à des solutions étrangères devrait également nous inquiéter. Notre société repose principalement sur une économie de services, qui dépendent eux-mêmes de solutions informatiques étrangères. Que se passe-t-il alors si on perd le contrôle de ces outils ?
Différentes attaques contre des institutions publiques wallonnes et belges, comme au Service Public de Wallonie (SPW), ont fait les gros titres des journaux ces derniers mois. Comment l’expliquez-vous ?
Ce qui est curieux dans le cas de l’attaque du SPW, c’est le point d’entrée par lequel les attaquants sont passés. On sait généralement que les cybercriminels exploitent des vulnérabilités déjà connues pour entrer dans le système informatique. Or, les vulnérabilités dont se sont servis les cybercriminels dans cette attaque sont étudiées dans les cours de base de sécurité informatique à l’université. Ce cas pourrait être révélateur de la difficulté à faire évoluer un ensemble de logiciels au sein d’une institution et à maintenir de l’expertise interne. En effet, les appels à la consultance extérieure sont de plus en plus systématiques, ce qui pourrait être contre-productif pour le développement même de cette expertise interne si le transfert de connaissances n’a pas lieu. Évidemment, il s’agit d’une réalité complexe en termes financiers et humains pour les institutions, qu’il ne faut pas nier.
Dans ce contexte, quels rôles peuvent jouer la recherche et la formation ?
La recherche peut aider à fournir des choix supplémentaires et des alternatives plus sécurisées. Par exemple, des logiciels libres (Open Source), qui assurent une plus grande robustesse, mais qui impliquent, en contrepartie, une certaine maîtrise. Ces outils pèsent malheureusement moins lourd face à des solutions plus commerciales. Du côté de la formation, le défi consiste à éduquer les futurs informaticiens à ces enjeux pour les rendre capables de gérer et maintenir des logiciels Open Source. Avec l’automatisation de l’informatique, et c’est compréhensible, on constate un intérêt plus faible pour ce type de solutions davantage « do it yourself ».
Sur quoi portent vos recherches actuelles ?
Avec mon groupe de recherche, le Privacy and Security Lab, nous travaillons sur les communications anonymes et les communications sécurisées en général, avec une expertise en technologies de protection de la vie privée. Nous étudions notamment des technologies de communication qui permettent d’anonymiser les communications sur Internet. Ces outils, qui nous semblent plus transparents, à l’instar de Tor par exemple, sont toutefois moins performants et rapides, ce qui freine l’adhésion du grand public. Notre objectif est de rendre ces technologies accessibles à l’ensemble de la population en améliorant leur efficacité. Pour ce type de recherche, et l’émergence de nouveaux prototypes, nous visons à collaborer avec la Faculté de droit pour leur expertise en matière de protection de la vie privée. Nous travaillons également à une meilleure intégration et efficacité des protocoles de transport chiffrés dans les librairies de transport réseau, ce qui débouche concrètement sur, par exemple, des VPNs plus performants.
CV express
Florentin Rochet est ingénieur informatique, docteur en cryptographie appliquée (UCLouvain) et professeur adjoint à l'Université de Namur en sécurité informatique, cryptographie et confidentialité depuis 2022. Depuis son arrivée à l’UNamur, il développe le groupe de recherche Privacy and Security Lab (PS Lab), dont l’objectif est de mener des recherches dans le domaine des technologies de protection de la vie privée et des communications sécurisées.
Cet article est tiré de la rubrique "L'expert" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
24h de mobilisation étudiante pour le Télévie
24h de mobilisation étudiante pour le Télévie
24 heures de live, une dizaine d’ordinateurs et de consoles de jeux vidéo, une quinzaine de participants… et un objectif : récolter un maximum d’argent au profit du Télévie. Fort du succès de sa première édition, le Cercle Informatique de l’UNamur s’est relancé dans l’aventure avec un nouveau marathon caritatif, qui s’est déroulé du 7 au 8 avril dernier. Au total, l’événement a permis de récolter 1 831,91 euros pour le Télévie.
Inspiré par le ZEvent, un événement caritatif qui rassemble pendant plusieurs jours de grands streamers afin de récolter des fonds pour une association, le Cercle informatique a voulu adapter le concept à son échelle. « Le ZEvent nous a beaucoup inspirés, et on s’est dit : pourquoi pas nous ? On a pas mal de connaissances, on sait bricoler, on a des contacts avec le Service informatique de l’université… Alors on a voulu créer notre propre événement », expliquent Fabio, président 2025-2026 du Cercle info et Corentin, son prédécesseur.
Le principe est simple : pendant 24 heures, les étudiants sont en direct sur la plateforme de streaming Twitch afin de récolter un maximum de dons pour le Télévie. « À chaque palier atteint, on réalise des défis. Et pendant toute la durée du live, on se relaie, on joue à des jeux vidéo, on discute ». Si un seul écran est diffusé en direct, une dizaine d’autres ordinateurs sont mis à disposition des étudiants pour jouer en parallèle, ainsi qu’un espace avec une Nintendo Switch et une PlayStation 3.
« Nous avons mis plus de 4 heures à transformer le local du Cercle info en salle de streaming », racontent les étudiants. « On a dû mettre en place les ordinateurs et les consoles, tirer les câbles, configurer le réseau et vérifier que tout fonctionne avant de lancer le live… »
Au-delà de l’objectif caritatif, cette expérience marque aussi les étudiants sur le plan humain. « C’est un peu stressant, mais c’est surtout plein de bons souvenirs », confient-ils. « Pendant la nuit, on est tous fatigués et le moindre truc nous fait partir en délire, ça nous fait rire. Et ça nous rapproche, on a rarement l’occasion de passer 24 heures ensemble. »
L’organisation de cet événement permet aussi de faire quelques liens entre la théorie vue en cours et la pratique. « Tout ce qui est réseau, par exemple, on le voit en cours, mais ici on comprend concrètement comment ça fonctionne ». Une expérience unique que les étudiants espèrent bien pérenniser au sein de la Faculté.
Une collaboration avec les services de l’UNamur
L’événement a également pu compter sur le soutien de plusieurs services de l’université. La Faculté d’informatique a notamment prêté du matériel, comme des tables, des chaises ou encore des câbles. Le Service informatique a apporté une aide technique en adaptant le réseau de l’université. Enfin, le Service fundraising a lui aussi soutenu l’initiative, permettant d’inscrire ce projet étudiant dans la campagne plus large de l’UNamur au profit du Télévie.
Plus d'info sur la lutte contre le cancer et le Télévie
Enive de découvrir nos formations en informatique ?
La Faculté d'informatique a pour vision celle d'un monde dans lequel l'usage intensif et croissant de l'informatique est orienté vers le bien-être collectif et le développement personnel. Sa mission est de contribuer à cette orientation au travers de la formation, la recherche scientifique et le service à la société.
Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales
Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales
Détecter une panne avant qu’elle ne survienne : c’est l’objectif de la recherche menée par Antoine Hubermont, doctorant à l’UNamur. Ce projet baptisé Monsater est financé par le SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc en collaboration avec l’entreprise spatiale Telespazio Belgium. Il s’inscrit au cœur d’un enjeu stratégique : garantir la fiabilité de systèmes complexes, notamment dans le domaine spatial.
Dans sa recherche, Antoine Hubermont, membre de naXys, (Institut Namurois des Systèmes Complexes) s’intéresse plus particulièrement aux infrastructures qui permettent le fonctionnement de Galileo, le système européen de navigation par satellite.
« On l’utilise tous les jours, mais peu de gens savent que nous avons un GPS européen, Galileo, basé sur une constellation de satellites à plus de 23 000 kilomètres autour de la Terre », explique-t-il.
À l’aide de méthodes d’intelligence artificielle, Antoine Hubermont développe des outils capables notamment d’anticiper l’apparition de pannes.
Plus précisément, le projet Monsater vise à créer une plateforme permettant de visualiser et de prévoir l'état de ces équipements, d'évaluer le risque de panne et d'identifier les anomalies afin d'initier un processus de rétablissement de leurs fonctions. La plateforme intègre et combine les capacités de détection et de prédiction des solutions basées sur l'intelligence artificielle avec les capacités techniques des solutions robotiques.
Dans ce travail, Antoine Hubermont est encadré par le professeur Elio Tuci membre de naXys, et professeur à la Faculté d'informatique à l'UNamur.
Découvrez le projet en vidéo
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.
Doctorats en entreprise à l'UNamur
Une démarche pédagogique innovante au service de la qualité logicielle
Une démarche pédagogique innovante au service de la qualité logicielle
Une initiative pédagogique originale a été menée à l’Université de Namur durant l’année académique 2024‑2025 dans le cadre du cours Test et Qualité logicielle du master en informatique, orientation software engineering. Cette démarche a conduit à la publication du SNAIL Report 2025, un véritable baromètre des pratiques de développement logiciel en Fédération Wallonie‑Bruxelles.
Il y a un peu plus d’un an, un lundi matin comme les autres, le Prof. Benoît Vanderose est arrivé dans mon bureau avec un café et une phrase qui allait lancer une aventure peu banale : « J’ai une super idée pour notre cours de Test et Qualité ! »
Cette idée, née autour d’un café, s’est transformée au fil des semaines en un projet pédagogique ambitieux : réaliser, avec les étudiant·e·s du master en software engineering, un véritable état des lieux des pratiques de test et de qualité logicielle en Fédération Wallonie-Bruxelles. Aujourd’hui, cette démarche aboutit à la publication du SNAIL Report 2025.
SNAIL, c’est quoi ?
Le « SNAIL - Software Normalization Assessment and Improvement Lab - Laboratoire d'évaluation et d'amélioration de la normalisation logicielle », c’est une équipe de chercheurs issus de la Faculté d'informatique et du Namur Digital Institute (NaDI) de l'Université de Namur. L’équipe vise à faire progresser l'état de l'art et les pratiques en génie logiciel afin d'améliorer la fiabilité des logiciels, en abordant l'évaluation de la qualité et les tests dans leurs contextes tant humains que techniques. Leur expertise en matière de recherche est combinée à une collaboration continue avec l'industrie afin de cerner les besoins réels et d'apporter des solutions concrètes à des problèmes concrets.
Une pédagogie ancrée dans les réalités professionnelles
L’objectif du projet poursuivi par l’équipe enseignante était double : permettre aux étudiant·e·s de se confronter concrètement aux enjeux actuels de la qualité logicielle et produire un état des lieux utile aux acteurs académiques et professionnels du secteur. Plutôt que de se limiter à l’analyse de pratiques existantes, les étudiant·e·s ont été pleinement impliqué·e·s dans un projet de recherche appliquée, allant de la conception d’un outil de mesure à l’analyse et la valorisation des résultats. Cette approche a favorisé un apprentissage actif, centré sur la collaboration, l’esprit critique et la compréhension des pratiques réelles du terrain.
Une construction collective et méthodique
Le projet a débuté par une analyse approfondie de la littérature scientifique et des rapports internationaux de référence sur le développement logiciel. Cette phase a permis d’identifier les thématiques structurantes à investiguer : organisation des équipes, méthodologies, pratiques de test, automatisation, documentation, intelligence artificielle, sécurité, technologies et expérience développeur.
Sur cette base, un questionnaire de 78 questions a été co-construit de manière itérative lors de séances collaboratives réunissant étudiant·e·s et enseignants. Une attention particulière a été portée à la clarté des questions, à leur pertinence et à leur alignement sur les pratiques observées au sein de diverses organisations venues présenter leur approche dans le cadre du cours.
Une enquête auprès des acteurs du développement logiciel
L’enquête a été diffusée entre avril et juillet 2025 auprès de professionnel·le·s du développement logiciel en Fédération Wallonie‑Bruxelles, via des réseaux académiques et industriels. Au total, 52 répondants, issus d’organisations de tailles et de secteurs variés (PME, ETI, grandes entreprises et secteur public), ont participé à l’étude. Le cours étant terminé, les données collectées ont fait l’objet d’un traitement rigoureux par les chercheurs du laboratoire SNAIL, combinant analyses quantitatives et qualitatives, avant d’être synthétisées et mises en perspective dans le rapport final.
Le SNAIL Report 2025 : principaux enseignements
Le SNAIL Report 2025 offre un panorama structuré des pratiques de développement logiciel en Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi les tendances mises en évidence figurent notamment :
- une large adoption des approches Agiles ;
- une place centrale des outils collaboratifs et de la revue de code ;
- une généralisation des pratiques de test et de l’automatisation via des pipelines CI/CD ;
- une intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les activités de développement ;
- ainsi que des défis persistants en matière de formalisation des pratiques, de documentation, de sécurité et de formation.
Le rapport met également en lumière l’importance des dimensions humaines et organisationnelles dans la qualité logicielle, en particulier la collaboration, la responsabilité et l’autonomie des équipes.
Une valeur ajoutée pour la formation et la recherche
Au-delà des résultats présentés, cette initiative illustre l’intérêt d’une approche pédagogique fondée sur la co-construction des connaissances, sur le lien étroit entre enseignement et recherche, et sur l’ouverture vers le monde professionnel.
Pour les étudiant·e·s, le projet a constitué une expérience formatrice, leur permettant de développer des compétences techniques, méthodologiques et analytiques, tout en prenant conscience des enjeux actuels du développement logiciel. Pour l’Université de Namur, il s’agit d’un exemple concret de valorisation d’innovations pédagogiques au service des missions d’enseignement et de recherche.
Florentin Rochet - Sécurité informatique : lire entre les lignes du code
Florentin Rochet - Sécurité informatique : lire entre les lignes du code
Professeur en sécurité informatique à l’Université de Namur, Florentin Rochet a fait de la cryptographie appliquée et des communications sécurisées son domaine d’expertise. Entre progression galopante de l’intelligence artificielle et solutions open source, il partage son analyse de la situation actuelle et livre ses perspectives pour l’avenir.
Comment pourrait-on définir la cybersécurité ?
La cybersécurité, ou sécurité informatique, cherche à étudier les limites de l’informatique. Concrètement, lorsque l’on crée des systèmes informatiques ou des logiciels, on se rend compte à l’utilisation qu’ils présentent certaines limites qui peuvent être exploitées. On va donc chercher à en comprendre les causes fondamentales afin de rendre les prochaines générations de systèmes plus robustes et sécurisés. Le contexte très compétitif du marché actuel entre en conflit avec cette logique, car les grandes entreprises veulent développer leurs logiciels le plus vite possible et se démarquer de leurs concurrents, avec de très grands risques en matière de sécurité.
Selon vous, quelle est la principale menace qui pèse sur la sécurité informatique aujourd’hui ?
Le risque majeur est l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle (IA) par les développeurs pour produire du code. Ce code produit par IA peut sembler à première vue de très bonne facture, mais ce n’est pas du tout le cas. On trouve énormément de vulnérabilités dans ce type de codes, qui sont très loin du niveau que peut atteindre un programmeur expérimenté. À titre de comparaison, la crise des subprimes qui a touché les États-Unis en 2007-2008 reposait sur la vente massive de prêts hypothécaires à risque et leur transformation en montages financiers complexes. Ce mécanisme a entraîné une défiance généralisée envers le système bancaire jusqu’à provoquer la crise financière mondiale que l’on a connue. C’est un peu le même principe qui se produit avec l’IA : l’abondance de codes générés par IA pourrait envahir les logiciels créés par les entreprises, avec le risque d’une incertitude croissante sur leur fiabilité. Les conséquences de cette situation sont difficiles à prédire, mais il y aura certainement un besoin marqué d’experts dans le futur pour auditer les logiciels. Or, ces personnes se font plutôt rares. Les jeunes informaticiens, et c’est compréhensible, baignent eux-mêmes dans l’IA. Malheureusement, des recherches récemment publiées tendent à montrer un impact négatif sur l’apprentissage. On peut faire l’hypothèse qu’elle impactera également les prochaines générations d’experts en réduisant leur nombre. Le monde académique et la formation ont donc un grand rôle à jouer pour être à la hauteur de la situation qui s’annonce.
Quels autres risques identifiez-vous ?
L’émergence d’un narratif galvaudé autour du terme de « cybersécurité » peut aussi s’avérer dangereux. Sous couvert d’améliorer la sécurité de la population, les courants politiques actuels – notamment aux États-Unis, mais aussi en Europe – brandissent la cybersécurité comme étendard pour, en fait, faire de la surveillance de masse des citoyens. Cela s’inscrit dans le contexte d’érosion de la démocratie et des libertés fondamentales. La véritable sécurité informatique est celle qui protège l’ensemble des membres de la société sans discriminer : État, police, journalistes, entreprises, citoyens, défense, etc.
La forte dépendance de l’informatique à des solutions étrangères devrait également nous inquiéter. Notre société repose principalement sur une économie de services, qui dépendent eux-mêmes de solutions informatiques étrangères. Que se passe-t-il alors si on perd le contrôle de ces outils ?
Différentes attaques contre des institutions publiques wallonnes et belges, comme au Service Public de Wallonie (SPW), ont fait les gros titres des journaux ces derniers mois. Comment l’expliquez-vous ?
Ce qui est curieux dans le cas de l’attaque du SPW, c’est le point d’entrée par lequel les attaquants sont passés. On sait généralement que les cybercriminels exploitent des vulnérabilités déjà connues pour entrer dans le système informatique. Or, les vulnérabilités dont se sont servis les cybercriminels dans cette attaque sont étudiées dans les cours de base de sécurité informatique à l’université. Ce cas pourrait être révélateur de la difficulté à faire évoluer un ensemble de logiciels au sein d’une institution et à maintenir de l’expertise interne. En effet, les appels à la consultance extérieure sont de plus en plus systématiques, ce qui pourrait être contre-productif pour le développement même de cette expertise interne si le transfert de connaissances n’a pas lieu. Évidemment, il s’agit d’une réalité complexe en termes financiers et humains pour les institutions, qu’il ne faut pas nier.
Dans ce contexte, quels rôles peuvent jouer la recherche et la formation ?
La recherche peut aider à fournir des choix supplémentaires et des alternatives plus sécurisées. Par exemple, des logiciels libres (Open Source), qui assurent une plus grande robustesse, mais qui impliquent, en contrepartie, une certaine maîtrise. Ces outils pèsent malheureusement moins lourd face à des solutions plus commerciales. Du côté de la formation, le défi consiste à éduquer les futurs informaticiens à ces enjeux pour les rendre capables de gérer et maintenir des logiciels Open Source. Avec l’automatisation de l’informatique, et c’est compréhensible, on constate un intérêt plus faible pour ce type de solutions davantage « do it yourself ».
Sur quoi portent vos recherches actuelles ?
Avec mon groupe de recherche, le Privacy and Security Lab, nous travaillons sur les communications anonymes et les communications sécurisées en général, avec une expertise en technologies de protection de la vie privée. Nous étudions notamment des technologies de communication qui permettent d’anonymiser les communications sur Internet. Ces outils, qui nous semblent plus transparents, à l’instar de Tor par exemple, sont toutefois moins performants et rapides, ce qui freine l’adhésion du grand public. Notre objectif est de rendre ces technologies accessibles à l’ensemble de la population en améliorant leur efficacité. Pour ce type de recherche, et l’émergence de nouveaux prototypes, nous visons à collaborer avec la Faculté de droit pour leur expertise en matière de protection de la vie privée. Nous travaillons également à une meilleure intégration et efficacité des protocoles de transport chiffrés dans les librairies de transport réseau, ce qui débouche concrètement sur, par exemple, des VPNs plus performants.
CV express
Florentin Rochet est ingénieur informatique, docteur en cryptographie appliquée (UCLouvain) et professeur adjoint à l'Université de Namur en sécurité informatique, cryptographie et confidentialité depuis 2022. Depuis son arrivée à l’UNamur, il développe le groupe de recherche Privacy and Security Lab (PS Lab), dont l’objectif est de mener des recherches dans le domaine des technologies de protection de la vie privée et des communications sécurisées.
Cet article est tiré de la rubrique "L'expert" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
24h de mobilisation étudiante pour le Télévie
24h de mobilisation étudiante pour le Télévie
24 heures de live, une dizaine d’ordinateurs et de consoles de jeux vidéo, une quinzaine de participants… et un objectif : récolter un maximum d’argent au profit du Télévie. Fort du succès de sa première édition, le Cercle Informatique de l’UNamur s’est relancé dans l’aventure avec un nouveau marathon caritatif, qui s’est déroulé du 7 au 8 avril dernier. Au total, l’événement a permis de récolter 1 831,91 euros pour le Télévie.
Inspiré par le ZEvent, un événement caritatif qui rassemble pendant plusieurs jours de grands streamers afin de récolter des fonds pour une association, le Cercle informatique a voulu adapter le concept à son échelle. « Le ZEvent nous a beaucoup inspirés, et on s’est dit : pourquoi pas nous ? On a pas mal de connaissances, on sait bricoler, on a des contacts avec le Service informatique de l’université… Alors on a voulu créer notre propre événement », expliquent Fabio, président 2025-2026 du Cercle info et Corentin, son prédécesseur.
Le principe est simple : pendant 24 heures, les étudiants sont en direct sur la plateforme de streaming Twitch afin de récolter un maximum de dons pour le Télévie. « À chaque palier atteint, on réalise des défis. Et pendant toute la durée du live, on se relaie, on joue à des jeux vidéo, on discute ». Si un seul écran est diffusé en direct, une dizaine d’autres ordinateurs sont mis à disposition des étudiants pour jouer en parallèle, ainsi qu’un espace avec une Nintendo Switch et une PlayStation 3.
« Nous avons mis plus de 4 heures à transformer le local du Cercle info en salle de streaming », racontent les étudiants. « On a dû mettre en place les ordinateurs et les consoles, tirer les câbles, configurer le réseau et vérifier que tout fonctionne avant de lancer le live… »
Au-delà de l’objectif caritatif, cette expérience marque aussi les étudiants sur le plan humain. « C’est un peu stressant, mais c’est surtout plein de bons souvenirs », confient-ils. « Pendant la nuit, on est tous fatigués et le moindre truc nous fait partir en délire, ça nous fait rire. Et ça nous rapproche, on a rarement l’occasion de passer 24 heures ensemble. »
L’organisation de cet événement permet aussi de faire quelques liens entre la théorie vue en cours et la pratique. « Tout ce qui est réseau, par exemple, on le voit en cours, mais ici on comprend concrètement comment ça fonctionne ». Une expérience unique que les étudiants espèrent bien pérenniser au sein de la Faculté.
Une collaboration avec les services de l’UNamur
L’événement a également pu compter sur le soutien de plusieurs services de l’université. La Faculté d’informatique a notamment prêté du matériel, comme des tables, des chaises ou encore des câbles. Le Service informatique a apporté une aide technique en adaptant le réseau de l’université. Enfin, le Service fundraising a lui aussi soutenu l’initiative, permettant d’inscrire ce projet étudiant dans la campagne plus large de l’UNamur au profit du Télévie.
Plus d'info sur la lutte contre le cancer et le Télévie
Enive de découvrir nos formations en informatique ?
La Faculté d'informatique a pour vision celle d'un monde dans lequel l'usage intensif et croissant de l'informatique est orienté vers le bien-être collectif et le développement personnel. Sa mission est de contribuer à cette orientation au travers de la formation, la recherche scientifique et le service à la société.
Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales
Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales
Détecter une panne avant qu’elle ne survienne : c’est l’objectif de la recherche menée par Antoine Hubermont, doctorant à l’UNamur. Ce projet baptisé Monsater est financé par le SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc en collaboration avec l’entreprise spatiale Telespazio Belgium. Il s’inscrit au cœur d’un enjeu stratégique : garantir la fiabilité de systèmes complexes, notamment dans le domaine spatial.
Dans sa recherche, Antoine Hubermont, membre de naXys, (Institut Namurois des Systèmes Complexes) s’intéresse plus particulièrement aux infrastructures qui permettent le fonctionnement de Galileo, le système européen de navigation par satellite.
« On l’utilise tous les jours, mais peu de gens savent que nous avons un GPS européen, Galileo, basé sur une constellation de satellites à plus de 23 000 kilomètres autour de la Terre », explique-t-il.
À l’aide de méthodes d’intelligence artificielle, Antoine Hubermont développe des outils capables notamment d’anticiper l’apparition de pannes.
Plus précisément, le projet Monsater vise à créer une plateforme permettant de visualiser et de prévoir l'état de ces équipements, d'évaluer le risque de panne et d'identifier les anomalies afin d'initier un processus de rétablissement de leurs fonctions. La plateforme intègre et combine les capacités de détection et de prédiction des solutions basées sur l'intelligence artificielle avec les capacités techniques des solutions robotiques.
Dans ce travail, Antoine Hubermont est encadré par le professeur Elio Tuci membre de naXys, et professeur à la Faculté d'informatique à l'UNamur.
Découvrez le projet en vidéo
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.