La Faculté de philosophie et lettres vous propose d'étudier les productions de l’esprit humain en quête de sens et de valeurs, en se souciant de restituer les œuvres, documents et courants de pensée dans leur contexte et leur évolution. Un vaste patrimoine à découvrir !

Les études

Vous disposez d'une curiosité pour les langues et les œuvres dans leurs diversité culturelle et temporelle ainsi que d'un intérêt pour la réflexion et l'analyse ? Vous serez alors séduits par l'offre d'enseignement proposée par la Faculté de philosophie et lettres. Bacheliers, masters de spécialisation, doctorats ou formations continues, la Faculté de philosophie et lettres propose un grand nombre de formations, quel que soit votre profil !

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La recherche

La recherche en Faculté de philosophie et lettres est très diversifiée et veut jeter un regard neuf sur les productions culturelles d’hier et d’aujourd’hui. Des projets scientifiques de dimension nationale et internationale en font un des axes portant du rayonnement de la faculté en Belgique et à l'étranger. Soucieuse de garder un contact avec les enseignements dispensés dans les différentes sections de la faculté, la recherche est développée surtout au niveau des départements.

Professeur de philosophie et lettres

Service à la société

Les enseignants et chercheurs de la Faculté de philosophie et lettres contribuent à développer le dynamisme culturel de la Cité. Par des activités culturelles, des publications, des formations mais aussi par des interventions sur demande, leur travail s'inscrit régulièrement dans le contexte économique et social de la société civile.

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Organisation

La Faculté de philosophie et lettres est organisée afin de gérer ses missions d'enseignement, de recherche et de service à la société. Elle dispose de services communs à toute la faculté. Elle compte 6 départements qui sont le reflet de ses différents enseignements, très variés, et tournés vers hier, aujourd'hui et demain.

À la une

Actualités

Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir

Histoire
ODD 11 - Villes et communautés durables

En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.

Boudin Blan de Liège

Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée). 

« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.

Image
Natacha Aucuit

L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL 

Natacha Aucuit Historienne

Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.

Miel wallon

« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.

Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition

En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP. 

« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.

Boudin de Liège
Boudin de Liège

Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit. 

Un travail continu sur les produits du terroir

Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation : 

  • La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
  • La Fraise de Wépion

Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :

  • Plate de Florenville IGP
  • Saucisson d’Ardenne IGP
  • Collier Ardenne IGP
  • Pipe d’Ardenne IGP
  • Escavèche de Chimay IGP
  • Saucisson gaumais IGP

Le projet Agrilabel

Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.

Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.

Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.

Quand la photographie interroge les enjeux (géo)politiques, économiques et environnementaux du nucléaire

Evénement

Entre risques de « globocide » et gestion millénaire des déchets, le nucléaire cristallise les angoisses de notre époque tout en restant largement invisible dans le débat public. Porté par une recherche FNRS menée par Danielle Leenaerts, chargée de cours au Département d’archéologie et sciences de l’art, un projet tripartite comprenant exposition, livre et journée d’étude interdisciplinaires, offre une plongée inédite dans la représentation du nucléaire par des artistes belges et internationaux. 

Nucléaire

Alors que la prolongation des centrales de Tihange et Doel suscite peu de réactions, le projet de recherche de Danielle Leenaerts, utilise l’art pour relancer la discussion de façon inédite. Ce projet a en effet la particularité de décliner la représentation du nucléaire civil et militaire en différents médiums qui dialoguent entre eux, à savoir : une exposition photo au Delta, un livre et une journée d’étude. Son travail confronte les regards d’artistes aux positionnements variés et refuse la polarisation du débat. L’objectif est plutôt d’amener la société à regarder en face une réalité qu’elle s’efforce d’occulter. Une démarche qui prouve que la culture et la recherche sont des leviers essentiels pour appréhender les défis géopolitiques et environnementaux actuels. Rencontre.

Comment est né ce projet de recherche sur la représentation du nucléaire par les artistes photographes ?

Il s’inscrit en parallèle à l’enseignement de l’histoire de l’art contemporain. Dans ce cadre, j’ai obtenu un crédit de recherche FNRS – PDR qui a donné une assise plus large au projet. J’ai donc pu le penser de manière tripartite avec une exposition, un livre et une journée d’étude.  

Je m’intéresse au nucléaire, car cette thématique cristallise l’essentiel des problématiques politiques, géopolitiques et humaines des 75 dernières années. D’une part, avec l’invention de la bombe atomique, en ce qui concerne le nucléaire militaire et, d’autre part, avec les usages exponentiels du nucléaire civil pour la production d’énergie. Selon le philosophe Günther Anders, nous sommes d’ailleurs passés à « l’âge atomique » avec le risque permanent de « globocide », c’est-à-dire la possibilité de détruire toute vie à la surface de la terre. Et nous sommes tout à fait conscients de cette réalité pour le nucléaire militaire. Mais l’être humain est aussi dans le déni des risques inhérents aux usages du nucléaire civil, comme l’a montré dernièrement la catastrophe de Fukushima. Il s’agit d’une vraie dissonance cognitive car nous connaissons les risques et la durée des retombées potentielles, mais nous ne réagissons pas. Pire, notre consommation énergétique explose, car le nucléaire civil est présenté comme la principale solution à la décarbonation. Une solution qui met de côté la question des risques et de la gestion des déchets nucléaires dont la durée de vie s’étend sur plusieurs siècles ou dizaines de millénaires. Ces questions, absolument essentielles, doivent être discutées par la société civile mais ne le sont pas. C’est aussi ce que je veux apporter avec ce projet de recherche : pouvoir débattre publiquement de la question du nucléaire, car nous sommes toutes et tous concernés et cela aura un impact sur notre avenir. 

Pourquoi avoir choisi la photographie ? Selon vous, qu’apporte-t-elle que d’autres médiums ne permettent pas ?

La photo était déjà la matière de ma thèse, cette question m’occupe donc depuis longtemps. C’est mon domaine d’activité principal en termes d’enseignement et de recherche. En effet, la photographie a longtemps été la grande absente des corpus de recherche en histoire de l’art qui traitent surtout des beaux-arts au sens large. Pour moi, c’était aussi important d’introduire ce type de représentations dans le champ universitaire et en particulier de l’histoire de l’art contemporain. Chemin faisant, j’ai eu connaissance de toute une série de travaux autour du nucléaire et j’y ai vu une tentative de visibilisation de ses enjeux. Les œuvres de ces artistes permettent de s’emparer de questions qui ne sont pas abordées dans le champ médiatique ou le sont de manière simplifiée, voire polarisante. 

J’ai aussi voulu éviter tout ce qui relève de la fiction quant à la question nucléaire. La photographie a une valeur d’attestation documentaire mais, en même temps, elle propose une représentation qui tient un discours sur le monde, à travers un véhicule esthétique qui invite à s’arrêter et à réfléchir. La photographie est un art qui permet d’associer des images à des concepts et d’humaniser la problématique du nucléaire. 

Le nucléaire est au cœur de l’actualité, entre enjeux climatiques, vieillissement des infrastructures et tensions géopolitiques. Comment cette actualité nourrit-elle la réception des œuvres ?

Actuellement, le gouvernement a décidé de ne pas sortir du nucléaire et a prolongé la vie des centrales de Tihange et Doel. Je suis très étonnée du manque de réaction de la société civile sur ce point. La décarbonation est bien sûr nécessaire mais le nucléaire n’est pas l’unique solution. C’est d’ailleurs une solution qui présente de nombreux risques et qui est très polluante. On parle de déchets radioactifs qui le resteront pendant des milliers d’années. Ça nous projette dans des dimensions temporelles qui sont irreprésentables. C’est l’un des grands enjeux de la réception de l’exposition par le public. J’espère que celle-ci permettra d’identifier les problématiques et les risques, tant qu’il est encore temps de changer les choses. Je suis donc très curieuse de voir comment le public va réagir et suis très reconnaissante au Delta d’avoir accueilli le projet d’exposition. Le Delta et le Confluent des Savoirs ont d’ailleurs fait un travail de vulgarisation des informations afin de communiquer les connaissances que nous avons sur le nucléaire de façon plus efficace. Ces informations posent un cadre à l’exposition, mais l’interprétation des œuvres reste totale pour le public. Chacun est libre de les recevoir comme il le souhaite. J’espère en tout cas que cette exposition questionnera le public et permettra au débat de s’enclencher.

Comment avez-vous sélectionné les dix artistes belges et internationaux sur lesquels est basé votre travail ?

En partant de la réalité belge et d’une artiste, Cécile Massart, qui, depuis 30 ans, se consacre à cette question du nucléaire civil et à la gestion des déchets et plus particulièrement à la visibilisation des emplacements de stockage. Cécile Massart a créé des marqueurs des sites d’enfouissement. Son travail pionnier m’a sensibilisée à la question du nucléaire. J’ai aussi été confrontée aux travaux d’un jeune photographe qui s’est intéressé à Tihange pour son travail de fin d’étude. L’ancrage belge tombait donc sous le sens. Ensuite, c’est mon intérêt pour les accidents nucléaires qui m’a conduite vers d’autres photographes, comme Anaïs Tondeur. Enfin, je me suis intéressée au nucléaire militaire et d’autres photographes se sont imposés. Finalement, les dix photographes sélectionnés offrent une représentation diversifiée de la chaîne du nucléaire (déchets, traitement du matériel, démantèlement, occupation militante, etc.) et des enjeux civils et militaires. 

L’exposition photo n’est pas le seul médium que vous utilisez pour présenter votre recherche. Vous sortez également un livre, nommé comme l’exposition, et organisez une journée d’étude. En quoi le livre complète-t-il ou prolonge-t-il l’expérience de l’exp

Le livre, (Faire) face au nucléaire, qui sortira fin mars, et l’exposition sont deux médiums indépendants. Le livre n’est pas un catalogue de l’exposition. On y retrouve la plupart des artistes mais pas nécessairement les œuvres qui y sont exposées. Le livre permet d’approfondir l’analyse et de contextualiser l’appréhension du nucléaire au regard des œuvres. Il s’intéresse également à l’esthétique des œuvres de façon plus poussée. Les données présentes dans le livre sont aussi plus chiffrées et précises que celles qui figurent dans l’exposition. Le livre trace les contours d’un travail de recherche approfondi. Mais je tiens à préciser que le thème du livre est l’histoire de l’art et non pas la physique. Il permet toutefois de saisir le contexte général, les grands éléments et enjeux du nucléaire. 

L’ouvrage donne également à comprendre le positionnement des artistes face à la question du nucléaire. Certains sont anti-nucléaire, d’autres sont plus nuancés. Le livre présente donc tout un spectre de positionnement sur la question. J’espère qu’il va également permettre un débat public et de sortir des positions polarisées « pour » ou « contre » le nucléaire. Le livre a vocation à réinstaller des informations factuelles dans le débat, plutôt que des opinions, mais aussi à remettre au centre la question du vivant. Il tente de proposer des connaissances et de la nuance. 

Après deux ans de recherche, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la manière dont l’art peut contribuer à la compréhension du nucléaire ?

Je suis plus convaincue que jamais que c’est un périmètre d’expression salutaire. Ces œuvres rendent concret ce qui est abstrait. La photographie est un véhicule artistique puissant qui a développé un intérêt pour ces questions. L’art autorise un espace de liberté inédit. Mais le périmètre de l’expression artistique est encore à défendre. Mon travail de recherche est aussi un enjeu de ce point de vue-là. Il montre que l’expression artistique est possible au moment où la culture subit des restrictions budgétaires. 

Cette recherche ouvre-t-elle la voie à de nouveaux projets ?

Je ne sais pas encore. Mener ce projet à bien était un gros challenge. Je vais continuer à accompagner le projet, à le diffuser sous d’autres formes et d’autres échanges (cours-conférences, vidéos, etc.) afin de le faire vivre encore. Dans un avenir plus ou moins proche, je souhaite continuer à pouvoir avancer sur l’art actuel en Belgique francophone et continuer à m’intéresser à des questions sociétales.

(Faire) face au nucléaire : l'expo

Du 28 mars au 02 août 2026

Tarifs : 10 € > 5 €

L’exposition est accessible de 11h à 18h du mardi au vendredi et de 10h à 18h les samedis et dimanches.

Tout public

Autour de l’exposition :

(Faire) face au nucléaire : le livre

Sortie fin mars

Éditions La Lettre Volée

25€

(Faire) face au nucléaire : la journée d'étude

Vendredi 27 mars de 9h30 à 17h30

Au B&LC (rue Godefroid 5 à Namur)

La matinée sera consacrée au nucléaire à travers le prisme des sciences exactes et des sciences humaines. L’après-midi sera consacrée aux interventions d’artistes.

Médecine et littérature : quand les mots soignent aussi

Médecine
Littérature
Histoire

Le 21 février dernier, l’Université de Namur a accueilli le colloque « Médecine et littérature », organisé par le groupe d’histoire de la médecine et des sciences de la santé, avec le soutien de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Près de 70 participants se sont réunis dans les locaux de la Faculté de médecine pour une journée de réflexion particulièrement ouverte et stimulante, consacrée aux liens profonds et anciens entre pratiques médicales et création littéraire.

Photo représentant un livre et un stéthoscope

Tout au long de la journée, le colloque a exploré la manière dont les récits, les figures médicales et l’expérience de la maladie nourrissent l’écriture littéraire, mais aussi la pensée et la pratique médicales. Plusieurs interventions ont montré combien la médecine peut être envisagée comme une discipline profondément narrative, où l’écoute, l’interprétation et la transmission jouent un rôle central. La littérature, quant à elle, s’est emparée de thèmes tels que la maladie, l’addiction, la souffrance ou le soin, offrant des regards sensibles et critiques sur l’expérience humaine de la vulnérabilité. 

Le dialogue entre disciplines s’est révélé particulièrement fécond. D’une part, des médecins sont devenus de grands écrivains ; d’autre part, l’écriture et la lecture sont au cœur des avancées de la science médicale et peuvent aussi revêtir un pouvoir thérapeutique en soi.

Les disciplines des lettres et de la médecine, représentées notamment par Simon Absil, Yves Poumay, Elisabeth Leijnse, Emma‑Louise Silva et Anne Roekens, ont démontré combien elles gagnent à être croisées, tant dans la recherche que dans la formation des futurs professionnels de la santé.

La journée s’est conclue par une visite du laboratoire d’anatomie, suivie d’une présentation virtuelle des ouvrages précieux de la BUMP en lien avec la médecine.

William Lejeune : un premier pas entre deux rives de l’Atlantique

Étudiants

Fruit du jumelage historique entre les villes de Namur et de Lafayette, la collaboration entre l’UNamur et l’University of Louisiana at Lafayette a pris une nouvelle dimension académique ces dernières années. Officialisé en 2022 par la signature d’un accord-cadre, ce partenariat a donné naissance à un programme de mobilité visant à renforcer l’usage du français et la francophonie au sein des deux universités. En 2026, cette coopération trouve une incarnation concrète avec l’arrivée à Namur de William Lejeune, inscrit en deuxième année d’orthophonie et premier étudiant cajun à bénéficier de ce dispositif, soutenu notamment par une bourse de la Fondation Lafayette. Entre découverte culturelle, défis linguistiques et ambitions académiques, il raconte son expérience de l’autre côté de l’Atlantique.

Portrait de William Lejeune

Raconte-nous ton histoire, qu’est ce qui t’a mené jusqu’à l’UNamur ?

J’étudie l’orthophonie en faculté de « liberal arts » (ici, philosophie et lettre) au sein de l’University of Louisiana.

J’ai appris là-bas que la ville de Lafayette et celle de Namur étaient jumelées. Ce lien a joué un rôle décisif dans ma décision de partir en échange, car il a rendu l’organisation du séjour beaucoup plus simple. Grâce au CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane), j’ai pu obtenir une bourse sans laquelle je n’aurais probablement jamais pu venir étudier à Namur.

Après 11h de vol, je suis arrivé en Belgique fin janvier où je resterai jusqu’à la fin du mois de juin pour passer mes examens.

Comment te sens-tu après ces premiers jours de cours ?

Je trouve les professeurs et les élèves très bienveillants. Ils sont aussi compréhensifs de ma situation et du fait que le français n’est pas ma langue maternelle. Ils sont présents pour moi si j'en ai besoin, pour m'aider, parler plus lentement ou encore répondre à mes questions. Je ressens leur volonté de me proposer l’expérience la plus agréable possible.

En revanche, je rencontre encore des difficultés à comprendre le français, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi de suivre des cours dans lesquels j’ai déjà des connaissances approfondies, comme la linguistique générale par exemple. 

Les cours sont d’ailleurs assez différents de ceux des États-Unis. Là-bas, ils ont lieu plusieurs fois par semaine selon un horaire fixe. Ici, ils sont souvent regroupés en une seule séance et l’horaire peut changer en fonction des semaines. C’était un peu surprenant au début, mais on s’y habitue vite.

En parlant de différences, lesquelles t’ont le plus marqué depuis ton arrivée ?

D’abord, la ville est accessible pour les piétons. Aux USA, c’est très compliqué de se déplacer sans voitures et les transports publics doivent être améliorés. Ici, les transports en commun sont disponibles dans toutes les villes, même dans les régions les plus rurales, comme celle d’où je viens.

J’ai aussi été surpris par le fait que les magasins ne soient pas ouverts toute la nuit. En Louisiane, et même partout aux USA, les magasins sont ouverts 24h/24. C’est étrange pour moi, tout comme le fait qu’il n’existe pas vraiment de magasin dans lesquels il est possible de trouver absolument tout. Chez moi, il existe une chaîne d'hypermarchés proposant une offre massive à prix réduits. Dans ce magasin tu peux trouver, des vêtements, de la nourriture, … à peine quelques rayons plus loin.

Cependant, il existe aussi des similitudes entre la Louisiane et la Belgique. Par exemple, la culture francophone reste marquée en Louisiane, un peu comme le Wallon ici dans le sud de la Belgique.

À ton avis, en quoi cet échange va-t-il enrichir ton parcours et ta formation, au-delà de ce que t’offrait la Louisiane ?

En tant qu’étudiant en orthophonie, il faut que j’obtienne un diplôme de master. Le problème, c’est qu’accéder à une Université qui propose cette formation aux États-Unis, ce n’est pas évident car c’est un milieu très compétitif. En plus de développer mes compétences linguistiques, je pense que cet échange va me permettre de me démarquer des autres étudiants. Actuellement, je parle anglais, français et un petit peu espagnol et portugais. J'espère que ces capacités m’offriront un réel avantage pour être accepté dans cette école.

À la fin de ton séjour, qu’aimerais-tu avoir accompli ?

J’aimerais pouvoir voyager énormément. Pour le moment, j’ai déjà visité Dinant et Bruxelles, mais je souhaite découvrir encore beaucoup d’autres destinations européennes. 

Quand je parle à mes amis ou mes colocataires, je leur dis souvent que je voudrais aller au Portugal. Ils me répondent à chaque fois que c’est loin mais ça ne l’est pas pour moi, au contraire, c’est juste à côté. En Louisiane, je fais 40 minutes de trajet juste pour aller à l'université de Lafayette. Ici, après 40 minutes de route, je suis déjà presque arrivé à Bruxelles ! Les Européens n’ont pas la même notion des distances que les Américains.

Je me réjouis de découvrir plein d’autres choses à Namur, en Belgique et partout en Europe.

Tu es le premier étudiant louisianais à venir sur notre campus, ressens-tu une certaine responsabilité à ce sujet ?

Oui et j’espère franchement que mon expérience donnera envie à d’autres étudiants de tenter la même aventure dans les années à venir, y compris à ceux qui n’apprennent pas le français dans le cadre de leurs études.

Un échange de ce genre est toujours intéressant, que ce soit à Namur, dans d’autres pays francophones d’Europe ou même au Québec. 

Illustration sur Lafayette (Louisiane)

Les programmes de mobilité à l’UNamur

Crédit photos : NEW ASBL.

Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir

Histoire
ODD 11 - Villes et communautés durables

En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.

Boudin Blan de Liège

Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée). 

« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.

Image
Natacha Aucuit

L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL 

Natacha Aucuit Historienne

Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.

Miel wallon

« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.

Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition

En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP. 

« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.

Boudin de Liège
Boudin de Liège

Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit. 

Un travail continu sur les produits du terroir

Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation : 

  • La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
  • La Fraise de Wépion

Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :

  • Plate de Florenville IGP
  • Saucisson d’Ardenne IGP
  • Collier Ardenne IGP
  • Pipe d’Ardenne IGP
  • Escavèche de Chimay IGP
  • Saucisson gaumais IGP

Le projet Agrilabel

Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.

Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.

Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.

Quand la photographie interroge les enjeux (géo)politiques, économiques et environnementaux du nucléaire

Evénement

Entre risques de « globocide » et gestion millénaire des déchets, le nucléaire cristallise les angoisses de notre époque tout en restant largement invisible dans le débat public. Porté par une recherche FNRS menée par Danielle Leenaerts, chargée de cours au Département d’archéologie et sciences de l’art, un projet tripartite comprenant exposition, livre et journée d’étude interdisciplinaires, offre une plongée inédite dans la représentation du nucléaire par des artistes belges et internationaux. 

Nucléaire

Alors que la prolongation des centrales de Tihange et Doel suscite peu de réactions, le projet de recherche de Danielle Leenaerts, utilise l’art pour relancer la discussion de façon inédite. Ce projet a en effet la particularité de décliner la représentation du nucléaire civil et militaire en différents médiums qui dialoguent entre eux, à savoir : une exposition photo au Delta, un livre et une journée d’étude. Son travail confronte les regards d’artistes aux positionnements variés et refuse la polarisation du débat. L’objectif est plutôt d’amener la société à regarder en face une réalité qu’elle s’efforce d’occulter. Une démarche qui prouve que la culture et la recherche sont des leviers essentiels pour appréhender les défis géopolitiques et environnementaux actuels. Rencontre.

Comment est né ce projet de recherche sur la représentation du nucléaire par les artistes photographes ?

Il s’inscrit en parallèle à l’enseignement de l’histoire de l’art contemporain. Dans ce cadre, j’ai obtenu un crédit de recherche FNRS – PDR qui a donné une assise plus large au projet. J’ai donc pu le penser de manière tripartite avec une exposition, un livre et une journée d’étude.  

Je m’intéresse au nucléaire, car cette thématique cristallise l’essentiel des problématiques politiques, géopolitiques et humaines des 75 dernières années. D’une part, avec l’invention de la bombe atomique, en ce qui concerne le nucléaire militaire et, d’autre part, avec les usages exponentiels du nucléaire civil pour la production d’énergie. Selon le philosophe Günther Anders, nous sommes d’ailleurs passés à « l’âge atomique » avec le risque permanent de « globocide », c’est-à-dire la possibilité de détruire toute vie à la surface de la terre. Et nous sommes tout à fait conscients de cette réalité pour le nucléaire militaire. Mais l’être humain est aussi dans le déni des risques inhérents aux usages du nucléaire civil, comme l’a montré dernièrement la catastrophe de Fukushima. Il s’agit d’une vraie dissonance cognitive car nous connaissons les risques et la durée des retombées potentielles, mais nous ne réagissons pas. Pire, notre consommation énergétique explose, car le nucléaire civil est présenté comme la principale solution à la décarbonation. Une solution qui met de côté la question des risques et de la gestion des déchets nucléaires dont la durée de vie s’étend sur plusieurs siècles ou dizaines de millénaires. Ces questions, absolument essentielles, doivent être discutées par la société civile mais ne le sont pas. C’est aussi ce que je veux apporter avec ce projet de recherche : pouvoir débattre publiquement de la question du nucléaire, car nous sommes toutes et tous concernés et cela aura un impact sur notre avenir. 

Pourquoi avoir choisi la photographie ? Selon vous, qu’apporte-t-elle que d’autres médiums ne permettent pas ?

La photo était déjà la matière de ma thèse, cette question m’occupe donc depuis longtemps. C’est mon domaine d’activité principal en termes d’enseignement et de recherche. En effet, la photographie a longtemps été la grande absente des corpus de recherche en histoire de l’art qui traitent surtout des beaux-arts au sens large. Pour moi, c’était aussi important d’introduire ce type de représentations dans le champ universitaire et en particulier de l’histoire de l’art contemporain. Chemin faisant, j’ai eu connaissance de toute une série de travaux autour du nucléaire et j’y ai vu une tentative de visibilisation de ses enjeux. Les œuvres de ces artistes permettent de s’emparer de questions qui ne sont pas abordées dans le champ médiatique ou le sont de manière simplifiée, voire polarisante. 

J’ai aussi voulu éviter tout ce qui relève de la fiction quant à la question nucléaire. La photographie a une valeur d’attestation documentaire mais, en même temps, elle propose une représentation qui tient un discours sur le monde, à travers un véhicule esthétique qui invite à s’arrêter et à réfléchir. La photographie est un art qui permet d’associer des images à des concepts et d’humaniser la problématique du nucléaire. 

Le nucléaire est au cœur de l’actualité, entre enjeux climatiques, vieillissement des infrastructures et tensions géopolitiques. Comment cette actualité nourrit-elle la réception des œuvres ?

Actuellement, le gouvernement a décidé de ne pas sortir du nucléaire et a prolongé la vie des centrales de Tihange et Doel. Je suis très étonnée du manque de réaction de la société civile sur ce point. La décarbonation est bien sûr nécessaire mais le nucléaire n’est pas l’unique solution. C’est d’ailleurs une solution qui présente de nombreux risques et qui est très polluante. On parle de déchets radioactifs qui le resteront pendant des milliers d’années. Ça nous projette dans des dimensions temporelles qui sont irreprésentables. C’est l’un des grands enjeux de la réception de l’exposition par le public. J’espère que celle-ci permettra d’identifier les problématiques et les risques, tant qu’il est encore temps de changer les choses. Je suis donc très curieuse de voir comment le public va réagir et suis très reconnaissante au Delta d’avoir accueilli le projet d’exposition. Le Delta et le Confluent des Savoirs ont d’ailleurs fait un travail de vulgarisation des informations afin de communiquer les connaissances que nous avons sur le nucléaire de façon plus efficace. Ces informations posent un cadre à l’exposition, mais l’interprétation des œuvres reste totale pour le public. Chacun est libre de les recevoir comme il le souhaite. J’espère en tout cas que cette exposition questionnera le public et permettra au débat de s’enclencher.

Comment avez-vous sélectionné les dix artistes belges et internationaux sur lesquels est basé votre travail ?

En partant de la réalité belge et d’une artiste, Cécile Massart, qui, depuis 30 ans, se consacre à cette question du nucléaire civil et à la gestion des déchets et plus particulièrement à la visibilisation des emplacements de stockage. Cécile Massart a créé des marqueurs des sites d’enfouissement. Son travail pionnier m’a sensibilisée à la question du nucléaire. J’ai aussi été confrontée aux travaux d’un jeune photographe qui s’est intéressé à Tihange pour son travail de fin d’étude. L’ancrage belge tombait donc sous le sens. Ensuite, c’est mon intérêt pour les accidents nucléaires qui m’a conduite vers d’autres photographes, comme Anaïs Tondeur. Enfin, je me suis intéressée au nucléaire militaire et d’autres photographes se sont imposés. Finalement, les dix photographes sélectionnés offrent une représentation diversifiée de la chaîne du nucléaire (déchets, traitement du matériel, démantèlement, occupation militante, etc.) et des enjeux civils et militaires. 

L’exposition photo n’est pas le seul médium que vous utilisez pour présenter votre recherche. Vous sortez également un livre, nommé comme l’exposition, et organisez une journée d’étude. En quoi le livre complète-t-il ou prolonge-t-il l’expérience de l’exp

Le livre, (Faire) face au nucléaire, qui sortira fin mars, et l’exposition sont deux médiums indépendants. Le livre n’est pas un catalogue de l’exposition. On y retrouve la plupart des artistes mais pas nécessairement les œuvres qui y sont exposées. Le livre permet d’approfondir l’analyse et de contextualiser l’appréhension du nucléaire au regard des œuvres. Il s’intéresse également à l’esthétique des œuvres de façon plus poussée. Les données présentes dans le livre sont aussi plus chiffrées et précises que celles qui figurent dans l’exposition. Le livre trace les contours d’un travail de recherche approfondi. Mais je tiens à préciser que le thème du livre est l’histoire de l’art et non pas la physique. Il permet toutefois de saisir le contexte général, les grands éléments et enjeux du nucléaire. 

L’ouvrage donne également à comprendre le positionnement des artistes face à la question du nucléaire. Certains sont anti-nucléaire, d’autres sont plus nuancés. Le livre présente donc tout un spectre de positionnement sur la question. J’espère qu’il va également permettre un débat public et de sortir des positions polarisées « pour » ou « contre » le nucléaire. Le livre a vocation à réinstaller des informations factuelles dans le débat, plutôt que des opinions, mais aussi à remettre au centre la question du vivant. Il tente de proposer des connaissances et de la nuance. 

Après deux ans de recherche, quel regard portez-vous aujourd’hui sur la manière dont l’art peut contribuer à la compréhension du nucléaire ?

Je suis plus convaincue que jamais que c’est un périmètre d’expression salutaire. Ces œuvres rendent concret ce qui est abstrait. La photographie est un véhicule artistique puissant qui a développé un intérêt pour ces questions. L’art autorise un espace de liberté inédit. Mais le périmètre de l’expression artistique est encore à défendre. Mon travail de recherche est aussi un enjeu de ce point de vue-là. Il montre que l’expression artistique est possible au moment où la culture subit des restrictions budgétaires. 

Cette recherche ouvre-t-elle la voie à de nouveaux projets ?

Je ne sais pas encore. Mener ce projet à bien était un gros challenge. Je vais continuer à accompagner le projet, à le diffuser sous d’autres formes et d’autres échanges (cours-conférences, vidéos, etc.) afin de le faire vivre encore. Dans un avenir plus ou moins proche, je souhaite continuer à pouvoir avancer sur l’art actuel en Belgique francophone et continuer à m’intéresser à des questions sociétales.

(Faire) face au nucléaire : l'expo

Du 28 mars au 02 août 2026

Tarifs : 10 € > 5 €

L’exposition est accessible de 11h à 18h du mardi au vendredi et de 10h à 18h les samedis et dimanches.

Tout public

Autour de l’exposition :

(Faire) face au nucléaire : le livre

Sortie fin mars

Éditions La Lettre Volée

25€

(Faire) face au nucléaire : la journée d'étude

Vendredi 27 mars de 9h30 à 17h30

Au B&LC (rue Godefroid 5 à Namur)

La matinée sera consacrée au nucléaire à travers le prisme des sciences exactes et des sciences humaines. L’après-midi sera consacrée aux interventions d’artistes.

Médecine et littérature : quand les mots soignent aussi

Médecine
Littérature
Histoire

Le 21 février dernier, l’Université de Namur a accueilli le colloque « Médecine et littérature », organisé par le groupe d’histoire de la médecine et des sciences de la santé, avec le soutien de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Près de 70 participants se sont réunis dans les locaux de la Faculté de médecine pour une journée de réflexion particulièrement ouverte et stimulante, consacrée aux liens profonds et anciens entre pratiques médicales et création littéraire.

Photo représentant un livre et un stéthoscope

Tout au long de la journée, le colloque a exploré la manière dont les récits, les figures médicales et l’expérience de la maladie nourrissent l’écriture littéraire, mais aussi la pensée et la pratique médicales. Plusieurs interventions ont montré combien la médecine peut être envisagée comme une discipline profondément narrative, où l’écoute, l’interprétation et la transmission jouent un rôle central. La littérature, quant à elle, s’est emparée de thèmes tels que la maladie, l’addiction, la souffrance ou le soin, offrant des regards sensibles et critiques sur l’expérience humaine de la vulnérabilité. 

Le dialogue entre disciplines s’est révélé particulièrement fécond. D’une part, des médecins sont devenus de grands écrivains ; d’autre part, l’écriture et la lecture sont au cœur des avancées de la science médicale et peuvent aussi revêtir un pouvoir thérapeutique en soi.

Les disciplines des lettres et de la médecine, représentées notamment par Simon Absil, Yves Poumay, Elisabeth Leijnse, Emma‑Louise Silva et Anne Roekens, ont démontré combien elles gagnent à être croisées, tant dans la recherche que dans la formation des futurs professionnels de la santé.

La journée s’est conclue par une visite du laboratoire d’anatomie, suivie d’une présentation virtuelle des ouvrages précieux de la BUMP en lien avec la médecine.

William Lejeune : un premier pas entre deux rives de l’Atlantique

Étudiants

Fruit du jumelage historique entre les villes de Namur et de Lafayette, la collaboration entre l’UNamur et l’University of Louisiana at Lafayette a pris une nouvelle dimension académique ces dernières années. Officialisé en 2022 par la signature d’un accord-cadre, ce partenariat a donné naissance à un programme de mobilité visant à renforcer l’usage du français et la francophonie au sein des deux universités. En 2026, cette coopération trouve une incarnation concrète avec l’arrivée à Namur de William Lejeune, inscrit en deuxième année d’orthophonie et premier étudiant cajun à bénéficier de ce dispositif, soutenu notamment par une bourse de la Fondation Lafayette. Entre découverte culturelle, défis linguistiques et ambitions académiques, il raconte son expérience de l’autre côté de l’Atlantique.

Portrait de William Lejeune

Raconte-nous ton histoire, qu’est ce qui t’a mené jusqu’à l’UNamur ?

J’étudie l’orthophonie en faculté de « liberal arts » (ici, philosophie et lettre) au sein de l’University of Louisiana.

J’ai appris là-bas que la ville de Lafayette et celle de Namur étaient jumelées. Ce lien a joué un rôle décisif dans ma décision de partir en échange, car il a rendu l’organisation du séjour beaucoup plus simple. Grâce au CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane), j’ai pu obtenir une bourse sans laquelle je n’aurais probablement jamais pu venir étudier à Namur.

Après 11h de vol, je suis arrivé en Belgique fin janvier où je resterai jusqu’à la fin du mois de juin pour passer mes examens.

Comment te sens-tu après ces premiers jours de cours ?

Je trouve les professeurs et les élèves très bienveillants. Ils sont aussi compréhensifs de ma situation et du fait que le français n’est pas ma langue maternelle. Ils sont présents pour moi si j'en ai besoin, pour m'aider, parler plus lentement ou encore répondre à mes questions. Je ressens leur volonté de me proposer l’expérience la plus agréable possible.

En revanche, je rencontre encore des difficultés à comprendre le français, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi de suivre des cours dans lesquels j’ai déjà des connaissances approfondies, comme la linguistique générale par exemple. 

Les cours sont d’ailleurs assez différents de ceux des États-Unis. Là-bas, ils ont lieu plusieurs fois par semaine selon un horaire fixe. Ici, ils sont souvent regroupés en une seule séance et l’horaire peut changer en fonction des semaines. C’était un peu surprenant au début, mais on s’y habitue vite.

En parlant de différences, lesquelles t’ont le plus marqué depuis ton arrivée ?

D’abord, la ville est accessible pour les piétons. Aux USA, c’est très compliqué de se déplacer sans voitures et les transports publics doivent être améliorés. Ici, les transports en commun sont disponibles dans toutes les villes, même dans les régions les plus rurales, comme celle d’où je viens.

J’ai aussi été surpris par le fait que les magasins ne soient pas ouverts toute la nuit. En Louisiane, et même partout aux USA, les magasins sont ouverts 24h/24. C’est étrange pour moi, tout comme le fait qu’il n’existe pas vraiment de magasin dans lesquels il est possible de trouver absolument tout. Chez moi, il existe une chaîne d'hypermarchés proposant une offre massive à prix réduits. Dans ce magasin tu peux trouver, des vêtements, de la nourriture, … à peine quelques rayons plus loin.

Cependant, il existe aussi des similitudes entre la Louisiane et la Belgique. Par exemple, la culture francophone reste marquée en Louisiane, un peu comme le Wallon ici dans le sud de la Belgique.

À ton avis, en quoi cet échange va-t-il enrichir ton parcours et ta formation, au-delà de ce que t’offrait la Louisiane ?

En tant qu’étudiant en orthophonie, il faut que j’obtienne un diplôme de master. Le problème, c’est qu’accéder à une Université qui propose cette formation aux États-Unis, ce n’est pas évident car c’est un milieu très compétitif. En plus de développer mes compétences linguistiques, je pense que cet échange va me permettre de me démarquer des autres étudiants. Actuellement, je parle anglais, français et un petit peu espagnol et portugais. J'espère que ces capacités m’offriront un réel avantage pour être accepté dans cette école.

À la fin de ton séjour, qu’aimerais-tu avoir accompli ?

J’aimerais pouvoir voyager énormément. Pour le moment, j’ai déjà visité Dinant et Bruxelles, mais je souhaite découvrir encore beaucoup d’autres destinations européennes. 

Quand je parle à mes amis ou mes colocataires, je leur dis souvent que je voudrais aller au Portugal. Ils me répondent à chaque fois que c’est loin mais ça ne l’est pas pour moi, au contraire, c’est juste à côté. En Louisiane, je fais 40 minutes de trajet juste pour aller à l'université de Lafayette. Ici, après 40 minutes de route, je suis déjà presque arrivé à Bruxelles ! Les Européens n’ont pas la même notion des distances que les Américains.

Je me réjouis de découvrir plein d’autres choses à Namur, en Belgique et partout en Europe.

Tu es le premier étudiant louisianais à venir sur notre campus, ressens-tu une certaine responsabilité à ce sujet ?

Oui et j’espère franchement que mon expérience donnera envie à d’autres étudiants de tenter la même aventure dans les années à venir, y compris à ceux qui n’apprennent pas le français dans le cadre de leurs études.

Un échange de ce genre est toujours intéressant, que ce soit à Namur, dans d’autres pays francophones d’Europe ou même au Québec. 

Illustration sur Lafayette (Louisiane)

Les programmes de mobilité à l’UNamur

Crédit photos : NEW ASBL.

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Événements

27
2026

(Faire) face au nucléaire - journée d'étude

Événement

(Faire) face au nucléaire - journée d'étude

Histoire de l'art et archéologie
Physique
27
2026 09:30 - 17:30
Business and Learning Centre - Rue Godefroid, 7 - 5000 Namur
Personne de contact :  Leenaerts Danielle

Danielle Leenaerts invite une série d'intervenants autour de la question de la représentation du nucléaire, dans le cadre de son projet de recherche (FNRS-PDR) sur la représentation du nucléaire civil et militaire par les artistes photographes.

Matinée (9h30-12h30)                                  

Modérateur : Thibault DE MEYER (philosophe, UNamur)

Approches pluridisciplinaires de la réalité nucléaire

  • Introduction 9h30 (Danielle LEENAERTS)
  • 9h40 : Giacomo LOPOPOLO (doctorant, Physique, UNamur)

    De l’atome à l’énergie nucléaire.

    Dans cette présentation, nous reprendrons les bases de l’énergie nucléaire. Pour comprendre son origine, nous repartirons du modèle de l’atome. Nous verrons alors que la radioactivité provient des noyaux (atomiques) instables. Ensuite, les différents types de désintégrations radioactives seront abordés ainsi que leurs propriétés générales. Une fois ces bases posées, nous constaterons que la radioactivité est partout autour de nous, c’est la « radioactivité naturelle ». Enfin, nous (re)découvrirons comment les physiciens des années 30 ont compris tout le potentiel de l’énergie nucléaire.

  • 10h05 : Julien COLAUX (physicien, UNamur)

    Le nucléaire : entre défis, sécurité et bénéfices.

    Cette présentation explore le fonctionnement des centrales nucléaires et leurs principales technologies, en comparant la sûreté des REP (Belgique) avec les vulnérabilités des RBMK (Tchernobyl). Elle aborde la gestion des déchets radioactifs, la place du nucléaire dans le mix énergétique belge et illustre les bénéfices de la radioactivité, notamment en médecine, industrie et recherche.

  • 10H30 : Martin DENOUN (postdoctorant, Sociologie, ULiège)

    Perceptions nucléaires. Des photons aux fissures, retour quelques régimes de perceptibilité en milieu nucléaire.

    A partir de deux exemples, nous proposerons de parcourir quelques régimes de perceptibilité en milieu nucléaire. Souvent problématisés comme invisibles, les rayonnements ont pourtant fait l’objet d’intenses efforts de mises en visibilité. Le premier cas sera celui, entre 1905 et 1945 des impressions sur papier et pellicule photographique. Le second concernera des fissures millimétriques découvertes sur l’ensemble des réacteurs français à partir de 2021.

  • 10h55-11h15 : Pause
  • 11h15 : Christine BERGÉ (anthropologue, EHESS, Paris)

    Fin de vie d'une centale nucléaire. Culture industrielle, vertige mémoriel

    Une centrale nucléaire est un objet vulnérable. La décision de démanteler accentue cette vulnérabilité en provoquant des paradoxes. L'objet industriel passe d'une histoire de production à une histoire inversée, qui n'est pas celle de la destruction : méthodiquement, il faut morceler et archiver ce qui vivait comme un tout organique. La culture de la production s'ouvre vers le deuil, puis vers le "retour d'expérience", et invente une mémoire confrontée à l'irreprésentable.

  • 11h40 : Laetitia RISS (doctorante, Philosophie, UNamur)

    La lumière aveuglante de la bombe. Günther Anders, penseur de l’âge atomique

    Le flash de la bombe nucléaire est sans équivalent dans l’histoire : il éblouit d’une lumière d’anéantissement. Cette contribution propose ainsi de montrer en quoi l'entrée dans « l’âge atomique » bouleverse la philosophie qui doit désormais penser depuis un inquiétant clair-obscur, à l'instar de ce que suggère le premier philosophe de la bombe : Günther Anders. 

12h05-12h30 : Discussion

                                                   

Après-midi (14h30-17h30)                           

 Modératrice : Danielle LEENAERTS (historienne de l’art, UNamur-ULB)

Les artistes et la question nucléaire

  • 14h30 : Galia ACKERMAN (chercheuse émérite, Histoire, Université de Caen) 

    Tchernobyl et l'expression artistique

    La catastrophe de Tchernobyl et la liquidation de ses conséquences, ainsi que le sort des populations déplacées, ont généré une riche production artistique : des photos, des œuvres d'art, des livres (documents et fiction), des spectacles, des films, mais aussi des graffitis ou des dessins d'enfants. Il sera également question d’un gigantesque travail des ethnographes ukrainiens et biélorusses qui ont sillonné la zone contaminée pour récupérer des objets de culture populaire abandonnés et collecter le folklore des populations déplacées. 

    Les artistes présenteront chacun leur travail en rapport au nucléaire :

  • 15h : Anaïs TONDEUR (artiste, Paris)
  • 15h20 : Cécile MASSART (artiste, Bruxelles)
  • 15h40 : Jacqueline SALMON (photographe, Paris)
  • 16h-16h20 : pause
  • 16h20 : Lucas CASTEL (photographe, Bruxelles)
  • 16h40 : Alain DE HALLEUX (cinéaste, Bruxelles)

17h-17h30 : Discussion et clôture

18h30 : vernissage de l’exposition (Faire) face au nucléaire, Le Delta, Namur

Affiche journée d'étude (faire) face au nucléaire
03
2026

En quête de Soi. Approche de la philosophie du yoga

Séminaire

En quête de Soi. Approche de la philosophie du yoga

Philosophie
3
2026 10:40 - 12:40
Université de Namur, Faculté de Philosophie et Lettres, auditoire L34 - rue Grafé, 1 - 5000 Namur
Personne de contact :  Monseu-Van Cleemput Nicolas

Dans le cadre du cours "Orient et philosophie", le Département de philosophie de la Faculté de Philosophie et Lettres reçoit le Professeur Marc Ballanfat (Sorbonne-Université/Facultés Loyola Paris) autour de ses travaux sur le thème de la conscience dans la philosophie du yoga.

Affiche de l'évènement

Le Département de philosophie a le plaisir de recevoir le Professeur Marc Ballanfat pour une conférence sur la question du Soi dans la philosophie du Yoga. 

Le yogasutra est un texte de base de la philosophie indienne et permet d'éclairer à la fois la pratique du yoga et la philosophie sur laquelle elle repose. Le yoga conduit à élever l'humain à la conscience de sa nature profonde et à lui permettre de pratiquer un chemin dans lequel il puisse s'avancer vers la libération de la conscience et des agitations de la vie mentale. Cette conférence s'appuie en partie sur la nouvelle traduction du yogasutra par M. Ballanfat: Patanjali, Yogasutra. Les aphorismes de l'école du Yoga, Albin Michel, Paris, 2023. Cet événement est organisé en collaboration avec la Fédération belge de Yoga et l'Association Belge des Enseignants et des pratiquants de Yoga (Abepy).

Inscription souhaitée.

Contact : Nicolas Monseu - nicolas.monseu@unamur.be

08
2026

Soutenance publique de thèse de doctorat en Langues, lettres et traductologie - Clara Lombart

Défense de thèse

Soutenance publique de thèse de doctorat en Langues, lettres et traductologie - Clara Lombart

Langue des signes (LSFB)
Langues
8
2026 16:00 - 19:00
Université de Namur, Auditoire L21 (Faculté de Philosophie et Lettres) - Rue Joseph Grafé 1 - 5000 Namur

"In search of harmony in contrast (IVE focus): a cross-modal and crosslinguistic analysis of prosody and information structure in french and LSFB."

Quand nous communiquons, nous adaptons en permanence notre manière de parler de façon à être compris. L’objectif est d’éviter de noyer notre interlocuteur sous trop d’informations nouvelles, tout en évitant de répéter inutilement des informations qu’il connaît déjà. Dans ce contexte, certaines informations sont mises en avant dans le discours parce qu’elles sont considérées comme nouvelles ou importantes pour l’interlocuteur.

Cette thèse s’intéresse précisément à la façon dont nous insistons sur ce type d’information dans une conversation. Elle vise à comprendre comment ces mécanismes fonctionnent, à la fois dans une langue vocale (en tenant compte aussi des gestes), le français, et dans une langue des signes, la LSFB. Quels sont les moyens utilisés ? À quelle fréquence ? Et comment sont-ils mobilisés dans une conversation ?

La présentation sera assurée en trois langues : LSFB, français et anglais.

Jury

  • Prof. Lieven VANDELANOTTE (Président), UNamur
  • Prof. Laurence MEURANT (Promotrice), FNRS – UNamur
  • Prof. Kathy HUET (Co-promotrice), UMons
  • Dr. Jorina BRYSBAERT, FNRS – UCLouvain
  • Prof. Véronique DELVAUX, FNRS – UMons
  • Prof. Gaëlle FERRÉ, Université de Poitiers
  • Prof. Pilar PRIETO VIVES, Universitat Pompeu Fabra
  • Dr. Anna PUUPPONEN, University of Jyväskylä

Vous êtes cordialement invités à assister à cette soutenance.
La proclamation sera suivie d’un drink à la Salle académique.

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Directeur du Département de philosophie
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