L'informatique au service du bien-être collectif et du développement personnel.
La Faculté d'informatique a pour vision celle d'un monde dans lequel l'usage intensif et croissant de l'informatique est orienté vers le bien-être collectif et le développement personnel. Sa mission est de contribuer à cette orientation au travers de la formation, la recherche scientifique et le service à la société.
Les études
Choisir d'étudier l'informatique c'est vous garantir un accès immédiat à un métier passionnant aux multiples facettes. Au travers d'une d'offre d'enseignement complète – bachelier, masters, master de spécialisation et doctorat – la Faculté d'informatique vous offre une formation de qualité basée sur la rigueur scientifique et l'esprit critique, tout en insistant sur l'interdisciplinarité et la responsabilité sociétale.
La recherche
La Faculté d'informatique a pour mission d'assurer une recherche scientifique de pointe, ouverte à la création et à l'intégration des connaissances qui nourrit l'enseignement, l'innovation technologique et le débat de société.
Service à la société
La Faculté d'informatique contribue au développement de notre environnement social, économique, technologique et politique par la diffusion des connaissances et le conseil tant au niveau régional, national et international. Par la synergie entre chercheurs et industriels, par la mise à disposition de savoir et de savoir-faire, elle participe à de nombreuses missions de service à la société.
International
L’ouverture de la Faculté d’informatique à l’international est fondamentale pour le développement de ses activités d’enseignement et de recherche.
Organisation
La Faculté d'informatique s'est organisée afin de pouvoir gérer ses missions de manière optimale. Elle compte une centaine de membres au service de l'enseignement, de la recherche et du service à la société.
Le mot du Doyen
L'informatique est une clé de compréhension, de progrès et de responsabilité face aux défis et aux enjeux de notre société.
Animation
Une série d’événements et d’acteurs gravitent autour de la Faculté d’informatique.
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Femmes de l’université
Femmes de l’université
A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université.
Tout au long du mois de mars, une série de portraits de femmes de l’université sera visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.
Portraits de femmes de l’université
Séphora Boucenna, doyenne de la Faculté des Sciences de l’Education et de la Formation (FaSEF)
Un parcours atypique et évolutif
Professeure et aujourd’hui doyenne de la Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation, Séphora rejoint l’Université de Namur en novembre 1999. Elle y enseigne en formation initiale des enseignants ainsi que dans le master de spécialisation en accompagnement des professionnels (Mapemass).
Son parcours académique n’a rien de linéaire. Elle débute par des candidatures en sciences de l’information à l’ULB, avant de mettre ses études entre parenthèses pour entrer dans la vie professionnelle. Elle y revient quelques années plus tard, avec une licence en sciences de l’éducation, puis un master et, enfin, un doctorat… entamé à l’âge de 40 ans.
C’est en dernière année de licence qu’elle rejoint l’UNamur, où elle est engagée comme chercheuse. Elle occupera cette fonction pendant vingt ans avant d’être nommée, plus récemment, professeure et doyenne.
L’université : entre exigences et proximité
Comment décrit‑elle l’ambiance de l’Université de Namur ? Elle répond sans détour : « C’est un milieu hostile comme tous les milieux de travail. Mais c’est aussi une université à taille humaine. » Une manière de dire que les défis existent, mais que la proximité et l’échelle réduite de l’institution permettent des relations plus directes et un fonctionnement plus humain.
Persévérance et patience : son message aux femmes dans le milieu universitaire
Selon elle, la présence des femmes dans le monde académique reste limitée. La Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation fait toutefois figure d’exception, les femmes y étant majoritaires.
« C’est une discipline fortement genrée », observe-t‑elle.
Aux jeunes femmes qui envisagent de suivre une voie similaire, elle adresse un conseil teinté de réalisme :
« Il faut être opiniâtre et patiente. »
Elle raconte avoir construit son parcours pas à pas, dans un contexte où les opportunités étaient rares. Malgré cela, elle parvient à enchaîner les contrats et à se faire une place durable dans le paysage universitaire. Elle a d’ailleurs joué un rôle central dans la création de la nouvelle Faculté, lors de la réforme de la formation initiale des enseignants.
Si sa trajectoire est le fruit d’un engagement constant et d’une grande ténacité, elle reconnaît aussi la part de hasard et de conjonctures favorables qui l’ont accompagnée.
Elle revient enfin sur la portée de la journée internationale du 8 mars, une journée qu’elle juge essentielle, même si elle estime qu’elle reste relativement peu suivie en Belgique.
Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences
Un parcours construit pas à pas
Après ses études secondaires, Justine entre à l’université sans idée précise de la direction à prendre, si ce n’est qu’elle souhaite s’orienter vers les sciences. Elle choisit finalement les mathématiques, sans certitude au départ, mais découvre progressivement un véritable intérêt pour la discipline. Son master, axé sur la recherche et enrichi d’un stage de quatre mois à l’étranger, confirme cette inclination et lui donne envie d’aller plus loin.
Elle évoque une discussion déterminante avec sa promotrice, qui l’amène à postuler pour un assistanat, un rôle où elle trouve l’équilibre parfait entre enseignement et recherche. « Aujourd’hui, après deux ans d’assistanat, je peux dire que mon intérêt pour la recherche s’est construit au fil du temps, grâce à mes études et à mes expériences. »
Un avenir à définir, mais avec le spatial en ligne de mire
Dans le cadre de son doctorat, elle travaille en mécanique céleste et s’intéresse aux exoplanètes, ces planètes situées en dehors de notre système solaire. Son objectif : comprendre leur évolution sur le long terme et leur stabilité, qu’il s’agisse de collisions, d’éjections ou d’autres dynamiques possibles.
Une discipline qui lui permet de combiner ses deux passions : les mathématiques et le spatial. « Les mathématiques pures m’attirent moins, mais tout ce qui touche au spatial, et en particulier à la mécanique céleste, me passionne. »
En troisième année de doctorat, elle préfère avancer étape par étape. « Je ne planifie jamais très loin. J’ai, par exemple, décidé assez tard de postuler pour un assistanat. » Pour l’après‑thèse, rien n’est arrêté : elle verra si elle souhaite poursuivre dans la recherche ou se tourner vers un autre horizon. Seule certitude : elle veut rester dans le domaine spatial, sous une forme encore à définir.
La science pour toutes : un message de confiance
Lorsqu’elle évoque la question du genre, elle répond sans hésiter : elle n’a jamais rencontré de difficultés particulières, ni pendant ses études ni au début de sa carrière.
« Je ne me suis jamais sentie illégitime. Dans ma promotion, il y avait autant de femmes que d’hommes même si les mathématiques restent souvent perçues comme un domaine masculin. »
Elle nuance toutefois son propos lorsqu’elle évoque ses expériences à l’international. Lors de conférences, la présence féminine se fait plus rare.
« Ça fait toujours plaisir de croiser d’autres femmes, parce que la parité est loin d’être acquise. »
Au sein de l’université, en revanche, elle ne dit pas avoir ressenti d’obstacles liés à son genre.
Aux jeunes filles qui envisagent une carrière similaire, elle adresse un message simple et encourageant :
« Il ne faut vraiment pas hésiter. Les études en mathématiques et en sciences sont accessibles à toutes et la question du genre n’a rien à voir avec l’intérêt pour les sciences. Je me suis toujours dit que j’étais aussi légitime que n’importe qui d’autre. »
Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique
Un parcours académique international
Duvernelle a effectué toute sa scolarité au Cameroun, où elle s’oriente dès son entrée en secondaire vers une option centrée sur les mathématiques et les sciences physiques. Après deux années d’université en biologie animale, elle décide de changer de voie et postule en Belgique, à l’Université de Namur, pour entamer des études en informatique. Arrivée en 2023 pour recommencer une première année de bachelier, elle est aujourd’hui en troisième année.
De la biologie à l’informatique : une réorientation assumée
À l’origine, Duvernelle se voyait en médecine. La biologie animale devait être un tremplin avant de présenter le concours d’entrée en médecine. Mais au fil du temps, elle réalise qu’il s’agit surtout d’un rêve d’enfance, qui ne correspond plus à ses aspirations.
Elle choisit alors l’informatique, un domaine vaste, en pleine expansion, et dans lequel elle se projette davantage. Pour la suite, son objectif est clair : poursuivre en master en data science et intelligence artificielle, et peut‑être même se lancer dans un doctorat. Attirée par le milieu médical, elle aimerait un jour travailler dans la gestion et l’analyse de données de santé.
"Il faut se faire sa place et ne pas avoir peur”.
S’affirmer dans un domaine encore très masculin
Comme beaucoup d’étudiants internationaux, elle traverse des difficultés, mais celles-ci tiennent davantage à la transition culturelle et organisationnelle qu’aux études elles-mêmes : s’adapter à un nouveau pays, jongler entre les cours, un job étudiant et la vie quotidienne.
Le défi le plus marquant reste cependant celui de la place des femmes en informatique.
« Souvent seule fille dans mes classes, j’ai dû apprendre à m’affirmer et à trouver ma place dans un environnement largement masculin. »
À celles qui envisagent d’étudier l’informatique, elle adresse un message franc et encourageant :
« N’ayez pas peur. Le doute fait partie du parcours, mais l’informatique n’est pas réservée aux hommes. Les femmes ont autant de capacités, autant de potentiel. Si ce domaine vous attire, explorez-le : il est bien plus large que la programmation. Soyez curieuses, affirmez-vous. On ne vous donnera pas toujours votre place : il faudra parfois la construire vous‑mêmes. »
Alisson Kabili, technicienne de laboratoire à la Faculté de médecine.
Trouver sa voie au cœur du laboratoire
Alisson travaille à l’Université de Namur depuis un an et demi en tant que technicienne de laboratoire au sein de la Faculté de médecine. Son rôle est essentiel : accompagner les chercheurs dans leurs manipulations, préparer les travaux pratiques destinés aux étudiants, et assurer la gestion quotidienne du laboratoire, des commandes de réactifs au suivi du matériel.
Ce métier, elle ne l’a pas choisi tout de suite. Pendant ses études, elle doutait encore. C’est lors de son stage de fin de cursus qu’une évidence s’impose : elle aime le concret, l’action et la précision du geste scientifique.
« Technicienne de laboratoire, c’est un rôle discret, mais c’est vraiment le pilier de la recherche », résume-t‑elle.
Ce qui la motive au quotidien ? La diversité.
« Aucune journée ne se ressemble », confie-t‑elle.
En début de carrière, elle savoure la possibilité d’apprendre en continu dans un domaine où les technologies et les méthodes évoluent sans cesse.
Ce dont elle est le plus fière : contribuer, à son échelle, à des avancées qui touchent directement la santé et la société. Un moteur puissant, qui donne du sens à son travail.
Face aux stéréotypes, la compétence comme réponse
Alisson explique ne jamais avoir été confrontée personnellement à des stéréotypes ou à du sexisme ordinaire, tout en sachant que ces situations existent. Pour elle, la meilleure manière d’y répondre reste la même pour tous :
« La qualité du travail, que l’on soit une femme ou un homme. »
Aux jeunes filles intéressées par une carrière scientifique, elle rappelle l’importance d’une qualité essentielle :
"La curiosité. S’interroger, tester, explorer… autant de démarches qui nourrissent la recherche et permettent d’avancer."
Elle encourage aussi à découvrir concrètement le métier : passer une journée avec un professionnel, multiplier les stages, s’immerger dans des environnements différents. C’est d’ailleurs en comparant le milieu hospitalier, plus routinier, et celui de la recherche, plus dynamique à ses yeux, qu’elle a confirmé ses propres choix.
« Il faut se faire sa place et ne pas avoir peur », insiste‑t‑elle.
D’après son expérience, de plus en plus de femmes rejoignent les filières scientifiques. Une évolution encourageante, qu’elle invite à poursuivre malgré les stéréotypes encore présents. « Il ne faut surtout pas quitter ce domaine : il reste tant à découvrir et il offre de nombreuses possibilités d’épanouissement. »
Virginie Di Luca, assistante administrative à la Faculté d’Economie, Management, Communication et Sciences Politiques (EMCP)
Un parcours riche, multiple et résolument humain
Virginie a rejoint l’Université de Namur en février 2023 en tant que secrétaire du département sciences politiques, information et communication. Un rôle pivot, au cœur de la vie étudiante et académique.
Son parcours ne suit pas une ligne droite, et c’est ce qu’elle en aime aujourd’hui. Diplômée comme agente de voyage, elle part vivre à l’étranger, en Espagne puis en Australie. De retour en Belgique, elle change complètement de direction et se forme à la coiffure, avant de reprendre finalement des études en secrétariat de direction. Elle travaille ensuite pendant huit ans dans un cabinet médical.
Cette diversité d’expériences est, pour elle, une richesse :
« Si j’avais commencé directement à l’UNamur, je n’aurais pas découvert l’envers du décor. Aujourd’hui, j’ai touché à des domaines très différents, le tourisme, la santé, l’administration, et ça me plaît. »
“On peut toujours arriver à son but par des chemins détournés ! »
Trouver sa place, malgré les détours
Ce qui lui a posé le plus de défis ? Trouver un emploi dans lequel elle se sente véritablement à sa place. C’est cela qui a motivé ses réorientations successives. Indépendante de nature, elle dit avoir toujours suivi son instinct, parfois en dépit des avis extérieurs.
Si elle n’a pas été confrontée au sexisme, elle évoque en revanche des situations de classisme :
« On m’a parfois fait sentir que je n’avais pas le bon diplôme ou le bon rang. »
Aux étudiantes qu’elle accompagne, elle répète souvent la même chose :
« Lâchez prise. Ne vous angoissez pas. Même par un chemin détourné, on peut arriver au même résultat. » Elle insiste sur le droit à l’erreur : « Un échec ne veut pas dire que tout s’arrête. On peut trébucher, se planter, recommencer. »
Amélie Lachapelle, chercheuse à la Faculté de droit
Un parcours entre hasard, rencontres et convictions
Enseignante à la Faculté de droit de l’UNamur ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, Amélie porte également depuis 2025 le rôle de chargée de mission "Transitions & Développement soutenable". Un parcours riche, fait de curiosité et de détours, mais toujours guidé par l’envie de comprendre le droit autrement.
« Mon parcours est essentiellement le fruit du hasard ! », confie-t-elle.
Curieuse de tout, elle peine d’abord à choisir une orientation. Une conseillère en orientation lui propose alors un défi inattendu : se lancer dans une thèse en droit, et le faire à l’UNamur, reconnue pour la qualité de son accompagnement. Le coup de cœur est immédiat. Elle ne se voit pas avocate :
« Je n’ai jamais été une technicienne du droit. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre comment le droit se construit, comment il reflète des choix politiques et sociétaux. »
Un stage dans un grand cabinet d’avocats à Louvain-la-Neuve lui confirme que la pratique classique du droit ne lui correspond pas totalement. Passionnée par la culture espagnole, elle part ensuite en Erasmus à Salamanque. C’est durant ce séjour qu’une opportunité décisive se présente : un poste d’assistante se libère à l’UNamur. Amélie postule, obtient le poste, et se retrouve rapidement à la tête de l’équipe.
« J’ai appris l’autonomie sur le terrain », raconte-t-elle.
Amélie raconte avoir « atterri » dans le métier presque du jour au lendemain, sans repères, ni mode d’emploi.
« J’étais souvent livrée à moi‑même, avec peu de confiance en moi. »
Très vite, elle se retrouve à encadrer de vastes cohortes d’étudiants de première année, dans des auditoires imposants. Elle finalise et défend sa thèse fin 2019, avant de rejoindre l’université comme chargée d’enseignement en droit économique en février 2020.
« J’ai été guidée par une aînée dans mes premiers pas à l’université, et ça c’est essentiel. »
Amélie souligne aussi l’importance de l’accompagnement d'une collègue, aujourd’hui déléguée à la protection des données, qui l’a guidée et soutenue dans ses débuts :
« Elle a été la première personne à vraiment prendre soin de moi à l’université. Je lui dois beaucoup. »
Apprendre à trouver sa place
Si elle souligne volontiers la bienveillance de ses collègues proches, Amélie constate aussi l’envers du décor.
« On sent parfois que certaines personnes se comportent différemment selon notre statut. Être assistante ou avoir défendu sa thèse, ce n’est pas perçu de la même manière. »
Au fil des étapes de sa carrière, elle découvre qu’à mesure que la légitimité s’affirme, elle peut aussi être vécue comme une menace par certains.
« Le milieu académique reste un système très concurrentiel… et je n’étais pas préparée à ça. »
Une réalité qu’elle apprend à apprivoiser, sans jamais perdre de vue l’importance de la coopération et du soutien entre collègues.
Ce dont elle est la plus fière aujourd’hui ? Être chargée de mission à son âge. Elle vient d’être confirmée professeure, comme le prévoit la procédure après trois ans d’engagement.
« On me fait confiance, malgré mon âge, malgré mon inexpérience. Et surtout, cette fonction fait sens : je me sens en accord avec mes valeurs. J’ai trouvé quelque chose qui me correspond vraiment. Interrogée sur ce que penserait la « petite Amélie » d’aujourd’hui, elle rit : « Elle trouverait que je travaille trop ! Avoir la tête dans les nuages, ça me manque parfois. »
Entre authenticité et exigence : un chemin pour s'accomplir
Aux plus jeunes, elle souhaite transmettre une conviction claire : ne pas chercher à rentrer dans un modèle prédéfini.
« J’avais une image figée du professeur d’université. Je croyais que je devais rentrer dans ce moule-là. Mais on m’a dit au contraire qu’on m’engageait pour enseigner en gardant ma personnalité. »
Elle s’autorise donc à sortir des codes comme donner cours dans un parc, par exemple : « Oui, c’est atypique… mais pourquoi pas ! » Elle ajoute cependant une note de réalisme : travailler reste indispensable.
« Rien n’arrive sans effort : il faut être rigoureux, parfois même surpréparer. »
Son message invite chacun à reconnaître ce qui l’anime profondément au quotidien, à défendre cette flamme avec persévérance, mais toujours dans un esprit de respect, d’ouverture et d’éthique.
« On peut poursuivre ses rêves sans jamais écraser l’autre. »
Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres.
L’enseignement au cœur de son parcours
Anne se présente d’emblée comme une passionnée d’enseignement. Professeure d’histoire contemporaine, elle décrit un parcours académique « assez linéaire », guidé naturellement vers les salles de classe. Après des études en histoire, elle s’oriente très rapidement vers un doctorat consacré aux questions de langue et de diversité.
« Je ne me suis même pas posé la question : je savais que je voulais enseigner », confie-t-elle.
Avant de rejoindre l’Université de Namur, elle enseigne en secondaire, puis travaille à Bruxelles dans un centre d’étude sur la Seconde Guerre mondiale, où elle gère les archives audiovisuelles. Une mission cohérente avec sa thèse, qui portait notamment sur l’histoire de la télévision et l’exploitation d’archives télévisuelles en recherche historique. Lorsque des heures de cours s’ouvrent à Namur, elle comprend immédiatement où se trouve son véritable moteur :
« Enseigner, c’est vraiment le cœur de mon travail. »
Pour Anne, il n’y a pas eu de « déclic » au sens strict. L’enseignement est presque une affaire de famille : parents, frères et sœurs, tous professeurs. Elle se souvient d’une expérience marquante : un jeu de rôle en secondaire où elle devait jouer le rôle de prof pendant deux heures. Malgré un « échec cuisant » et une classe agitée, elle en ressort persuadée :
« J’adore ça. J’adore construire un cours et essayer de transmettre quelque chose. »
Elle apprécie aussi la dimension de chercheuse et la liberté académique :
« Je n’arrête jamais d’apprendre. Je sais plus que l’an dernier et moins que l’an prochain. Choisir ses sujets de recherche, monter des projets, inventer ses cours, c’’est un privilège immense. »
Des recherches variées, avec une dimension de genre marquée
Historienne des XIXe et XXe siècles, Anne s’intéresse depuis longtemps à l’histoire des médias (télévision, photographie, presse). Depuis une dizaine d’années, elle explore également l’histoire de la psychiatrie, avec un intérêt particulier pour la dimension de genre. Son premier projet portait sur le Beau Vallon, un ancien hôpital psychiatrique pour femmes. L’analyse des archives révèle des internements souvent liés à la précarité ou à des comportements jugés « déviants », davantage qu’à de véritables troubles psychiatriques. Elle souligne les biais institutionnels du passé : internements plus tardifs chez les femmes car elles assumaient d’abord les responsabilités domestiques, motifs d’internement parfois basés sur des normes sociales très strictes… Un sujet qu’elle juge toujours « passionnant et essentiel ».
Être femme dans le monde académique : des obstacles souvent intégrés
Avec le recul, Anne constate que certaines difficultés liées à sa condition de femme ont jalonné son parcours, sans qu’elle ne les identifie immédiatement comme telles. Elle évoque par exemple un règlement qui, à l’époque de sa thèse, ne prévoyait pas de prolongation en cas de congé de maternité ; une mesure désormais corrigée.
« Le milieu universitaire reste encore marqué par une forte présence masculine, surtout aux niveaux les plus avancés de la carrière académique. »
Les pressions peuvent être directes, parfois brutales :
« L’un de mes promoteurs m’a déjà dit de ne pas faire d’enfants, que cela ralentirait trop mon travail. »
Elle raconte aussi la fatigue immense d’un premier quadrimestre chargé, alors qu’elle était enceinte de huit mois, ou encore la demande implicite de corriger des examens à peine trois semaines après son accouchement.
« Heureusement, des collègues féminines se sont interposées. »
Ces expériences, elle les voit aujourd’hui reflétées chez de nombreuses doctorantes et jeunes chercheuses, souvent soucieuses de « faire bonne figure » et de ne pas mettre leur carrière en péril.
« Le fait d’être une femme a parfois été lourd de conséquences mais, ce qui m’interpelle le plus, c’est que j’avais intégré plein de choses comme normales. »
« Soutenons-nous. Parlons ensemble. »
Si elle ne s’est pas engagée dans Université en colère en tant que femme, elle observe néanmoins des liens évidents avec les revendications féministes.
« Si l’on précarise davantage l’université, les inégalités vont s’accentuer. Et les femmes en paieront le prix le plus lourd. »
Elle rappelle que même si les étudiantes sont majoritaires, leur nombre diminue drastiquement au fil de la carrière académique. À cela s’ajoute une répartition genrée des tâches invisibles, même dans le milieu universitaire : organisation, logistique, petites charges non reconnues… souvent assumées par des femmes.
« Soutenons-nous. Parlons ensemble. » Anne insiste sur la valeur de la solidarité féminine dans le monde académique : entraide, encouragement, luttes communes. Et un mot pour celles qui doutent :
« Beaucoup de jeunes chercheuses souffrent d’un manque de confiance. Alors j’essaie toujours d’être dans le soutien. On en a besoin. »
Des propos recueillis par quatre étudiantes de l’UNamur : Mara Carpentier, Zoé Degraeve, Anaëlle Gonon et Nina Weber.
Le 8 mars, la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes
La Journée internationale des femmes (ONU) également appelée “journée internationale des luttes pour les droits des femmes” (ONU Femmes) est célébrée chaque année le 8 mars. Cette journée permet de mettre en lumière les combats menés pour les droits des femmes et, plus largement, pour l’élimination des inégalités entre les femmes et les hommes.
Bien que la Journée internationale des femmes ait été officialisée par les Nations Unies en 1977, dans le prolongement de l’Année internationale de la femme proclamée en 1975 par l’Assemblée générale de l’ONU, ses origines remontent aux mouvements sociaux qui ont émergé en Amérique du Nord et en Europe au tournant du XXe siècle.
L'Université de Namur lutte contre les discriminations liées au genre
La lutte contre les discriminations liées au genre est une priorité à l’UNamur qui s’engage fermement à promouvoir l’égalité des genres, la non-discrimination et le respect de la diversité.
L’objectif de l’UNamur est de créer une communauté universitaire inclusive où chacune et chacun peut s’épanouir, indépendamment de son genre. En embrassant la diversité et en adoptant des mesures concrètes, l’université affirme son engagement envers une société plus équitable qui repose sur les valeurs de justice, d’inclusion et de respect de la dignité humaine.
Vingt films pour comprendre le numérique : le pari ludique de deux experts de l’UNamur
Vingt films pour comprendre le numérique : le pari ludique de deux experts de l’UNamur
Terminator pour parler d’IA ? Wall-E pour parler de la dépendance technologique ? The Truman Show pour évoquer les réseaux sociaux ? Dans un nouvel ouvrage, deux professeurs de l’UNamur, Anthony Simonofski (transformation numérique- Faculté EMCP – Institut NaDI) et Benoît Vanderose (Génie logiciel – Faculté d’informatique – Institut NaDI), proposent un voyage à la croisée du numérique et de l’imaginaire cinématographique.
Leur ouvrage « Cinématech - Vingt œuvres pour comprendre le numérique » a une visée avant tout éducative puisqu’il permet au lecteur de mieux comprendre le numérique et ses enjeux. Mais l’originalité de l’approche choisie par les deux auteurs, en fait un outil aussi ludique qu’instructif.
« L’idée est simple : utiliser 20 films et séries pour illustrer l'histoire du numérique, trois technologies importantes (IA, Robotique, XR) et leurs enjeux. Pour ce faire, on part de Terminator, Her, Wall-E, Minority Report et bien d’autres pour rendre ces sujets accessibles », explique Anthony Simonofski Professeur au sein de la Faculté d’économie, management, sciences politiques et communication (EMCP).
Edité par l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, l’ouvrage est le prolongement du Podcast Pop-Code réalisé par les deux experts et cinéphiles. Ils y explorent l'utilisation de la Pop-Culture pour éduquer au numérique, tout en examinant ses enjeux et limites.
« Avec le livre, nous pouvons approfondir le propos du podcast, en fournissant davantage de cohérence et de références scientifiques », précise Benoit Vanderose, professeur au sein de la Faculté d’informatique.
Trois publics sont visés par ce nouvel ouvrage :
- Celles et ceux qui veulent mieux comprendre le numérique sans jargon
- Les cinéphiles curieux de voir leurs œuvres préférées sous un autre angle,
- Les enseignants et formateurs qui cherchent des supports concrets pour parler du numérique en classe
Des séances du numérique à l’UNamur et un projet de recherche
Outre le podcast Pop-Code et l’ouvrage « Cinématech », le projet de Benoit Vanderose et Anthony Simonofski se décline aussi sous la forme de « séances du numérique » organisées à l’UNamur. Au programme ? Des films suivis de débats avec des experts et expertes pour comprendre les défis du numérique et stimuler la réflexion collective. Dans ce projet, Anthony Simonofski, et Benoit Vanderose sont accompagnés d’Anne-Sophie Collard, et Fanny Barnabé. Prochain rendez-vous ? Le 12 février pour une diffusion de I, Daniel Blake (Ken Loach) pour parler d’inclusion numérique !
A noter aussi sur la même thématique : le projet de recherche en cours - https://arc-projects.unamur.be/di-fic
28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS
28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS
Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur.
L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois.
Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus. Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.
Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.
Les résultats en détail
Appel Equipement
- Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
- Luca Fusaro, Institut NISM
Appel Crédits de recherche (CDR)
- Marc Hennequart, Institut NARILIS
- Nicolas Gillet, Institut NARILIS
- Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
- Patricia Renard, Institut NARILIS
- Francesco Renzi, Institut NARILIS
- Stéphane Vincent, Institut NISM
- Laurence Meurant, Institut NaLTT
- Emma-Louise Silva, Institut NaLTT
Appel Projets de recherche (PDR)
- Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
- Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM
Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)
- Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
- Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
- Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
- Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
- Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
- Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
- Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
- Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
- William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
- Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
- Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE
Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH)
- Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
- Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
- Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
- Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.
Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS)
- Charlotte Beaudart, Institut Narilis
- Eli Thoré Institut ILEE
Appel WelCHANGE
- Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
- Catherine Guirkinger Institut DeFIPP
Félicitations à tous et toutes !
SPiN : un nouveau centre de recherche pour penser les sciences autrement
SPiN : un nouveau centre de recherche pour penser les sciences autrement
À l’heure où la désinformation, la post-vérité et le complotisme fragilisent la confiance dans les sciences, l’UNamur accueille SPiN (Science & Philosophy in Namur), un nouveau centre de recherche interdisciplinaire qui interroge la place des sciences dans la société. Fondé en septembre dernier par Olivier Sartenaer, professeur de philosophie des sciences à l’UNamur, SPiN rassemble des philosophes et des scientifiques autour d’une vision commune : développer une réflexion critique et accessible sur les sciences dans toute leur diversité.
De gauche à droite : Doan Vu Duc, Maxime Hilbert, Charly Mobers, Olivier Sartenaer, Louis Halflants, Andrea Roselli, Gauvain Leconte-Chevillard, Eve-Aline Dubois.
Si l’UNamur se distingue par la présence d’un département de philosophie des sciences au sein de sa Faculté des sciences, aucun centre de recherche n’était jusqu’ici spécifiquement dédié aux enjeux épistémologiques, éthiques, politiques et métaphysiques des sciences. SPiN vient combler ce vide.
« Plusieurs facteurs contingents ont permis la création de SPiN : l’absence d’une structure de recherche spécifiquement dédiée à ces thématiques et l’arrivée quasiment simultanée de quatre jeunes philosophes des sciences. C’est un peu un alignement des planètes », explique Olivier Sartenaer.
A ses côtés, on retrouve Juliette Ferry-Danini (Faculté d’informatique), Thibaut De Meyer (Faculté de philosophie et lettres) et Gaëlle Pontarotti (Faculté des sciences), qui forment le noyau dur de SPiN.
Répondre à une demande sociétale forte
SPiN s’inscrit dans une dynamique de recherche engagée au cœur des débat contemporains.
On ressent un réel besoin d’éclairage des citoyens sur ces questions. C’était important pour nous qu’une structure de recherche reflète cette demande sociétale grandissante et accueille des recherches sur ces thématiques.
Les chercheurs de SPiN explorent un large éventail de thématiques, avec en toile de fond une interrogation sur notre rapport à la connaissance scientifique. Parmi ceux-ci :
- le rapport entre sciences et pseudosciences ;
- le réductionnisme dans les sciences ;
- le déterminisme génétique et l’hérédité ;
- l’éthique médicale et la santé publique (vaccinations, pandémies) ;
- l’éthologie,
- le perspectivisme.
Ces recherches sont portées par une équipe interdisciplinaire composée d’enseignants-chercheurs, de doctorants et de postdoctorants issus des différentes facultés de l’UNamur.
Un lieu de rencontre académique…mais aussi citoyen
SPiN organise des séminaires hebdomadaires consacrés aux recherches en cours en philosophie des sciences ainsi que des séminaires liés à des thématiques plus spécifiques : la santé, les sciences du vivant, la cosmologie et les théories de l’émergence et du réductionnisme dans les sciences naturelles.
Mais SPiN ne se limite pas à la sphère académique : le centre entend faire sortir ces questions hors des murs de l’université, au travers d’événements et d’activités accessibles à toutes et tous. Un événement inaugural est d’ores et déjà planifié pour le printemps prochain sur une thématique d’actualité : la méfiance dans les sciences. Plus d’infos à venir !
En savoir plus sur le centre de recherche SPiN
Femmes de l’université
Femmes de l’université
A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université.
Tout au long du mois de mars, une série de portraits de femmes de l’université sera visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.
Portraits de femmes de l’université
Séphora Boucenna, doyenne de la Faculté des Sciences de l’Education et de la Formation (FaSEF)
Un parcours atypique et évolutif
Professeure et aujourd’hui doyenne de la Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation, Séphora rejoint l’Université de Namur en novembre 1999. Elle y enseigne en formation initiale des enseignants ainsi que dans le master de spécialisation en accompagnement des professionnels (Mapemass).
Son parcours académique n’a rien de linéaire. Elle débute par des candidatures en sciences de l’information à l’ULB, avant de mettre ses études entre parenthèses pour entrer dans la vie professionnelle. Elle y revient quelques années plus tard, avec une licence en sciences de l’éducation, puis un master et, enfin, un doctorat… entamé à l’âge de 40 ans.
C’est en dernière année de licence qu’elle rejoint l’UNamur, où elle est engagée comme chercheuse. Elle occupera cette fonction pendant vingt ans avant d’être nommée, plus récemment, professeure et doyenne.
L’université : entre exigences et proximité
Comment décrit‑elle l’ambiance de l’Université de Namur ? Elle répond sans détour : « C’est un milieu hostile comme tous les milieux de travail. Mais c’est aussi une université à taille humaine. » Une manière de dire que les défis existent, mais que la proximité et l’échelle réduite de l’institution permettent des relations plus directes et un fonctionnement plus humain.
Persévérance et patience : son message aux femmes dans le milieu universitaire
Selon elle, la présence des femmes dans le monde académique reste limitée. La Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation fait toutefois figure d’exception, les femmes y étant majoritaires.
« C’est une discipline fortement genrée », observe-t‑elle.
Aux jeunes femmes qui envisagent de suivre une voie similaire, elle adresse un conseil teinté de réalisme :
« Il faut être opiniâtre et patiente. »
Elle raconte avoir construit son parcours pas à pas, dans un contexte où les opportunités étaient rares. Malgré cela, elle parvient à enchaîner les contrats et à se faire une place durable dans le paysage universitaire. Elle a d’ailleurs joué un rôle central dans la création de la nouvelle Faculté, lors de la réforme de la formation initiale des enseignants.
Si sa trajectoire est le fruit d’un engagement constant et d’une grande ténacité, elle reconnaît aussi la part de hasard et de conjonctures favorables qui l’ont accompagnée.
Elle revient enfin sur la portée de la journée internationale du 8 mars, une journée qu’elle juge essentielle, même si elle estime qu’elle reste relativement peu suivie en Belgique.
Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences
Un parcours construit pas à pas
Après ses études secondaires, Justine entre à l’université sans idée précise de la direction à prendre, si ce n’est qu’elle souhaite s’orienter vers les sciences. Elle choisit finalement les mathématiques, sans certitude au départ, mais découvre progressivement un véritable intérêt pour la discipline. Son master, axé sur la recherche et enrichi d’un stage de quatre mois à l’étranger, confirme cette inclination et lui donne envie d’aller plus loin.
Elle évoque une discussion déterminante avec sa promotrice, qui l’amène à postuler pour un assistanat, un rôle où elle trouve l’équilibre parfait entre enseignement et recherche. « Aujourd’hui, après deux ans d’assistanat, je peux dire que mon intérêt pour la recherche s’est construit au fil du temps, grâce à mes études et à mes expériences. »
Un avenir à définir, mais avec le spatial en ligne de mire
Dans le cadre de son doctorat, elle travaille en mécanique céleste et s’intéresse aux exoplanètes, ces planètes situées en dehors de notre système solaire. Son objectif : comprendre leur évolution sur le long terme et leur stabilité, qu’il s’agisse de collisions, d’éjections ou d’autres dynamiques possibles.
Une discipline qui lui permet de combiner ses deux passions : les mathématiques et le spatial. « Les mathématiques pures m’attirent moins, mais tout ce qui touche au spatial, et en particulier à la mécanique céleste, me passionne. »
En troisième année de doctorat, elle préfère avancer étape par étape. « Je ne planifie jamais très loin. J’ai, par exemple, décidé assez tard de postuler pour un assistanat. » Pour l’après‑thèse, rien n’est arrêté : elle verra si elle souhaite poursuivre dans la recherche ou se tourner vers un autre horizon. Seule certitude : elle veut rester dans le domaine spatial, sous une forme encore à définir.
La science pour toutes : un message de confiance
Lorsqu’elle évoque la question du genre, elle répond sans hésiter : elle n’a jamais rencontré de difficultés particulières, ni pendant ses études ni au début de sa carrière.
« Je ne me suis jamais sentie illégitime. Dans ma promotion, il y avait autant de femmes que d’hommes même si les mathématiques restent souvent perçues comme un domaine masculin. »
Elle nuance toutefois son propos lorsqu’elle évoque ses expériences à l’international. Lors de conférences, la présence féminine se fait plus rare.
« Ça fait toujours plaisir de croiser d’autres femmes, parce que la parité est loin d’être acquise. »
Au sein de l’université, en revanche, elle ne dit pas avoir ressenti d’obstacles liés à son genre.
Aux jeunes filles qui envisagent une carrière similaire, elle adresse un message simple et encourageant :
« Il ne faut vraiment pas hésiter. Les études en mathématiques et en sciences sont accessibles à toutes et la question du genre n’a rien à voir avec l’intérêt pour les sciences. Je me suis toujours dit que j’étais aussi légitime que n’importe qui d’autre. »
Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique
Un parcours académique international
Duvernelle a effectué toute sa scolarité au Cameroun, où elle s’oriente dès son entrée en secondaire vers une option centrée sur les mathématiques et les sciences physiques. Après deux années d’université en biologie animale, elle décide de changer de voie et postule en Belgique, à l’Université de Namur, pour entamer des études en informatique. Arrivée en 2023 pour recommencer une première année de bachelier, elle est aujourd’hui en troisième année.
De la biologie à l’informatique : une réorientation assumée
À l’origine, Duvernelle se voyait en médecine. La biologie animale devait être un tremplin avant de présenter le concours d’entrée en médecine. Mais au fil du temps, elle réalise qu’il s’agit surtout d’un rêve d’enfance, qui ne correspond plus à ses aspirations.
Elle choisit alors l’informatique, un domaine vaste, en pleine expansion, et dans lequel elle se projette davantage. Pour la suite, son objectif est clair : poursuivre en master en data science et intelligence artificielle, et peut‑être même se lancer dans un doctorat. Attirée par le milieu médical, elle aimerait un jour travailler dans la gestion et l’analyse de données de santé.
"Il faut se faire sa place et ne pas avoir peur”.
S’affirmer dans un domaine encore très masculin
Comme beaucoup d’étudiants internationaux, elle traverse des difficultés, mais celles-ci tiennent davantage à la transition culturelle et organisationnelle qu’aux études elles-mêmes : s’adapter à un nouveau pays, jongler entre les cours, un job étudiant et la vie quotidienne.
Le défi le plus marquant reste cependant celui de la place des femmes en informatique.
« Souvent seule fille dans mes classes, j’ai dû apprendre à m’affirmer et à trouver ma place dans un environnement largement masculin. »
À celles qui envisagent d’étudier l’informatique, elle adresse un message franc et encourageant :
« N’ayez pas peur. Le doute fait partie du parcours, mais l’informatique n’est pas réservée aux hommes. Les femmes ont autant de capacités, autant de potentiel. Si ce domaine vous attire, explorez-le : il est bien plus large que la programmation. Soyez curieuses, affirmez-vous. On ne vous donnera pas toujours votre place : il faudra parfois la construire vous‑mêmes. »
Alisson Kabili, technicienne de laboratoire à la Faculté de médecine.
Trouver sa voie au cœur du laboratoire
Alisson travaille à l’Université de Namur depuis un an et demi en tant que technicienne de laboratoire au sein de la Faculté de médecine. Son rôle est essentiel : accompagner les chercheurs dans leurs manipulations, préparer les travaux pratiques destinés aux étudiants, et assurer la gestion quotidienne du laboratoire, des commandes de réactifs au suivi du matériel.
Ce métier, elle ne l’a pas choisi tout de suite. Pendant ses études, elle doutait encore. C’est lors de son stage de fin de cursus qu’une évidence s’impose : elle aime le concret, l’action et la précision du geste scientifique.
« Technicienne de laboratoire, c’est un rôle discret, mais c’est vraiment le pilier de la recherche », résume-t‑elle.
Ce qui la motive au quotidien ? La diversité.
« Aucune journée ne se ressemble », confie-t‑elle.
En début de carrière, elle savoure la possibilité d’apprendre en continu dans un domaine où les technologies et les méthodes évoluent sans cesse.
Ce dont elle est le plus fière : contribuer, à son échelle, à des avancées qui touchent directement la santé et la société. Un moteur puissant, qui donne du sens à son travail.
Face aux stéréotypes, la compétence comme réponse
Alisson explique ne jamais avoir été confrontée personnellement à des stéréotypes ou à du sexisme ordinaire, tout en sachant que ces situations existent. Pour elle, la meilleure manière d’y répondre reste la même pour tous :
« La qualité du travail, que l’on soit une femme ou un homme. »
Aux jeunes filles intéressées par une carrière scientifique, elle rappelle l’importance d’une qualité essentielle :
"La curiosité. S’interroger, tester, explorer… autant de démarches qui nourrissent la recherche et permettent d’avancer."
Elle encourage aussi à découvrir concrètement le métier : passer une journée avec un professionnel, multiplier les stages, s’immerger dans des environnements différents. C’est d’ailleurs en comparant le milieu hospitalier, plus routinier, et celui de la recherche, plus dynamique à ses yeux, qu’elle a confirmé ses propres choix.
« Il faut se faire sa place et ne pas avoir peur », insiste‑t‑elle.
D’après son expérience, de plus en plus de femmes rejoignent les filières scientifiques. Une évolution encourageante, qu’elle invite à poursuivre malgré les stéréotypes encore présents. « Il ne faut surtout pas quitter ce domaine : il reste tant à découvrir et il offre de nombreuses possibilités d’épanouissement. »
Virginie Di Luca, assistante administrative à la Faculté d’Economie, Management, Communication et Sciences Politiques (EMCP)
Un parcours riche, multiple et résolument humain
Virginie a rejoint l’Université de Namur en février 2023 en tant que secrétaire du département sciences politiques, information et communication. Un rôle pivot, au cœur de la vie étudiante et académique.
Son parcours ne suit pas une ligne droite, et c’est ce qu’elle en aime aujourd’hui. Diplômée comme agente de voyage, elle part vivre à l’étranger, en Espagne puis en Australie. De retour en Belgique, elle change complètement de direction et se forme à la coiffure, avant de reprendre finalement des études en secrétariat de direction. Elle travaille ensuite pendant huit ans dans un cabinet médical.
Cette diversité d’expériences est, pour elle, une richesse :
« Si j’avais commencé directement à l’UNamur, je n’aurais pas découvert l’envers du décor. Aujourd’hui, j’ai touché à des domaines très différents, le tourisme, la santé, l’administration, et ça me plaît. »
“On peut toujours arriver à son but par des chemins détournés ! »
Trouver sa place, malgré les détours
Ce qui lui a posé le plus de défis ? Trouver un emploi dans lequel elle se sente véritablement à sa place. C’est cela qui a motivé ses réorientations successives. Indépendante de nature, elle dit avoir toujours suivi son instinct, parfois en dépit des avis extérieurs.
Si elle n’a pas été confrontée au sexisme, elle évoque en revanche des situations de classisme :
« On m’a parfois fait sentir que je n’avais pas le bon diplôme ou le bon rang. »
Aux étudiantes qu’elle accompagne, elle répète souvent la même chose :
« Lâchez prise. Ne vous angoissez pas. Même par un chemin détourné, on peut arriver au même résultat. » Elle insiste sur le droit à l’erreur : « Un échec ne veut pas dire que tout s’arrête. On peut trébucher, se planter, recommencer. »
Amélie Lachapelle, chercheuse à la Faculté de droit
Un parcours entre hasard, rencontres et convictions
Enseignante à la Faculté de droit de l’UNamur ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, Amélie porte également depuis 2025 le rôle de chargée de mission "Transitions & Développement soutenable". Un parcours riche, fait de curiosité et de détours, mais toujours guidé par l’envie de comprendre le droit autrement.
« Mon parcours est essentiellement le fruit du hasard ! », confie-t-elle.
Curieuse de tout, elle peine d’abord à choisir une orientation. Une conseillère en orientation lui propose alors un défi inattendu : se lancer dans une thèse en droit, et le faire à l’UNamur, reconnue pour la qualité de son accompagnement. Le coup de cœur est immédiat. Elle ne se voit pas avocate :
« Je n’ai jamais été une technicienne du droit. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre comment le droit se construit, comment il reflète des choix politiques et sociétaux. »
Un stage dans un grand cabinet d’avocats à Louvain-la-Neuve lui confirme que la pratique classique du droit ne lui correspond pas totalement. Passionnée par la culture espagnole, elle part ensuite en Erasmus à Salamanque. C’est durant ce séjour qu’une opportunité décisive se présente : un poste d’assistante se libère à l’UNamur. Amélie postule, obtient le poste, et se retrouve rapidement à la tête de l’équipe.
« J’ai appris l’autonomie sur le terrain », raconte-t-elle.
Amélie raconte avoir « atterri » dans le métier presque du jour au lendemain, sans repères, ni mode d’emploi.
« J’étais souvent livrée à moi‑même, avec peu de confiance en moi. »
Très vite, elle se retrouve à encadrer de vastes cohortes d’étudiants de première année, dans des auditoires imposants. Elle finalise et défend sa thèse fin 2019, avant de rejoindre l’université comme chargée d’enseignement en droit économique en février 2020.
« J’ai été guidée par une aînée dans mes premiers pas à l’université, et ça c’est essentiel. »
Amélie souligne aussi l’importance de l’accompagnement d'une collègue, aujourd’hui déléguée à la protection des données, qui l’a guidée et soutenue dans ses débuts :
« Elle a été la première personne à vraiment prendre soin de moi à l’université. Je lui dois beaucoup. »
Apprendre à trouver sa place
Si elle souligne volontiers la bienveillance de ses collègues proches, Amélie constate aussi l’envers du décor.
« On sent parfois que certaines personnes se comportent différemment selon notre statut. Être assistante ou avoir défendu sa thèse, ce n’est pas perçu de la même manière. »
Au fil des étapes de sa carrière, elle découvre qu’à mesure que la légitimité s’affirme, elle peut aussi être vécue comme une menace par certains.
« Le milieu académique reste un système très concurrentiel… et je n’étais pas préparée à ça. »
Une réalité qu’elle apprend à apprivoiser, sans jamais perdre de vue l’importance de la coopération et du soutien entre collègues.
Ce dont elle est la plus fière aujourd’hui ? Être chargée de mission à son âge. Elle vient d’être confirmée professeure, comme le prévoit la procédure après trois ans d’engagement.
« On me fait confiance, malgré mon âge, malgré mon inexpérience. Et surtout, cette fonction fait sens : je me sens en accord avec mes valeurs. J’ai trouvé quelque chose qui me correspond vraiment. Interrogée sur ce que penserait la « petite Amélie » d’aujourd’hui, elle rit : « Elle trouverait que je travaille trop ! Avoir la tête dans les nuages, ça me manque parfois. »
Entre authenticité et exigence : un chemin pour s'accomplir
Aux plus jeunes, elle souhaite transmettre une conviction claire : ne pas chercher à rentrer dans un modèle prédéfini.
« J’avais une image figée du professeur d’université. Je croyais que je devais rentrer dans ce moule-là. Mais on m’a dit au contraire qu’on m’engageait pour enseigner en gardant ma personnalité. »
Elle s’autorise donc à sortir des codes comme donner cours dans un parc, par exemple : « Oui, c’est atypique… mais pourquoi pas ! » Elle ajoute cependant une note de réalisme : travailler reste indispensable.
« Rien n’arrive sans effort : il faut être rigoureux, parfois même surpréparer. »
Son message invite chacun à reconnaître ce qui l’anime profondément au quotidien, à défendre cette flamme avec persévérance, mais toujours dans un esprit de respect, d’ouverture et d’éthique.
« On peut poursuivre ses rêves sans jamais écraser l’autre. »
Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres.
L’enseignement au cœur de son parcours
Anne se présente d’emblée comme une passionnée d’enseignement. Professeure d’histoire contemporaine, elle décrit un parcours académique « assez linéaire », guidé naturellement vers les salles de classe. Après des études en histoire, elle s’oriente très rapidement vers un doctorat consacré aux questions de langue et de diversité.
« Je ne me suis même pas posé la question : je savais que je voulais enseigner », confie-t-elle.
Avant de rejoindre l’Université de Namur, elle enseigne en secondaire, puis travaille à Bruxelles dans un centre d’étude sur la Seconde Guerre mondiale, où elle gère les archives audiovisuelles. Une mission cohérente avec sa thèse, qui portait notamment sur l’histoire de la télévision et l’exploitation d’archives télévisuelles en recherche historique. Lorsque des heures de cours s’ouvrent à Namur, elle comprend immédiatement où se trouve son véritable moteur :
« Enseigner, c’est vraiment le cœur de mon travail. »
Pour Anne, il n’y a pas eu de « déclic » au sens strict. L’enseignement est presque une affaire de famille : parents, frères et sœurs, tous professeurs. Elle se souvient d’une expérience marquante : un jeu de rôle en secondaire où elle devait jouer le rôle de prof pendant deux heures. Malgré un « échec cuisant » et une classe agitée, elle en ressort persuadée :
« J’adore ça. J’adore construire un cours et essayer de transmettre quelque chose. »
Elle apprécie aussi la dimension de chercheuse et la liberté académique :
« Je n’arrête jamais d’apprendre. Je sais plus que l’an dernier et moins que l’an prochain. Choisir ses sujets de recherche, monter des projets, inventer ses cours, c’’est un privilège immense. »
Des recherches variées, avec une dimension de genre marquée
Historienne des XIXe et XXe siècles, Anne s’intéresse depuis longtemps à l’histoire des médias (télévision, photographie, presse). Depuis une dizaine d’années, elle explore également l’histoire de la psychiatrie, avec un intérêt particulier pour la dimension de genre. Son premier projet portait sur le Beau Vallon, un ancien hôpital psychiatrique pour femmes. L’analyse des archives révèle des internements souvent liés à la précarité ou à des comportements jugés « déviants », davantage qu’à de véritables troubles psychiatriques. Elle souligne les biais institutionnels du passé : internements plus tardifs chez les femmes car elles assumaient d’abord les responsabilités domestiques, motifs d’internement parfois basés sur des normes sociales très strictes… Un sujet qu’elle juge toujours « passionnant et essentiel ».
Être femme dans le monde académique : des obstacles souvent intégrés
Avec le recul, Anne constate que certaines difficultés liées à sa condition de femme ont jalonné son parcours, sans qu’elle ne les identifie immédiatement comme telles. Elle évoque par exemple un règlement qui, à l’époque de sa thèse, ne prévoyait pas de prolongation en cas de congé de maternité ; une mesure désormais corrigée.
« Le milieu universitaire reste encore marqué par une forte présence masculine, surtout aux niveaux les plus avancés de la carrière académique. »
Les pressions peuvent être directes, parfois brutales :
« L’un de mes promoteurs m’a déjà dit de ne pas faire d’enfants, que cela ralentirait trop mon travail. »
Elle raconte aussi la fatigue immense d’un premier quadrimestre chargé, alors qu’elle était enceinte de huit mois, ou encore la demande implicite de corriger des examens à peine trois semaines après son accouchement.
« Heureusement, des collègues féminines se sont interposées. »
Ces expériences, elle les voit aujourd’hui reflétées chez de nombreuses doctorantes et jeunes chercheuses, souvent soucieuses de « faire bonne figure » et de ne pas mettre leur carrière en péril.
« Le fait d’être une femme a parfois été lourd de conséquences mais, ce qui m’interpelle le plus, c’est que j’avais intégré plein de choses comme normales. »
« Soutenons-nous. Parlons ensemble. »
Si elle ne s’est pas engagée dans Université en colère en tant que femme, elle observe néanmoins des liens évidents avec les revendications féministes.
« Si l’on précarise davantage l’université, les inégalités vont s’accentuer. Et les femmes en paieront le prix le plus lourd. »
Elle rappelle que même si les étudiantes sont majoritaires, leur nombre diminue drastiquement au fil de la carrière académique. À cela s’ajoute une répartition genrée des tâches invisibles, même dans le milieu universitaire : organisation, logistique, petites charges non reconnues… souvent assumées par des femmes.
« Soutenons-nous. Parlons ensemble. » Anne insiste sur la valeur de la solidarité féminine dans le monde académique : entraide, encouragement, luttes communes. Et un mot pour celles qui doutent :
« Beaucoup de jeunes chercheuses souffrent d’un manque de confiance. Alors j’essaie toujours d’être dans le soutien. On en a besoin. »
Des propos recueillis par quatre étudiantes de l’UNamur : Mara Carpentier, Zoé Degraeve, Anaëlle Gonon et Nina Weber.
Le 8 mars, la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes
La Journée internationale des femmes (ONU) également appelée “journée internationale des luttes pour les droits des femmes” (ONU Femmes) est célébrée chaque année le 8 mars. Cette journée permet de mettre en lumière les combats menés pour les droits des femmes et, plus largement, pour l’élimination des inégalités entre les femmes et les hommes.
Bien que la Journée internationale des femmes ait été officialisée par les Nations Unies en 1977, dans le prolongement de l’Année internationale de la femme proclamée en 1975 par l’Assemblée générale de l’ONU, ses origines remontent aux mouvements sociaux qui ont émergé en Amérique du Nord et en Europe au tournant du XXe siècle.
L'Université de Namur lutte contre les discriminations liées au genre
La lutte contre les discriminations liées au genre est une priorité à l’UNamur qui s’engage fermement à promouvoir l’égalité des genres, la non-discrimination et le respect de la diversité.
L’objectif de l’UNamur est de créer une communauté universitaire inclusive où chacune et chacun peut s’épanouir, indépendamment de son genre. En embrassant la diversité et en adoptant des mesures concrètes, l’université affirme son engagement envers une société plus équitable qui repose sur les valeurs de justice, d’inclusion et de respect de la dignité humaine.
Vingt films pour comprendre le numérique : le pari ludique de deux experts de l’UNamur
Vingt films pour comprendre le numérique : le pari ludique de deux experts de l’UNamur
Terminator pour parler d’IA ? Wall-E pour parler de la dépendance technologique ? The Truman Show pour évoquer les réseaux sociaux ? Dans un nouvel ouvrage, deux professeurs de l’UNamur, Anthony Simonofski (transformation numérique- Faculté EMCP – Institut NaDI) et Benoît Vanderose (Génie logiciel – Faculté d’informatique – Institut NaDI), proposent un voyage à la croisée du numérique et de l’imaginaire cinématographique.
Leur ouvrage « Cinématech - Vingt œuvres pour comprendre le numérique » a une visée avant tout éducative puisqu’il permet au lecteur de mieux comprendre le numérique et ses enjeux. Mais l’originalité de l’approche choisie par les deux auteurs, en fait un outil aussi ludique qu’instructif.
« L’idée est simple : utiliser 20 films et séries pour illustrer l'histoire du numérique, trois technologies importantes (IA, Robotique, XR) et leurs enjeux. Pour ce faire, on part de Terminator, Her, Wall-E, Minority Report et bien d’autres pour rendre ces sujets accessibles », explique Anthony Simonofski Professeur au sein de la Faculté d’économie, management, sciences politiques et communication (EMCP).
Edité par l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, l’ouvrage est le prolongement du Podcast Pop-Code réalisé par les deux experts et cinéphiles. Ils y explorent l'utilisation de la Pop-Culture pour éduquer au numérique, tout en examinant ses enjeux et limites.
« Avec le livre, nous pouvons approfondir le propos du podcast, en fournissant davantage de cohérence et de références scientifiques », précise Benoit Vanderose, professeur au sein de la Faculté d’informatique.
Trois publics sont visés par ce nouvel ouvrage :
- Celles et ceux qui veulent mieux comprendre le numérique sans jargon
- Les cinéphiles curieux de voir leurs œuvres préférées sous un autre angle,
- Les enseignants et formateurs qui cherchent des supports concrets pour parler du numérique en classe
Des séances du numérique à l’UNamur et un projet de recherche
Outre le podcast Pop-Code et l’ouvrage « Cinématech », le projet de Benoit Vanderose et Anthony Simonofski se décline aussi sous la forme de « séances du numérique » organisées à l’UNamur. Au programme ? Des films suivis de débats avec des experts et expertes pour comprendre les défis du numérique et stimuler la réflexion collective. Dans ce projet, Anthony Simonofski, et Benoit Vanderose sont accompagnés d’Anne-Sophie Collard, et Fanny Barnabé. Prochain rendez-vous ? Le 12 février pour une diffusion de I, Daniel Blake (Ken Loach) pour parler d’inclusion numérique !
A noter aussi sur la même thématique : le projet de recherche en cours - https://arc-projects.unamur.be/di-fic
28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS
28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS
Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur.
L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois.
Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus. Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.
Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.
Les résultats en détail
Appel Equipement
- Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
- Luca Fusaro, Institut NISM
Appel Crédits de recherche (CDR)
- Marc Hennequart, Institut NARILIS
- Nicolas Gillet, Institut NARILIS
- Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
- Patricia Renard, Institut NARILIS
- Francesco Renzi, Institut NARILIS
- Stéphane Vincent, Institut NISM
- Laurence Meurant, Institut NaLTT
- Emma-Louise Silva, Institut NaLTT
Appel Projets de recherche (PDR)
- Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
- Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM
Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)
- Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
- Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
- Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
- Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
- Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
- Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
- Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
- Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
- William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
- Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
- Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE
Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH)
- Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
- Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
- Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
- Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.
Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS)
- Charlotte Beaudart, Institut Narilis
- Eli Thoré Institut ILEE
Appel WelCHANGE
- Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
- Catherine Guirkinger Institut DeFIPP
Félicitations à tous et toutes !
SPiN : un nouveau centre de recherche pour penser les sciences autrement
SPiN : un nouveau centre de recherche pour penser les sciences autrement
À l’heure où la désinformation, la post-vérité et le complotisme fragilisent la confiance dans les sciences, l’UNamur accueille SPiN (Science & Philosophy in Namur), un nouveau centre de recherche interdisciplinaire qui interroge la place des sciences dans la société. Fondé en septembre dernier par Olivier Sartenaer, professeur de philosophie des sciences à l’UNamur, SPiN rassemble des philosophes et des scientifiques autour d’une vision commune : développer une réflexion critique et accessible sur les sciences dans toute leur diversité.
De gauche à droite : Doan Vu Duc, Maxime Hilbert, Charly Mobers, Olivier Sartenaer, Louis Halflants, Andrea Roselli, Gauvain Leconte-Chevillard, Eve-Aline Dubois.
Si l’UNamur se distingue par la présence d’un département de philosophie des sciences au sein de sa Faculté des sciences, aucun centre de recherche n’était jusqu’ici spécifiquement dédié aux enjeux épistémologiques, éthiques, politiques et métaphysiques des sciences. SPiN vient combler ce vide.
« Plusieurs facteurs contingents ont permis la création de SPiN : l’absence d’une structure de recherche spécifiquement dédiée à ces thématiques et l’arrivée quasiment simultanée de quatre jeunes philosophes des sciences. C’est un peu un alignement des planètes », explique Olivier Sartenaer.
A ses côtés, on retrouve Juliette Ferry-Danini (Faculté d’informatique), Thibaut De Meyer (Faculté de philosophie et lettres) et Gaëlle Pontarotti (Faculté des sciences), qui forment le noyau dur de SPiN.
Répondre à une demande sociétale forte
SPiN s’inscrit dans une dynamique de recherche engagée au cœur des débat contemporains.
On ressent un réel besoin d’éclairage des citoyens sur ces questions. C’était important pour nous qu’une structure de recherche reflète cette demande sociétale grandissante et accueille des recherches sur ces thématiques.
Les chercheurs de SPiN explorent un large éventail de thématiques, avec en toile de fond une interrogation sur notre rapport à la connaissance scientifique. Parmi ceux-ci :
- le rapport entre sciences et pseudosciences ;
- le réductionnisme dans les sciences ;
- le déterminisme génétique et l’hérédité ;
- l’éthique médicale et la santé publique (vaccinations, pandémies) ;
- l’éthologie,
- le perspectivisme.
Ces recherches sont portées par une équipe interdisciplinaire composée d’enseignants-chercheurs, de doctorants et de postdoctorants issus des différentes facultés de l’UNamur.
Un lieu de rencontre académique…mais aussi citoyen
SPiN organise des séminaires hebdomadaires consacrés aux recherches en cours en philosophie des sciences ainsi que des séminaires liés à des thématiques plus spécifiques : la santé, les sciences du vivant, la cosmologie et les théories de l’émergence et du réductionnisme dans les sciences naturelles.
Mais SPiN ne se limite pas à la sphère académique : le centre entend faire sortir ces questions hors des murs de l’université, au travers d’événements et d’activités accessibles à toutes et tous. Un événement inaugural est d’ores et déjà planifié pour le printemps prochain sur une thématique d’actualité : la méfiance dans les sciences. Plus d’infos à venir !
En savoir plus sur le centre de recherche SPiN
Événements
Soutenance publique de thèse de doctorat en informatique - Guillaume Maître
On the use of intelligent UAV for transmission tower audit.
Abstract
Transmission tower inspection is a crucial step in maintaining high-voltage electrical infrastructure. To perform these inspections, UAVs have proven to be a groundbreaking method for conducting such inspections. The UAV provide a fast, precise, cheap, and modular way to perform thorough audits. The next step in the transmission tower audit is to automate the analysis task. During this thesis, the goal of achieving a relative and adaptive autonomous flight for the transmission tower was attempted.
In the first part of the thesis, we explain how the audits are executed. We explain the history of the UAV and describe them. We then make a small state-of-the-art Computer Vision neural network. This first part brings the basic understanding of the domain.
In the second part of the thesis, we present our distinct contributions. Due to the sponsorship of this thesis, we highlight the industrial and scientific contributions.
The first contribution is the creation of a platform that enables a comprehensive analysis of flights within the domain. That platform displayed flows and offered some guidance on how to perform audits more effectively. Thanks to the software, we were able to showcase the capabilities of our autonomous system in comparison to other solutions.
The second scientific contribution is the creation of datasets around the domain of transmission towers. To train the machine learning algorithm, well-curated datasets were necessary. Due to the scarcity of data in that domain, we decided to study the impact of synthetic data to help train AI in computer vision. The datasets showed promising results in different ML algorithms such as UNet and Mask2Former. In some situations, hybrid dataset-trained models outperform models trained on only the physical world dataset.
The third scientific contribution involves training a Convolutional Neural Network for transmission tower segmentation. This modern neural network is designed for use in an embedded computer on a UAV.
The fourth contribution is the development of different flight controller algorithms during the thesis. These autopilots ranged from a more basic flight assistant for the pilot to an autonomous flight system. A large-scale comparison is done of the different flight controllers.
The final scientific contribution is a study on monocular depth perception in the context of a UAV flying around a transmission tower. This study compares six state-of-the-art pre-trained models. A large data set is created using photogrammetry software to generate pixel-wise depth annotations for each image. The study compares the models using different metrics and ranks them based on their capabilities.
Jury
- Prof. Tuci Elio - University of Namur, Belgium
- Prof. Anthony Cleve - University of Namur, Belgium
- Prof. Pierre-Yves Schobbens - University of Namur, Belgium
- Prof. Alvaro Gutierrez - Universidad Politecnica de Madrid, Espagne
- Mr. Fabian Duchesne - Qualitics SPRL
- Prof. Anders Lyhne Christensen - SDU, Denmark
Evènement public et gratuit - Inscription obligatoire