Le Département d’économie réunit des talents dans la discipline des sciences économiques pour faire avancer les connaissances par la recherche, l'enseignement, et le rayonnement vers l'ensemble de la société. Il stimule les collaborations interuniversitaires et interdisciplinaires ainsi que celles nouées avec les acteurs de l'économie dans l'entreprise, l'administration, les organisations internationales publiques ou non-gouvernementales.
Présentation
Le Département compte une douzaine d’académiques à temps-plein, une vingtaine de doctorants, de chercheurs et de post-doctorants et un membre du personnel administratif.
Il est responsable de l’organisation des enseignements en économie de Bachelier, Master et Doctorat. Spécifiquement, il coorganise avec le Département de Management le Bachelier en Sciences Economiques et de Gestion et, avec l’UCLouvain, le Master en Sciences Economiques, ainsi que le Specialized Master in International Economics and Development Economiques.
Ses membres sont engagés dans des recherches au sein de l’Institut de Recherche DEFIPP et autour de trois grandes thématiques : l’économie du développement, l’économie régionale et la politique économique et la macroéconomie et l’économie financière.
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Catherine Guirkinger présentera ses recherches à la KU Leuven dans le cadre d’une Chaire Francqui
Catherine Guirkinger présentera ses recherches à la KU Leuven dans le cadre d’une Chaire Francqui
Professeure d’économie à l’UNamur, Catherine Guirkinger a été invitée par la KU Leuven à occuper une Chaire Francqui. Cette distinction lui donnera l’occasion de présenter ses recherches sur les rapports de genre et les décisions prises au sein des ménages, mais aussi de renforcer les liens entre les deux universités.
Créées en 1933, les Chaires Francqui visent à favoriser les échanges entre universités et à mettre en valeur l’excellence académique. Chaque année, des universités belges invitent des professeurs issus d’autres institutions à donner une série d’environ dix heures de cours, précédée d’une leçon inaugurale ouverte à un public plus large.
Cette année, la KU Leuven a choisi d’inviter Catherine Guirkinger, professeure d’économie à l’Université de Namur. “Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les arrangements au sein des couples et des familles se recomposent quand le monde autour d'eux change, et ce que ces recompositions changent pour chacun de leurs membres.” “ Ses travaux, menés principalement en Afrique subsaharienne mais aussi en Europe, combinent enquêtes de terrain, expériences et données historiques.
Une leçon inaugurale et trois cours avancés
La Chaire Francqui débutera par une leçon inaugurale intitulée Economic Change and the Family: Adjustment and Resistance, suivie de trois cours plus techniques destinés aux étudiant·es en master de recherche et en doctorat. Catherine Guirkinger y montrera comment les changements économiques, les lois ou les normes sociales peuvent influencer les décisions prises au sein des ménages. “On ne peut pas ignorer la façon dont les choses se passent à l’intérieur de la famille : toutes politique est en quelque sorte filtrée par celle-ci”, souligne-t-elle.
Elle s’appuiera notamment sur ses recherches consacrées au divorce, aux violences domestiques, à la prise de décision dans les couples et à l’influence de l’environnement économique sur les familles. Ces cours seront également l’occasion d’échanger avec des étudiant·es déjà engagé·es dans la recherche. “On peut aller plus loin avec un tel public”, souligne Catherine Guirkinger. “C’est toujours très stimulant”.
Une nouvelle occasion de rapprocher l’UNamur et la KU Leuven
Cette Chaire Francqui s’inscrit aussi dans une relation déjà existante entre l’UNamur et la KU Leuven. Les économistes des deux universités ont notamment collaboré dans le cadre d'un projet EOS (Excellence of Science), le programme de recherche conjoint du FNRS et du FWO. Catherine Guirkinger garde un très bon souvenir de cette expérience : “Ce programme a donné lieu à des échanges scientifiques très riches. Cette chaire est une belle occasion de les prolonger.”
Sa présence à Leuven offrira ainsi une nouvelle occasion de faire circuler les idées, de partager les recherches menées à Namur et de prolonger les collaborations entre les deux institutions. Félicitations à Catherine Guirkinger pour cette belle distinction !
Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?
Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?
Les nouvelles églises chrétiennes connaissent un essor spectaculaire, en particulier en Afrique. Si elles attirent un nombre croissant de fidèles, on remarque que les femmes y adhèrent bien plus souvent que les hommes. Catherine Guirkinger, professeure et chercheuse en économie du développement, se penche sur ce phénomène de conversion religieuse genré et les mécanismes économiques qui le sous-tendent. Cette recherche originale vient de recevoir un prestigieux financement WelCHANGE lors de l’appel 2025 du F.R.S-FNRS.
Un phénomène encore peu documenté dans la littérature scientifique a attiré l’attention de Catherine Guirkinger, économiste et professeure à la Faculté Economie Management Communication sciencesPo (EMCP), et de ses collègues, Pablo Alvarez-Aragon, post-doctorant à l’Université de Bologne et Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’UNamur : la conversion des femmes africaines aux « nouvelles églises chrétiennes ». Cette appellation regroupe des nouveaux mouvements religieux d’inspiration chrétienne telles que les églises évangéliques ou pentecôtistes, qui se développent rapidement sur le continent africain et dans d’autres régions du monde.
« Les analyses statistiques montrent que les femmes sont beaucoup plus souvent membres de ces nouvelles églises que les hommes. Ce déséquilibre est propre à ces nouvelles églises et ne s’observe ni dans les églises catholiques ni dans d’autres religions traditionnelles », explique Catherine Guirkinger.
Croissance économique et conversion religieuse
Pour expliquer cette dynamique de conversion féminine, Catherine Guirkinger avance une hypothèse centrée sur les services de support proposés par ces églises, qui encouragent les femmes dans leur émancipation économique. « Dans un précédent travail de recherche mené au Bénin, nous avons observé que lorsque les femmes accèdent à de nouvelles sources de revenus, elles se convertissent plus facilement », précise Catherine Guirkinger. « Lorsqu’on les interroge, elles évoquent fréquemment ces services de support, qui les aident à surmonter les obstacles rencontrés dans l’accès à de nouvelles opportunités économiques. Ils ne sont pas uniquement d’ordre financier, mais incluent des services de "protection spirituelle", dans un contexte où les femmes "qui réussissent" sont souvent accusées ou victimes de sorcellerie. »
Ainsi, les premières analyses suggèrent que la conversion religieuse est corrélée au cycle économique : elle est plus fréquente lorsque les revenus augmentent. « C’est un constat assez inattendu », souligne la chercheuse. « La conversion religieuse est généralement interprétée comme une réponse à des difficultés, notamment financières. Or, il semblerait que la croissance économique favoriserait au contraire l’adhésion à ces nouvelles églises. »
Des outils économiques pour comprendre les comportements individuels
Une des zones d’ombres que souhaite éclaircir Catherine Guirkinger, c’est d’identifier quels rôles jouent ces églises dans l’émancipation de ces femmes face à des normes de genre plutôt conservatrices et patriarcales. Pour le comprendre, Catherine Guirkinger mobilisera une combinaison de méthodes : des données statistiques, des enquêtes qualitatives, des analyses économétriques mais également des « jeux économiques », des jeux de rôles permettant d’appréhender les comportements individuels à partir de mises en situation.
L'analyse des décisions individuelles s’inscrit toujours dans un cadre conceptuel économique, au sein duquel les individus font des arbitrages en fonction des contraintes qu’ils rencontrent et des processus de négociation à l’œuvre. Dans ce projet, l’attention porte notamment sur la négociation au sein du couple, où le mari joue un rôle central dans le maintien des normes de genre. Les concepts économiques permettent ainsi d’éclairer des décisions religieuses, en les replaçant dans des dynamiques économiques et sociales.
Le projet se déroulera sur quatre ans, de 2026 à 2030. L’équipe du projet réunit un doctorant (en cours de recrutement), Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’institut Defipp, et Pablo Alvarez, de l’Université de Bologne (Italie).
Bio express
Catherine Guirkinger est spécialisée en économie du développement. Au centre de recherche en développement économique (CRED) de l’institut DeFIPP (Development Finance & Public Policies), elle mène des recherches sur l’évolution des structures familiales au cours de processus de développement. Ses travaux portent également sur les rôles respectifs des femmes et des hommes dans la société et sur le rôle des institutions publiques au sens plus large. Catherine Guirkinger explore notamment ces questions dans le contexte colonial, à partir de données d’archives et d’enquêtes historiques. En 2017 elle a bénéficié d’un financement Européen ERC pour ce programme de recherche et en 2024, elle a obtenu un financement du F.R.S-FNRS pour un projet collaboratif avec Bruno Schoumaker, professeur de démographie à l’UCLouvain, visant à digitaliser des données de recensement. En tant qu’enseignante, Catherine Guirkinger dispense des cours en micro-économie et en économie du développement.
Découvrez l’institut Defipp
DeFIPP consolide les travaux de recherche menés dans les centres de recherche CRED, CEREFIM et CERPE, qui représentent les grands axes de recherche suivants : l'économie du développement (CRED), la finance et la macroéconomie (CEREFIM) et l’économie régionale et les politiques économiques (CERPE). L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir une recherche d'excellence en économie et en finance, avec une forte visibilité internationale, tout en utilisant la méthodologie économique, à la fois en théorie et en recherche empirique.
Benoit Decerf : Un expert engagé dans l'analyse de la pauvreté à l'UNamur
Benoit Decerf : Un expert engagé dans l'analyse de la pauvreté à l'UNamur
Mesurer la pauvreté et le bien-être, pour mieux comprendre les inégalités de développement entre les pays et mieux évaluer les politiques de développement. Telle est la thématique sur laquelle travaille Benoit Decerf, professeur assistant au sein du Département d’économie et chercheur au sein du centre de recherche en économie du développement de l’UNamur. Il a participé à améliorer les indicateurs de pauvreté utilisés par la Banque mondiale.
Benoit Decerf, titulaire d'un doctorat en cotutelle entre l'UCLouvain et l'Université de Bielefeld (Allemagne), a rejoint l’Université de Namur en 2016. Son parcours l'a conduit à une expérience significative en tant que chercheur, notamment de 2020 à 2025, lorsqu'il a été détaché auprès du centre de recherche de la Banque Mondiale à Washington DC. Dans ce cadre, il a contribué au développement d’outils destinés à mesurer la pauvreté et le bien-être. Objectifs ? Mieux comprendre les inégalités de développement entre les pays et mieux évaluer les politiques de développement.
Historiquement, le développement a été mesuré de manière purement monétaire, d’abord par le revenu moyen, puis en essayant de prendre en compte les inégalités de revenus, que ce soit via des indicateurs d’inégalités ou via des indicateurs de pauvreté se focalisant sur les moins bien lotis. Par la suite, plusieurs philosophes ont souligné l'importance de la santé, de l'éducation et d'autres dimensions du bien-être qui se mesurent difficilement avec des unités monétaires.
« En effet, il parait difficile de chiffrer en euros l’état de santé d’une personne. Pour répondre aux limites des indicateurs monétaires, des alternatives telles que le Human Development Index ou les mesures de pauvreté multidimensionnelle ont été proposées pour inclure des aspects comme l'espérance de vie et l'accès à l'éducation », poursuit-il. Au sein du centre de recherche en économie du développement, le travail de Benoit Decerf s’inscrit dans ces efforts d’amélioration des indicateurs de développement.
Son passage par la Banque Mondiale lui a permis de participer à l’amélioration des indicateurs utilisés par cette institution. « En plus de mesurer la pauvreté extrême, définit par le seuil de 2,15 dollars par jour par personne, que les Nations Unies souhaiteraient voir passer sous la barre des 3% de la population mondiale d'ici 2030, la Banque Mondiale mesure également la "prospérité partagée". Ce concept se veut plus inclusif que la pauvreté, en prenant en compte les revenus de tout le monde et pas seulement des pauvres, mais maintient l’importance des inégalités en pondérant plus fortement les revenus des moins bien lotis », explique le chercheur en économie. Avec ses co-auteurs, Benoit Decerf a dès lors proposé un nouvel indicateur, le Prosperity Gap, qui se veut à la fois simple à expliquer et soucieux des inégalités.
Cet exemple illustre bien l’approche pragmatique suivie dans ses recherches. Plutôt que de chercher l’indicateur idéal, Benoit Decerf cherche à partir des indicateurs existants, en identifiant leurs limites principales, et en cherchant à les améliorer tout en prenant en compte les contraintes auxquelles font face les praticiens.
Inscriptions dans le secondaire : comprendre le mécanisme de choix des parents
Benoit Decerf travaille également sur le système d'inscription dans les écoles secondaires. Il analyse les mécanismes d'allocation des places, basés sur des algorithmes, en s'interrogeant sur leur capacité à respecter les priorités des parents, ainsi que sur les incitations et les comportements qu'ils engendrent pour les parents au moment où ils doivent transmettre leurs préférences entre les écoles. Il étudie donc la manipulabilité de ces algorithmes, afin de comprendre leurs implications sur le processus de choix des parents.
Enseignement : Une plateforme sur la théorie des jeux
Au-delà de la recherche, Benoit Decerf enseigne notamment la théorie des jeux dans le cadre de la formation de premier cycle à l'UNamur. À travers un enseignement par projets, il a lancé la Game Theory Platform, une plateforme internet permettant aux étudiants d'expérimenter les concepts de théorie des jeux en jouant les uns contre les autres. Ce projet a été financé par un fond PUNCH en 2018, en collaboration avec le CS Lab asbl, une association de la faculté d'informatique dédiée à l'innovation technologique et au support informatique.
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Médias et vie politique : une collaboration internationale prestigieuse
Médias et vie politique : une collaboration internationale prestigieuse
Depuis une dizaine d’années, le professeur Guilhem Cassan travaille sur la question du lien entre médias et vie politique en collaboration avec la Professeure Julia Cagé, qui vient de recevoir le très prestigieux Prix Yrjö Jahnsson, qui consacre le meilleur économiste Européen de moins de 45 ans. Le Département d’économie de l'UNamur (Faculté EMCP) et l'Institut DeFiPP (Centre CRED) possèdent un réseau et une expertise internationale reconnue en économie du développement et en économie de l’environnement.
Guilhem Cassan - Département d’économie, Faculté EMCP et Institut DeFiPP (CRED) de l’Université de Namur - et Julia Cagé - Département d’économie, Sciences Po Paris -, étudient notamment la manière dont la vie politique influence le marché des journaux aux Etats Unis et en Inde, en utilisant des données nouvellement collectées et des méthodes économétriques de pointe.
Ce lien par la recherche rejaillit sur les enseignements du département d’économie, qui a une longue tradition d’intégration entre recherche de pointe et enseignement. La Professeure Julia Cagé est ainsi intervenue plusieurs fois dans les cours dispensés en Faculté EMCP, en l’occurrence dans l’Unité d’Enseignement Intégré de bloc 2 et dans les séminaires de recherche organisés par l’Institut DeFiPP.
Le Prix Yrjö Jahnsson est décerné tous les deux ans à un économiste européen de moins de 45 ans « qui a apporté une contribution dans la recherche théorique et appliquée d'une importance remarquable pour l'étude de l'économie en Europe ». Le prix 2025 récompense conjointement Julia Cagé et David Yanagizawa-Drott pour leurs travaux sur l’économie politique des média. Le dernier ouvrage en date de Julia Cagé, « Une histoire du conflit politique », co-écrit avec Thomas Piketty a eu un retentissement médiatique et politique extraordinaire en France en 2023.
L'Institut DeFiPP
L'Institut Development Finance and Public Policies (DeFIPP) consolide les travaux de recherche menés dans trois centres préexistants :
- Centre de recherche en économie du développement (CRED)
- Centre de recherche en finance et gestion (CeReFiM)
- Centre de recherche en économie régionale et politique économique (CERPE)
autour des trois grands axes de recherche : l'économie du développement, les politiques publiques et l'économie et la finance régionales, et l'économie monétaire.
Faculté EMCP | Les études au Département d'économie
Faire des études en économie, c'est comprendre la dimension fondamentale du fonctionnement des entreprises et de notre société pour conseiller et agir en expert et décideur responsable.
Catherine Guirkinger présentera ses recherches à la KU Leuven dans le cadre d’une Chaire Francqui
Catherine Guirkinger présentera ses recherches à la KU Leuven dans le cadre d’une Chaire Francqui
Professeure d’économie à l’UNamur, Catherine Guirkinger a été invitée par la KU Leuven à occuper une Chaire Francqui. Cette distinction lui donnera l’occasion de présenter ses recherches sur les rapports de genre et les décisions prises au sein des ménages, mais aussi de renforcer les liens entre les deux universités.
Créées en 1933, les Chaires Francqui visent à favoriser les échanges entre universités et à mettre en valeur l’excellence académique. Chaque année, des universités belges invitent des professeurs issus d’autres institutions à donner une série d’environ dix heures de cours, précédée d’une leçon inaugurale ouverte à un public plus large.
Cette année, la KU Leuven a choisi d’inviter Catherine Guirkinger, professeure d’économie à l’Université de Namur. “Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les arrangements au sein des couples et des familles se recomposent quand le monde autour d'eux change, et ce que ces recompositions changent pour chacun de leurs membres.” “ Ses travaux, menés principalement en Afrique subsaharienne mais aussi en Europe, combinent enquêtes de terrain, expériences et données historiques.
Une leçon inaugurale et trois cours avancés
La Chaire Francqui débutera par une leçon inaugurale intitulée Economic Change and the Family: Adjustment and Resistance, suivie de trois cours plus techniques destinés aux étudiant·es en master de recherche et en doctorat. Catherine Guirkinger y montrera comment les changements économiques, les lois ou les normes sociales peuvent influencer les décisions prises au sein des ménages. “On ne peut pas ignorer la façon dont les choses se passent à l’intérieur de la famille : toutes politique est en quelque sorte filtrée par celle-ci”, souligne-t-elle.
Elle s’appuiera notamment sur ses recherches consacrées au divorce, aux violences domestiques, à la prise de décision dans les couples et à l’influence de l’environnement économique sur les familles. Ces cours seront également l’occasion d’échanger avec des étudiant·es déjà engagé·es dans la recherche. “On peut aller plus loin avec un tel public”, souligne Catherine Guirkinger. “C’est toujours très stimulant”.
Une nouvelle occasion de rapprocher l’UNamur et la KU Leuven
Cette Chaire Francqui s’inscrit aussi dans une relation déjà existante entre l’UNamur et la KU Leuven. Les économistes des deux universités ont notamment collaboré dans le cadre d'un projet EOS (Excellence of Science), le programme de recherche conjoint du FNRS et du FWO. Catherine Guirkinger garde un très bon souvenir de cette expérience : “Ce programme a donné lieu à des échanges scientifiques très riches. Cette chaire est une belle occasion de les prolonger.”
Sa présence à Leuven offrira ainsi une nouvelle occasion de faire circuler les idées, de partager les recherches menées à Namur et de prolonger les collaborations entre les deux institutions. Félicitations à Catherine Guirkinger pour cette belle distinction !
Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?
Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?
Les nouvelles églises chrétiennes connaissent un essor spectaculaire, en particulier en Afrique. Si elles attirent un nombre croissant de fidèles, on remarque que les femmes y adhèrent bien plus souvent que les hommes. Catherine Guirkinger, professeure et chercheuse en économie du développement, se penche sur ce phénomène de conversion religieuse genré et les mécanismes économiques qui le sous-tendent. Cette recherche originale vient de recevoir un prestigieux financement WelCHANGE lors de l’appel 2025 du F.R.S-FNRS.
Un phénomène encore peu documenté dans la littérature scientifique a attiré l’attention de Catherine Guirkinger, économiste et professeure à la Faculté Economie Management Communication sciencesPo (EMCP), et de ses collègues, Pablo Alvarez-Aragon, post-doctorant à l’Université de Bologne et Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’UNamur : la conversion des femmes africaines aux « nouvelles églises chrétiennes ». Cette appellation regroupe des nouveaux mouvements religieux d’inspiration chrétienne telles que les églises évangéliques ou pentecôtistes, qui se développent rapidement sur le continent africain et dans d’autres régions du monde.
« Les analyses statistiques montrent que les femmes sont beaucoup plus souvent membres de ces nouvelles églises que les hommes. Ce déséquilibre est propre à ces nouvelles églises et ne s’observe ni dans les églises catholiques ni dans d’autres religions traditionnelles », explique Catherine Guirkinger.
Croissance économique et conversion religieuse
Pour expliquer cette dynamique de conversion féminine, Catherine Guirkinger avance une hypothèse centrée sur les services de support proposés par ces églises, qui encouragent les femmes dans leur émancipation économique. « Dans un précédent travail de recherche mené au Bénin, nous avons observé que lorsque les femmes accèdent à de nouvelles sources de revenus, elles se convertissent plus facilement », précise Catherine Guirkinger. « Lorsqu’on les interroge, elles évoquent fréquemment ces services de support, qui les aident à surmonter les obstacles rencontrés dans l’accès à de nouvelles opportunités économiques. Ils ne sont pas uniquement d’ordre financier, mais incluent des services de "protection spirituelle", dans un contexte où les femmes "qui réussissent" sont souvent accusées ou victimes de sorcellerie. »
Ainsi, les premières analyses suggèrent que la conversion religieuse est corrélée au cycle économique : elle est plus fréquente lorsque les revenus augmentent. « C’est un constat assez inattendu », souligne la chercheuse. « La conversion religieuse est généralement interprétée comme une réponse à des difficultés, notamment financières. Or, il semblerait que la croissance économique favoriserait au contraire l’adhésion à ces nouvelles églises. »
Des outils économiques pour comprendre les comportements individuels
Une des zones d’ombres que souhaite éclaircir Catherine Guirkinger, c’est d’identifier quels rôles jouent ces églises dans l’émancipation de ces femmes face à des normes de genre plutôt conservatrices et patriarcales. Pour le comprendre, Catherine Guirkinger mobilisera une combinaison de méthodes : des données statistiques, des enquêtes qualitatives, des analyses économétriques mais également des « jeux économiques », des jeux de rôles permettant d’appréhender les comportements individuels à partir de mises en situation.
L'analyse des décisions individuelles s’inscrit toujours dans un cadre conceptuel économique, au sein duquel les individus font des arbitrages en fonction des contraintes qu’ils rencontrent et des processus de négociation à l’œuvre. Dans ce projet, l’attention porte notamment sur la négociation au sein du couple, où le mari joue un rôle central dans le maintien des normes de genre. Les concepts économiques permettent ainsi d’éclairer des décisions religieuses, en les replaçant dans des dynamiques économiques et sociales.
Le projet se déroulera sur quatre ans, de 2026 à 2030. L’équipe du projet réunit un doctorant (en cours de recrutement), Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’institut Defipp, et Pablo Alvarez, de l’Université de Bologne (Italie).
Bio express
Catherine Guirkinger est spécialisée en économie du développement. Au centre de recherche en développement économique (CRED) de l’institut DeFIPP (Development Finance & Public Policies), elle mène des recherches sur l’évolution des structures familiales au cours de processus de développement. Ses travaux portent également sur les rôles respectifs des femmes et des hommes dans la société et sur le rôle des institutions publiques au sens plus large. Catherine Guirkinger explore notamment ces questions dans le contexte colonial, à partir de données d’archives et d’enquêtes historiques. En 2017 elle a bénéficié d’un financement Européen ERC pour ce programme de recherche et en 2024, elle a obtenu un financement du F.R.S-FNRS pour un projet collaboratif avec Bruno Schoumaker, professeur de démographie à l’UCLouvain, visant à digitaliser des données de recensement. En tant qu’enseignante, Catherine Guirkinger dispense des cours en micro-économie et en économie du développement.
Découvrez l’institut Defipp
DeFIPP consolide les travaux de recherche menés dans les centres de recherche CRED, CEREFIM et CERPE, qui représentent les grands axes de recherche suivants : l'économie du développement (CRED), la finance et la macroéconomie (CEREFIM) et l’économie régionale et les politiques économiques (CERPE). L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir une recherche d'excellence en économie et en finance, avec une forte visibilité internationale, tout en utilisant la méthodologie économique, à la fois en théorie et en recherche empirique.
Benoit Decerf : Un expert engagé dans l'analyse de la pauvreté à l'UNamur
Benoit Decerf : Un expert engagé dans l'analyse de la pauvreté à l'UNamur
Mesurer la pauvreté et le bien-être, pour mieux comprendre les inégalités de développement entre les pays et mieux évaluer les politiques de développement. Telle est la thématique sur laquelle travaille Benoit Decerf, professeur assistant au sein du Département d’économie et chercheur au sein du centre de recherche en économie du développement de l’UNamur. Il a participé à améliorer les indicateurs de pauvreté utilisés par la Banque mondiale.
Benoit Decerf, titulaire d'un doctorat en cotutelle entre l'UCLouvain et l'Université de Bielefeld (Allemagne), a rejoint l’Université de Namur en 2016. Son parcours l'a conduit à une expérience significative en tant que chercheur, notamment de 2020 à 2025, lorsqu'il a été détaché auprès du centre de recherche de la Banque Mondiale à Washington DC. Dans ce cadre, il a contribué au développement d’outils destinés à mesurer la pauvreté et le bien-être. Objectifs ? Mieux comprendre les inégalités de développement entre les pays et mieux évaluer les politiques de développement.
Historiquement, le développement a été mesuré de manière purement monétaire, d’abord par le revenu moyen, puis en essayant de prendre en compte les inégalités de revenus, que ce soit via des indicateurs d’inégalités ou via des indicateurs de pauvreté se focalisant sur les moins bien lotis. Par la suite, plusieurs philosophes ont souligné l'importance de la santé, de l'éducation et d'autres dimensions du bien-être qui se mesurent difficilement avec des unités monétaires.
« En effet, il parait difficile de chiffrer en euros l’état de santé d’une personne. Pour répondre aux limites des indicateurs monétaires, des alternatives telles que le Human Development Index ou les mesures de pauvreté multidimensionnelle ont été proposées pour inclure des aspects comme l'espérance de vie et l'accès à l'éducation », poursuit-il. Au sein du centre de recherche en économie du développement, le travail de Benoit Decerf s’inscrit dans ces efforts d’amélioration des indicateurs de développement.
Son passage par la Banque Mondiale lui a permis de participer à l’amélioration des indicateurs utilisés par cette institution. « En plus de mesurer la pauvreté extrême, définit par le seuil de 2,15 dollars par jour par personne, que les Nations Unies souhaiteraient voir passer sous la barre des 3% de la population mondiale d'ici 2030, la Banque Mondiale mesure également la "prospérité partagée". Ce concept se veut plus inclusif que la pauvreté, en prenant en compte les revenus de tout le monde et pas seulement des pauvres, mais maintient l’importance des inégalités en pondérant plus fortement les revenus des moins bien lotis », explique le chercheur en économie. Avec ses co-auteurs, Benoit Decerf a dès lors proposé un nouvel indicateur, le Prosperity Gap, qui se veut à la fois simple à expliquer et soucieux des inégalités.
Cet exemple illustre bien l’approche pragmatique suivie dans ses recherches. Plutôt que de chercher l’indicateur idéal, Benoit Decerf cherche à partir des indicateurs existants, en identifiant leurs limites principales, et en cherchant à les améliorer tout en prenant en compte les contraintes auxquelles font face les praticiens.
Inscriptions dans le secondaire : comprendre le mécanisme de choix des parents
Benoit Decerf travaille également sur le système d'inscription dans les écoles secondaires. Il analyse les mécanismes d'allocation des places, basés sur des algorithmes, en s'interrogeant sur leur capacité à respecter les priorités des parents, ainsi que sur les incitations et les comportements qu'ils engendrent pour les parents au moment où ils doivent transmettre leurs préférences entre les écoles. Il étudie donc la manipulabilité de ces algorithmes, afin de comprendre leurs implications sur le processus de choix des parents.
Enseignement : Une plateforme sur la théorie des jeux
Au-delà de la recherche, Benoit Decerf enseigne notamment la théorie des jeux dans le cadre de la formation de premier cycle à l'UNamur. À travers un enseignement par projets, il a lancé la Game Theory Platform, une plateforme internet permettant aux étudiants d'expérimenter les concepts de théorie des jeux en jouant les uns contre les autres. Ce projet a été financé par un fond PUNCH en 2018, en collaboration avec le CS Lab asbl, une association de la faculté d'informatique dédiée à l'innovation technologique et au support informatique.
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Médias et vie politique : une collaboration internationale prestigieuse
Médias et vie politique : une collaboration internationale prestigieuse
Depuis une dizaine d’années, le professeur Guilhem Cassan travaille sur la question du lien entre médias et vie politique en collaboration avec la Professeure Julia Cagé, qui vient de recevoir le très prestigieux Prix Yrjö Jahnsson, qui consacre le meilleur économiste Européen de moins de 45 ans. Le Département d’économie de l'UNamur (Faculté EMCP) et l'Institut DeFiPP (Centre CRED) possèdent un réseau et une expertise internationale reconnue en économie du développement et en économie de l’environnement.
Guilhem Cassan - Département d’économie, Faculté EMCP et Institut DeFiPP (CRED) de l’Université de Namur - et Julia Cagé - Département d’économie, Sciences Po Paris -, étudient notamment la manière dont la vie politique influence le marché des journaux aux Etats Unis et en Inde, en utilisant des données nouvellement collectées et des méthodes économétriques de pointe.
Ce lien par la recherche rejaillit sur les enseignements du département d’économie, qui a une longue tradition d’intégration entre recherche de pointe et enseignement. La Professeure Julia Cagé est ainsi intervenue plusieurs fois dans les cours dispensés en Faculté EMCP, en l’occurrence dans l’Unité d’Enseignement Intégré de bloc 2 et dans les séminaires de recherche organisés par l’Institut DeFiPP.
Le Prix Yrjö Jahnsson est décerné tous les deux ans à un économiste européen de moins de 45 ans « qui a apporté une contribution dans la recherche théorique et appliquée d'une importance remarquable pour l'étude de l'économie en Europe ». Le prix 2025 récompense conjointement Julia Cagé et David Yanagizawa-Drott pour leurs travaux sur l’économie politique des média. Le dernier ouvrage en date de Julia Cagé, « Une histoire du conflit politique », co-écrit avec Thomas Piketty a eu un retentissement médiatique et politique extraordinaire en France en 2023.
L'Institut DeFiPP
L'Institut Development Finance and Public Policies (DeFIPP) consolide les travaux de recherche menés dans trois centres préexistants :
- Centre de recherche en économie du développement (CRED)
- Centre de recherche en finance et gestion (CeReFiM)
- Centre de recherche en économie régionale et politique économique (CERPE)
autour des trois grands axes de recherche : l'économie du développement, les politiques publiques et l'économie et la finance régionales, et l'économie monétaire.
Faculté EMCP | Les études au Département d'économie
Faire des études en économie, c'est comprendre la dimension fondamentale du fonctionnement des entreprises et de notre société pour conseiller et agir en expert et décideur responsable.