Cette thèse propose d’analyser la transformation de la subjectivation et de l’événement révolutionnaire à partir des œuvres de Walter Benjamin et de Gilles Deleuze.

Méthodologiquement, il s’agit moins de comparer ces deux auteurs ou de postuler l’existence d’une pensée commune que d’opérer un « collage », au sens proposé dans Différence et répétition, afin de mettre, par juxtaposition, des éléments disparates en relief et en tension.

Sur le plan théorique, l’enjeu est de rendre compte des ruptures avec les chaînes causales et signifiantes que donnent à voir les moments révolutionnaires. Dans cette perspective, nous prolongeons l’idée deleuzo-guattarienne d’« utopie d’immanence ». Élaborée à l’occasion d’un rapprochement fugace avec l’École de Francfort, elle situe la politique révolutionnaire dans un non-lieu : en dehors des stratifications et à rebours des formations sociales. Poussée dans le dos par une impulsion benjaminienne, cette notion est dépliée dans sa dimension négative.

En retour, la tradition des opprimés se voit entraînée sur ce plan d’immanence. Loin de dresser des continuités souterraines entre minorités constituées, elle consiste dans l’exploration d’un champ de ruines à partir duquel il devient possible de rompre avec la culture et l’humanité figées en des formes monumentales.

Le jury

  • Prof. Louis CARRÉ (Président), UNamur
  • Prof. Sébastien LAOUREUX (Promoteur, Secrétaire), UNamur
  • Prof. Éric ALLIEZ (Co-promoteur), Université Paris 8
  • Prof. Jacques-Olivier BÉGOT, Université de Rennes
  • Prof. Maud HAGELSTEIN, ULiège
  • Prof. Frédéric RAMBEAU, Université Paris 8

Vous êtes cordialement invités à assister à cette soutenance.
La proclamation sera suivie d’un drink à la Salle académique.